Critique de film

Moonwalkers

"Moonwalkers"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Action
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h47
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Juillet 1969, Tom Kidman, l'un des meilleurs agents de la CIA de retour du Vietnam, est envoyé à Londres pour rencontrer Stanley Kubrick et le convaincre de filmer un faux alunissage au cas où la mission Apollo 11 échouerait. Kidman ne trouve pas Kubrick, mais il tombe sur Jonny, le manager raté d'un groupe de rock hippie. Tout les oppose, mais ils n’auront pas d’autre choix que de travailler ensemble, remplacer Kubrick, tromper la CIA, éviter les drogues hallucinogènes et sauver leur vie en montant la plus grosse supercherie de l’histoire.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Moonwalkers - Overlook Motel
Par : Seb Lecocq


Il existe une légende contant que l’alunissage de la mission Apollo 11 soit une mise en scène, filmée en studio par un Stanley Kubrick mandaté par les pontes de la Nasa et de la CIA. Ce mythe a la vie dure, il existe de nombreux documentaires, du plus fouillé au plus farfelu, qui traitent du sujet. Antoine Bardou-Jacquet décide de consacrer un film à cet événement. Enfin pas tout à fait, il préfère se jouer du mythe et de sa force d’attraction pour l’intégrer dans une nouvelle réalité et proposer une histoire loufoque mêlant la CIA, la Nasa, des gangsters, un groupe de rock, une troupe de bras cassés, des filles et surtout beaucoup de drogues en tout genre. Un cocktail qui marche puisque le métrage, projeté lors de la XXIème édition de l’Etrange Festival, est reparti avec un prix du public mérité, une grande salle comble et une belle ovation dans ses bagages.

Drôle de projet que ce Moonwalkers puisqu’il rassemble en son sein des professionnels de toute l’Europe, à savoir un réalisateur français, des producteurs belges, un scénariste anglais, des comédiens irlandais, anglais, français et, au milieu de tout ça, trônent le New-yorkais Ron Perlman et le fantôme du plus anglais des américains, Stanley Kubrick. Malgré un tel melting-pot, Moonwalkers parvient à être d’une grande cohérence et d’une parfaite homogénéité. La comédie est une mécanique de précision, une question d’idées et surtout de timing. Une image peut totalement annihiler un gag. Une réplique dite un quart de seconde trop tôt peut foutre une scène entière par terre. Cette mécanique, cette dynamique du rire, Bardou-Jacquet l’a bien intégrée et s’en sert à merveille tout au long des cent minutes de son film. Bien entendu, il se repose sur un scénario inventif et ingénieux basé sur un pitch imparable : ce n’est pas Stanley Kubrick qui a shooté ces fameuses images de l‘homme marchant sur la lune, mais une bande d’escrocs à la petite semaine défoncée à la weed et aux champignons hallucinogènes.

Moonwalkers est drôle, ce qui est primordial pour une comédie. On rit du début à la fin, jamais vraiment aux éclats, mais durant toute la projection, on ne se départit jamais d’un large sourire. Grâce au scénario qui multiplie les moments de bravoure, le rythme ne faiblit jamais, aucun temps mort ne vient perturber le déroulement du film. Ensuite, Bardou-Jacquet se repose sur une sacrée bande de comédiens chevronnés, tous impeccables dans leur rôle respectif. Rupert Grint, en petit escroc « Guy Ritchiesque », se démène du début à la fin et traîne sa bouille de vrai gentil tandis que Ron Perlman joue et se joue de son physique atypique afin de dévoiler un vrai talent comique. Tout en retenue, en premier degré et en ironie contenue, Perlman explose littéralement l’écran dans un contre-emploi total, assumé et maîtrisé de bout en bout.
Ce qui constitue sans conteste le point fort de l’œuvre, c’est la finesse d’écriture d’un scénario qui n’hésite jamais à partir loin dans le délire tout en restant toujours sur les bons rails. On ne trouve pas de digressions inutiles ou de scènes purement gratuites, le script n’a qu’une finalité : servir les comédiens, l’histoire et le metteur en scène qui, lui, de son côté lui rend honneur par une réalisation inventive, hyper propre et rythmée. Les cadres sont millimétrés, les idées fusent et les mouvements d’appareils sont d’une parfaite fluidité.

Moonwalkers n’est pas pour autant le film de l’année, il souffre de menus défauts, de quelques facilités ou passages attendus. C’est un film que l’on sent calibré pour le public alors qu’on aurait voulu que le script pousse plus loin dans l’étrangeté. Le côté « Kubrick » n’est pas assez exploité : même si s’y trouvent quelques références un peu faciles mais avec un tel mythe, il y avait moyen d’aller plus en avant et de créer un sous-texte "méta" plus poussé, plus critique aussi, comme Stanley l’avait fait avec Dr Folamour par exemple. Cependant, ne soyons pas chafouin, Moonwalkers demeure une comédie enlevée et réussie qui fait rire le spectateur tout en racontant une histoire avec de vrais personnages. Il souffle un bel esprit, très anglais, tout au long du film qui suscite l’adhésion immédiate d’un large public.


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