Critique de film

Mon voisin Totoro

"Tonari no Totoro"
affiche du film
  • Genre : Animation, Aventure, Fantastique
  • Année de production : 1988
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h26
  • Musique : Joe Hisaishi
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Deux petites filles viennent s'installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l'hôpital ou séjourne leur mère. Elles vont découvrir l'existence de créatures merveilleuses, mais très discrètes, les totoros.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mon voisin Totoro - Promenade champêtre
Par : Samuel Tubez






Rejeté durant de longues années (Miyazaki ayant proposé le projet pour la première fois au début des années 80), Mon voisin Totoro, second long métrage du studio Ghibli, obtient enfin son feu vert en 1987 à condition qu’il n’excède pas les 60 minutes et qu’il soit associé à un autre long métrage tiré d’un roman de l’éditeur Shinchosa. C’est ainsi que le juvénile studio se retrouve alors à devoir gérer Le tombeau des lucioles qui sera réalisé par Isao Takahata et Mon voisin Totoro donc, en un temps record d’une petite année. Miyazaki et Takahata se reposant sur les mêmes dessinateurs et autres techniciens auxquels ils ont une entière confiance, ils divisent le studio pour travailler simultanément sur les deux projets. Résultat : Le tombeau des lucioles reste à ce jour le chef d’œuvre ultime de Takahata quant à Totoro, il connaît un tel succès lors de sa sortie au Japon en 1988 que sa créature principale devient la mascotte du studio. Par chez nous, le film sortira quasiment dix ans plus tard…

Mais l’attente en valait largement la peine car l’émerveillement ressenti lors de la découverte de l’œuvre est presque aussi intense que celui vécu par Mei et Satsuki, les deux fillettes du film qui débarquent à la campagne avec leur père. Dans ce décor champêtre où leur curiosité est plus qu’assouvie, elles font la connaissance de créatures à la fois étranges et fascinantes, les totoros. L’immersion dans ce cadre verdoyant fait progressivement sensation grâce au soin apporté aux environnements, véritables personnages à part entière du film. Les verts éclatants, la clarté de la forêt, les effets sonores naturels,…tout dans le moindre détail a été pensé pour renforcer le réalisme des éléments mis en scène. L’intervention du rêve et de l’imaginaire se fait alors tout en douceur, Miyazaki laissant judicieusement planer le doute quant à l’existence réelle des totoros, ces créatures qui se dévoilent exclusivement aux yeux des gamines. La quasi entièreté du film est d’ailleurs perçue par le prisme de l’enfance, Miyazaki mettant des organismes aussi tangibles que des têtards frémissant dans une mare d’eau ou des graines perçant le sol sur le même pied d’égalité que d’inquiétantes noireaudes fuyant la lumière (ces fantômes de suie que l’on retrouvera dans Le voyage de Chihiro), des totoros rondouillards ou un étonnant chat-bus, autant d’éléments qui bénéficient du regard exaltant propre à l’enfance. Ô joie, visionner Mon voisin Totoro, c’est indéniablement retrouver ce regard.

Mon voisin Totoro est donc essentiellement un hymne à la nature, à l’enfance et à sa candeur qui, au-delà de l’émerveillement, contient toutefois quelques éléments plus obscurs comme la notion de mort qui n’est pas esquivée, via le personnage de la mère atteinte d’une maladie grave et qui vit à l’écart de sa famille (la mère de Miyazaki ayant été emportée par la tuberculose). Un élément autobiographique qui n’est absolument pas traité de façon larmoyante, mais qui atteste bien de l’aspect personnel d’une œuvre qui reste avant tout incroyablement chaleureuse puisque constamment traitée avec une douceur et une délicatesse qui n’a, à ce jour, trouvé que peu d’équivalent.


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