Critique de film

Midnight Meat Train

"The Midnight Meat Train"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ryuhei Kitamura
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h25
  • Budget : 15 millions de dollars
  • Scénariste : Jeff Buhler (scénario) / Clive Barker (nouvelle)
  • Musique : Johannes Kobilke, Robb Williamson
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Bradley Cooper, Vinnie Jones, Brooke Shields, Leslie Bibb, Roger Bart, Tony Curran
  • Récompenses : Aucune

Un photographe de presse est témoin d'un meurtre dans le métro de New-York. Il décide de prendre en chasse le criminel, un serial killer connu sous le nom de "boucher du métro"...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Midnight meat train - Midnight mites traîne
Par : Chroniqueurs




Par Beatroce

Le célèbre écrivain Clive Barker ne vit pas une amourette des plus tranquilles avec le septième art. D’adaptations ratées en amputations trouvant leurs racines dans une censure peu permissive, le romancier a toujours entretenu avec le cinéma une histoire faite de heurts et de déceptions comme l’illustrent les nombreux remous de son Cabal. L’adaptation d’une des nouvelles des Livres de Sang de Barker, rebaptisée Midnight meat train, intitulé aux consonances aussi gores que le fameux Massacre à la tronçonneuse de Hooper, a connu au fil du temps de nombreuses embûches imputables à des réalisateurs peu enclins à s’y adonner et à un créateur un peu trop intime avec son œuvre. Pourtant, après moult pérégrinations, le projet tombe finalement dans les mains de Ryuhei Kitamura (Versus, Aragami).

Maya et Leon sont un couple pour le moins déséquilibré. Maya, incarnation de la créature parfaite (mannequin intelligente débordante de gentillesse), contraste totalement avec son petit ami Leon, photographe raté qui cherche en vain sa voie. Pourtant, Leon va trouver l’inspiration là où il ne l’attendait pas : dans le marteau assassin d’un serial killer qui hante le métro new-yorkais à la recherche de sang frais. Une course commence entre le photographe en quête d’inspiration et le sanguinaire Mahogany en quête d’expirations…

Basé sur un scénario modifié par Kitamura (au grand désarroi de Barker qui a depuis adopté la vision du réal), Midnight meat train peut se targuer de jouir d’une réputation d’œuvre jusqu’au-boutiste qui ne rechigne jamais à plonger le plus profondément possible dans la violence à coups d’énucléations, de démembrements et de giclades sanguines. Citant volontiers ses références horrifiques eighties, Kitamura adopte le style des survivals et des slashers de cette époque bénie. Précision anatomique digne des boucheries du Texas Chainsaw Massacre (l’homme est un animal comme un autre) qui sont exposées dans leurs moindres détails de la préparation du cadavre à son évidement, intériorisation de l’univers du criminel propre au Maniac de Lustig, violence des meurtres dignes du Rosemary’s killer de Joseph Zito. Autant dire que les références sont multiples et élogieuses dans cette œuvre destinée aux geeks et aux nostalgiques de ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Soutenu par une photographie travaillée au scalpel, le métrage puise sa force dans la qualité graphique des scènes de meurtres qui ne lésinent aucunement à en montrer plus qu’il n’en faut afin que les amateurs de délices goresques se repaissent de ces instants de carnages autant fascinants que déroutants. Le rythme amphétaminé kitamurien est contrebalancé par la poésie ténébreuse barkerienne, amenant l’ensemble à un savoureux équilibre entre l’antre obscure du romancier et l’univers singulier du réalisateur.

Pourtant, le produit ne frôle pas la perfection. Malgré un aspect visuel brossé rappelant l’univers d’Adrian Lyne et une violence ultra-jouissive, Midnight meat train accuse certaines longueurs en multipliant quelques dialogues peu attractifs et en se focalisant sur le ressenti de personnages assez maladroitement dépeints dans leur vie sociale (les conflits et remontrances de Maya à l’égard de Leon, lourdingues à souhait). A côté de ces inutiles palabres subsistent une mine de conventions qui transforment le métrage en une refonte flagorneuse des classiques dont il s’inspire au détriment d’une originalité propre. Subversif à certains moments, Midnight échoue pourtant à d’autres en s’aplatissant face aux préceptes du règne du politiquement correct de l’industrie hollywoodienne.

En définitive, Midnight meat train, à défaut de marquer le retour du grand Barker, reflète à merveille la conjugaison des univers des deux créateurs devenus des piliers du genre. Violent et hargneux, le métrage s’embourbe cependant dans des caractérisations un peu simplistes et des emprunts tape-à-l’œil jamais complètement incorporés.


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