Critique de film

Melancholia

"Melancholia"
affiche du film
  • Genre : Drame, Science-fiction
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lars von Trier
  • Pays d'origine : Danemark, Suède, France, Allemagne
  • Durée : 2h16
  • Budget : 7,4 millions d'euros
  • Scénariste : Lars von Trier
  • Musique : Kristian Eidnes Andersen, Jens Bjørnkjær, Jan Holzner
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  • Bande annonce
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  • Casting : Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, John Hurt, Alexander Skarsgård, Stellan Skarsgård, Brady Corbet, Udo Kier
  • Récompenses : Meilleure Actrice (Kirsten Dunst) au Festival de Cannes 2011

À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la Planète Mélancholie, énorme, s'approche dangereusement de la Terre menaçant l'humanité.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Melancholia - Planète spleen
Par : Samuel Tubez




On le sait, Lars von Trier aime secouer les esprits, et pas seulement par le biais de ses déclarations douteuses, mais surtout avec ses films. Après son Antichrist qui en a perturbé plus d’un (mais pas nous, on est des durs à Cinemafantastique !), allant même jusqu’à provoquer de violents rejets, le cinéaste danois revient avec quelque chose de plus accessible, situé entre son célèbre Dogme95 et l’esthétique chiadée de son précédent film. Une manière détournée pour plaire à un plus large public sans pour autant oublier de livrer une nouvelle œuvre à nouveau terriblement nihiliste.

Tout comme Antichrist, Melancholia débute par une série de plans filmés à une vitesse extrêmement lente sur fond de musique orchestrale. Cette espèce de présynthèse du métrage nous indique déjà le profond drame psychologique qui va suivre et la destruction de la Terre – et donc de l’Humanité – prochainement engloutie par une planète nommée Melancholia. Deux parties distinctes s’ensuivent alors : dans la première, Justine (Kirsten Dunst, justement récompensée par un Prix d’interprétation à Cannes), fraîchement mariée, se rend à son repas de noce avec son mari. Arrivée sur place, la joie fait rapidement place à une profonde tristesse, exacerbée par les comportements tour à tour égoïstes et avides de certains invités et autres membres de la famille. Un joli panel des vices les plus pernicieux de la race humaine y sont dévoilés, comme-ci Lars von Trier voulait extraire ce qu’il y a de plus immonde en l’Homme juste avant de l’exterminer pour de bon dans une seconde partie où la fameuse planète destructrice est enfin évoquée. La grande séquence du repas, avec son ambiance chorale magnifiquement représentée (Charlotte Rampling, John Hurt, Stellan Skarsgard ou encore Udo Kier se partagent les facéties) évoquant aussi bien les scènes de noces du Parrain que le Festen de son compatriote Thomas Vinterberg, fait ainsi place à une atmosphère plus intimiste, où Claire, la sœur de Justine, tombe dans un état de frayeur maladif (personnage interprété par Charlotte Gainsbourg, qui égale l’excellence de Kirsten Dunst, à vrai dire). Les rôles sont ainsi inversés, Justine s’occupant tant bien que mal de sa sœur après que cette dernière l’eut soutenue après le royal plantage de son mariage. Von Trier place ses personnages sous l’influence des astres, les faisant tour à tour traverser un profond spleen et une insupportable terreur. Melancholia est donc bien un film sur la peur plus qu’un film de science-fiction à proprement parler, et nous illustre la fin d’une Humanité peut être déjà morte depuis belle lurette. Et même si l’on connaît l’issue funeste depuis le début il est inutile de se lamenter : de toute façon la Terre ne manquera à personne, comme dirait l’autre.

Drame psychologique influencé par un élément science-fictionnel que ne rechignerait pas un Michael Bay, Melancholia s’éloigne du film catastrophe à sensations pour plutôt creuser l’être humain. Lars von Trier en expurge une insondable peur dans ce film catastrophe intimiste aussi fascinant que lancinant et aussi beau que déprimant.


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