Critique de film

My Big Night

"Mi gran noche"
affiche du film
  • Genre : Comédie
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h40
  • Musique : Joan Valent
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

C’est seulement le mois d’octobre, mais le grand événement du Nouvel An en tenue de soirée est en préparation depuis une semaine et demie et les obstacles continuent de s’accumuler. Une grue vient de tomber, mettant sur la touche un assistant, et les présentateurs se sautent à la gorge mutuellement. La sensation de la musique pop, le sexy Adán, découvre qu’il a été dupé par un voleur de sperme, alors que le légendaire Alphonso est harcelé par un aspirant chansonnier armé et instable après des années de rejet.

Les critiques à propos de ce film

Critique de My Big Night - Fiesta Facticio
Par : Samuel Tubez




Insatiable et aussi régulier qu’un métronome (il ne se passe jamais plus de deux ans sans qu’il ne nous livre une nouvelle œuvre), Alex de la Iglesia nous invite de l’autre côté du miroir télévisuel avec cette comédie effrénée dans les coulisses de l’enregistrement d’un show du nouvel an haut en couleur et en crises de nerfs.

Tous strass et paillettes dehors, les stars du divertissement sont réunies sur le même plateau pour faire vivre aux téléspectateurs le plus grand show de la Saint-Sylvestre. Mais derrière les faux sourires et les flûtes à champagne factices, la tension grandit, les jalousies se renforcent, les complots se montent tandis qu’une manifestation de syndicats bloquent l’accès du studio depuis l’extérieur. Ca fait plus d’une semaine que techniciens, figurants, présentateurs et autres chanteurs-stars se titillent l’égo dans ce microcosme où le faux est roi, donc, forcément, ça dégénère.

Et quand ça dégénère chez de la Iglesia, ça n’est pas à moitié. Bien que l’on soit ici dans la comédie pure où se croisent vaudeville et humour grinçant, le réalisateur de Balada Triste dévie régulièrement vers l’humour noir et les situations sordides, voire obscures (il y est même question d’une malédiction). Indécrottable, l’espagnol dresse le portrait de personnages souvent immondes dignes des plus grands méchants du cinéma de genre (le crooner Alphonso, équivalent de notre Frank Michael, à la stature de Dark Vador), accumulant les situations absurdes et les comportements les plus méprisables sur un rythme déchaîné découlant sur un final aussi bordélique que précipité. Si le résultat est aussi savoureux que fatigant, tito Alex s’est entouré d’une joyeuse bande d’habitués une fois de plus tous excellents (Carlos Areces, Carolina Bang, Enrique Villén, Santiago Segura,…) que viennent rejoindre la belle et troublante Blanca Suarez (La piel que habito) ou le chanteur Raphael, l’un des artistes les plus importants du paysage musical espagnol. La participation de ce dernier offre d’ailleurs une dimension satirique supplémentaire au film, dont le titre original, Mi Gran Noche, fait directement référence à l’une de ses chansons les plus connues. Non content de torpiller de l’intérieur le show-biz, le réalisateur donne une légère dimension sociale à son œuvre par le biais de syndicalistes créant le chaos à l’extérieur. Rien de véritablement développé mais le sous-texte a le mérite d’exister au sein de cette comédie folle et mordante dont le but est avant tout de nous faire rire sans nous ennuyer un instant. Et c’est, une fois de plus, farpaitement réussi !

L’univers factice du show-biz torpillé avec véhémence par Alex de la Iglesia. Interprété par un casting en grande forme et bénéficiant d’un rythme très soutenu, le divertissement est au rendez-vous, savoureusement drôle et caustique à la fois. Hurra a la nueva pelicula del talentoso Alex !


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