Critique de film

Motel 2

"Vacancy 2: The First Cut"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Eric Bross
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 1h26
  • Budget : 5 millions de dollars
  • Scénariste : Mark L. Smith
  • Musique : Jerome Dillon
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Agnes Bruckner, David Moscow, Scott G. Anderson, Arjay Smith, Trevor Wright
  • Récompenses : Aucune

Trois jeunes gens s'arrêtent à un motel pour y passer la nuit, ignorant tout des intentions néfastes des employés.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Motel 2 - L’hôtel des corps brisés...
Par : Gore Sliclez


Le précédent opus de Nimrod Antal laissait suffisamment d’indices derrière lui pour imaginer un prequel digne de ce nom. Peu de réals ont eu cette chance de bénéficier d’un scénario déjà tout dessiné dès l’ouverture de ce qui s’annonce comme une nouvelle franchise. Souvenez-vous de ces images vidéo craspeques et terrifiantes que David et Amy avaient découvert lors de leur nuit au Motel. Des snuff movies prémédités et sanglants tournés dans une chambre prédisposée, truffée de caméras et prise d’assaut par des tortionnaires encagoulés. Des films dans le film qui laissaient entrevoir l’horreur vécue par des touristes de passage dont on ne connaissait ni leur histoire, ni leur devenir et qui vécurent des mises à mort abjectes.

Les producteurs, Hal Lieberman et Brian Paschal, décidèrent donc très vite d’exploiter le matos laissé par Antal et donnèrent la possibilité au néophyte Eric Bross de tenter sa chance sur grand écran. L’histoire débute donc à l’époque où les snuff movies n’existaient pas encore au sein du complexe hôtelier mais où déjà des films de voyeur gentillets étaient réalisés et montés par les deux tenanciers initiaux du motel dans le but d’alimenter un buziness pourtant en déclin. Un jour, les caméras de la chambre 203 filment un psychopathe assassiner sauvagement une prostituée lors d’une scène prometteuse et relativement gore. Au début, horrifiés par cette vision abjecte, nos deux rednecks comprennent très vite l’intérêt de ce genre de films et décident de collaborer avec le tueur pour se faire un paquet de tunes. Déjà les nouveaux pigeons arrivent, un couple de tourtereaux et leur ami (qui tient la chandelle ben tiens !), et qui découvrent très vite être les prochaines victimes de cette petite bande de fous furieux. Que le spectacle commence !

Et là, patatras on comprend dès l’entame que c’est nous qui allons passer un mauvais moment... de cinéma ! Très vite le film emprunte une série impressionnante de clichés en tout genre, plus portés sur le thriller classique que sur le cinéma d’horreur d’ailleurs, déroutant le spectateur dans une sorte de vaudeville peu sanglant et très relativement stressant qui détonne complètement par rapport au précédent opus. Et si comparaison n’est pas raison, une tel antagonisme de style va en dérouter plus d’un croyez-nous ! Peu courageux, Vacancy 2 : The First Cut est un film fade dans lequel rien n’est assumé jusqu’au bout et qui n’arrive à aucun moment à nous bousculer d’une façon ou d’une autre (même le joli minois de Agnes Bruckner n’y suffit pas) comme si nous étions revenus presque vingt ans en arrière quand on protégeait encore le public du réalisme cru. Une distanciation (sans doute de la production) volontaire qui porte indéniablement préjudice à l’émotion et tient écarté le spectateur de toute empathie pour les victimes et de toute immersion dans l’horreur pragmatique en vogue ces derniers temps. À trop travailler pour la télévision, Eric Bross a oublié de mettre de côté ses acquis du petit écran en voulant formater à l’identique un film extrême peu prédisposé à un tel dessein.

D’un classicisme niais, flirtant plus volontiers du côté du PG-13 que du R-Rated, Motel 2 déçoit énormément en raison du potentiel scénaristique du départ (Mark L. Smith est toujours à l’écriture heureusement) qui laissait présager un des films les plus lourdingues et malsains de cette année 2009. À la place d’un film jusqu’au-boutiste, le spectateur devra se contenter d’une œuvre peu couillue, lassante qui nous fait incroyablement penser à une version pour adultes de Maman j’ai raté l’avion tant les agresseurs sont d’une maladresse déconcertante et aussi terrifiants que les pitres Harry et Marv du film précité. Un comble !


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