Critique de film

Miss Christina

"Miss Christina"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Roumanie
  • Durée : 1h41
  • Musique : Jon Wygens
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Egor, jeune peintre roumain, décide de suivre sa fiancée Sanda chez sa mère. Malheureusement pour lui, sa belle-mère est obnubilée par la mort de sa soeur, Christina, 20 ans auparavant. Et le moins que l’on puisse dire est que l’ombre de la défunte continue à planer sur la propriété.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Miss Christina - Vison-la-Roumaine
Par : Damien Taymans


Roumanie, 1935. Egor, jeune peintre, accompagne sa petite amie Sanda dans le domaine seigneurial familial. Il y fait la connaissance de toute la maisonnée : Moscu, la mère, et Simina, la petite sœur, toutes deux vénérant une certaine Christina, soeur aînée de la maman, morte une trentaine d’années auparavant dans des circonstances inconnues. "Miss Christina" par ci, "Miss Christina" par là. L’ombre de la tata est omniprésente et son portrait trône même dans une des chambres de l’étage. Après avoir vu ladite toile, le peinte se paie un petit syndrome de Stendhal perso et voit la tantine apparaître dans ses rêveries nocturnes. Mais pas que. Christina s’invite aussi dans le monde réel et sa présence pèse sur les agissements des membres de la famille...

Après quelques années passées à bricoler dans le domaine de la télé roumaine (la série Lombarzilor 8 et la sitcom One Step Ahead), Alexandru Maftei signe son premier long-métrage, Hello ! How Are You ?, qui connaît une sortie en salles en Roumanie et dans quelques pays des Balkans. Pour l’heure, le cinéaste troque la légèreté de la romance sitcomesque pour une œuvre noire d’inspiration gothique qui trouve ses racines dans le bouquin homonyme du romancier-mythologue Mircea Eliade. D’un point de vue cinématographique, Miss Christina évoque quelques canons de l’âge d’or de l’épouvante gothique avec sa bâtisse à l’architecture proche du manoir de La Nuit de tous les mystères, ses lents travellings captant les moindres recoins de ce lieu cauchemardesque, son cadre campagnard où la moindre superstition sème le chaos et modifie les habitus des habitants, son jeu d’ombres et de lumières parfaitement maîtrisé.

Mille fois hélas, en dehors de son esthétique, le film d’Alexandru Maftei ne propose rien de bien emballant. La prestation de la toute jeune et bouleversante Ioana Sandu ne trouve pas d’égal chez les autres membres du casting, relativement peu inspiré. C’est que les personnages qu’ils doivent interpréter s’avèrent grossièrement dépeints et leur psychologie évolue à contretemps des événements et de la lente dégradation des lieux qui trouve un écho dans la pâleur progressive de la photographie, finement travaillée.

En résulte une admirable carte postale, dépourvue d’âme et de profondeur, une œuvre à la plastique irréprochable mais anémique en enjeux scénaristiques et aux intentions plus que nébuleuses (le statut de la créature Christina n’est jamais clarifiée, la donzelle bénéficiant de l’érotisme des œuvres vampiriques et possédant les mêmes pouvoirs hypnotiques quand le récit mentionne plutôt un fantôme). A moins que la première mondiale du film au festival de Transylvanie ne résolve définitivement l’énigme ? Toujours est-il que Christina mérite amplement son titre de "miss" vu son époustouflante beauté et son manque de fonds, elle fait l’effet d’une pépée en vison luttant contre l’extermination des bestioles à fourrure...


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