Critique de film

Monsterz

"Monsterz"
affiche du film
  • Genre : Drame, Science-fiction
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h52
  • Musique : Kenji Kawai
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un homme qui a la capacité de contrôler les gens par la seule force de son regard préfère mener une vie solitaire au lieu de faire plier l’humanité à son bon vouloir. Lorsqu’il fait usage, avec parcimonie, de son pouvoir, il s’assure que personne ne se souvienne d’avoir été manipulé. Sa petite vie sans saveur prend une tournure particulière lorsqu’il croise le chemin de Shuichi Tanaka. Ce dernier semble être le seul à pouvoir résister à ses pouvoirs télékinétiques. Troublé et furieux de ne pouvoir contrôler Shuichi, il décide de le faire disparaître coûte que coûte…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Monsterz - Remake assez mièvre
Par : Damien Taymans


Si la majorité des chiards rêve secrètement de porter cape et collants pour fendre les airs et sauver la veuve et l’orphelin, ils oublient qu’il existe des super-pouvoirs un poil encombrants qui ne permettent pas de jouir d’une vraie popularité. Prenons le cas de ce petit Japonais capable de contrôler n’importe quel être humain grâce à ses pensées, il est tout sauf l’icône de la cour d’école. Même son paternel considère qu’il est diabolique et tente de convaincre la génitrice de s’en débarrasser. Pas idiot, le môme se retourne contre cette figure paternelle et le contraint à se tordre le cou en pleine rue. Devenu adulte, vivotant discrètement parmi ses "comptant pour rien", il s’amuse de temps en temps à braquer une banque, à humilier l’un, à plier l’autre à son bon vouloir, sans rencontrer la moindre résistance. Jusqu’à ce qu’il croise la route de Shuichi, un simple quidam qui se montre totalement hermétique à son emprise et s’entête à bouger quand on lui ordonne de rester figé. Une simple anomalie, une couille dans le potage aux nouilles qu’il convient d’éliminer...

Qu’arrive-t-il donc à Hideo Nakata, le maître de la J-horror (Ring) s’est depuis quelque temps égaré dans d’autres sentiers rebattus et a perdu au fil du temps en crédibilité ? Chatroom et TV Show restent des expériences téléréalistes à peine regardables tandis que son dernier essai horrifique (The Complex) se contentait de patauger dans des eaux beaucoup plus troubles que celles de son Dark Water. Dès lors, tous les amateurs de fantastique et les admirateurs du Japonais attendaient le réalisateur au tournant avec ce Monsterz, remake d’un film coréen intitulé Haunters.

L’adaptation opérée par le scénariste Yusuke Watanabe (20th Century Boys) conserve le fil rouge du matériau originel (deux personnages dotés de pouvoirs - le premier contrôle les gens à distance, le second se rétablit à la vitesse de l’éclair, façon Incassable - s’affrontent) mais le remanie à la sauce manga (l’ombre d’Akira n’est pas loin) et le saupoudre d’éléments gagesques voire cartoonesques qui créent un décalage parfois malsain (les amis, turc et ghanéen, du héros dans le film de 2010 deviennent un gay ultra-maniéré et un gamer impénitent) parfois pataud (certains détails estampillés ACME).

Au-delà de cet accommodement discutable, le film ne bénéficie ni de la fraîcheur (quelques années trop tard) ni de l’éclat de son modèle, malgré quelques découpages adroits qui soutiennent la tension, tout comme la partition de Kenji Kawai, et quelques tableaux proprement ahurissants (les protagonistes évoluant au milieu d’humains pétrifiés). Il manque une harmonie, une cohérence à cette version bâtarde qui assure difficilement le lien entre tous ces éléments disparates : évoluant entre poésie (la relation entre Shuichi et ses proches), horreur (la scène d’entrée précitée, mais pas que...), science-fiction et comédie, la dramaturgie s’empêtre à chaque nouveau pas, s’enlise dans une sorte de bourbier fadasse tandis que les références américano-japonaises alourdissent encore un ensemble qui souffre de cette constante quête d’hybridation.

Hybride et débridée, cette péloche s’intègre néanmoins dans la filmographie de son auteur et lui permet de recycler des thématiques qu’il ne cesse de travailler d’oeuvre en oeuvre, à savoir la monstruosité intrinsèque de l’être humain (d’où le titre à l’internationale), animal de plus en plus mûr à sa propre destruction. Reste à espérer qu’à force de naviguer dans les mêmes eaux, Nakata ne s’approche lui-même de la fin de son cinéma...


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