Critique de film

Maximum Overdrive

"Maximum Overdrive"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Objets tueurs
  • Année de production : 1986
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Stephen King
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h37
  • Budget : 10 millions de Dollars
  • Scénariste : Stephen King
  • Musique : Armando Nannuzzi et ACDC
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Emilio Estevez, Pat Hingle, Laura Harrington, Yeardley Smith, John Short, Ellen McElduff, J.C. Quinn, Christopher Murney, Holter Graham, Stephen King,...
  • Récompenses : Aucune

Aux Etats-Unis l'industrialisation se développe, les machines sont omniprésentes. Tout commence par des incidents sans gravité : un distributeur de billets insulte les clients (dont Stephen King qui joue le rôle d'un client insulté), une enseigne lumineuse invite les passants à aller se faire voir... La situation devient tragique lorsqu'un pont mobile échappe à tout contrôle. Désormais, toutes les mécaniques sont autonomes et ne semblent poursuivre qu'un seul but : débarrasser la surface du globe de toute présence humaine.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Maximum overdrive - King aux manettes...
Par : Quentin Meignant




Maximum overdrive est, à l’heure actuelle, le seul film réalisé par le grand Stephen King. Tiré de sa propre nouvelle intitulée Trucks, le film de l’immense écrivain est donc forcément l’objet de bien des convoitises tant l’homme a su drainer des millions de fans au fil des années.

Pourtant, soyons clairs, une armée d’engins qui passe son temps à tout détruire et à massacrer tout le monde sur son passage parce que la planète Terre est dans la queue d’une comète, ce n’est pas vraiment le meilleur scénario qui soit...

Malgré ce petit a priori purement scénaristique, King nous prouve dès la première scène qu’il a presque autant de verve derrière la caméra et à l’écran que lorsqu’il écrit ses récits. En effet, la première séquence le met directement en scène de manière hilarante : un distributeur de billets l’insulte et il crie à sa femme « Chérie, le distributeur est en train de me traîter d’enculé ! »

Cette simple réplique met d’emblée le film sur la bonne voie en nous entraînant dans un grand éclat de rire. La scène de panique qui s’ensuit est alors purement jouissive : un pont se lève automatiquement alors que des voitures sont en train de le parcourir.

Les cascades de cette scène sont de qualité réellement supérieure, tout en gardant l’aspect ludique que King essaie d’instaurer à l’ensemble. C’est d’ailleurs le moment qu’il choisit pour nous balancer une bande originale incroyable...

ACDC, rien de moins, signe cette B.O. aux allures totalement délirantes, nous assènant un rock bien senti ! Rien que cet élément musical parvient à convaincre le spectateur totalement neutre des bienfaits de King, tandis que l’amateur de rock est, lui, carrément aux anges.

Nous en arrivons alors au propos principal du film : la vie d’une station service perturbée par l’invasion de camions fous et la rebellion d’objets électriques en tous genres. Ces faits donnent lieu à quelques scènes assez amusantes, comme la mort du voleur noir dans le luna park.

Cette scène n’est certes pas une réussite au point de vue filmique tant les effets spéciaux paraissent minables, mais King parvient une nouvelle fois à nous faire sourire grâce à un monologue plutôt drôle.

Le réalisateur dépeint alors les personnages principaux à la manière qui lui est chère : exagérant leurs traits de caractère, King nous livre une véritable fable avec bons et méchants fortement ancrés dans leurs principes.

Le design est lui aussi très important puisque King nous offre la vision d’un camion on ne peut plus original, orné, sur le capot, d’une tête verte de démon qui rougit quand l’engin met les gaz. Cette originalité permet en tout cas de maintenir l’intérêt qui aurait pu bien vite disparaître au vu de certains défauts.

En effet, si King est parvenu à mettre en avant bien des qualités, il n’est pas arrivé à cacher les énormes lacunes du film et de son scénario. Ainsi, les effets spéciaux sont, hormis quelques explosions plus ou moins bien senties, d’un ridicule sans nom.

Ensuite, certains longs temps morts sont à constater entre chaque événement, ce qui donne un caractère inégal à l’ensemble. Ce défaut est encore renforcé par le manque d’efficacité à l’écran de certains engins comme, par exemple, une tondeuse tueuse...

Mais là où le bât blesse franchement, c’est au niveau du scénario car quelques lourdeurs et autres incongruités se font jour. Au niveau des (énormes) lourdeurs, nous avons indéniablement l’histoire d’amour sans queue ni tête entre une fille plutôt facile et le héros du film, un bad boy au grand coeur. Cette romance prend très vite beaucoup trop de place dans le film, ce qui lasse inévitablement les plus assoiffés d’action.

Au rayon des incohérences, nous sommes aussi servis. OK, toute la technologie se rebelle, mais qu’en est-il alors des voitures ? En effet, pendant que camions, jouets et même tondeuses se rebellent, les voitures restent bien sagement en place, fidèles à leurs maîtres les humains... Un peu bizarre pour un artiste comme King qui a, d’ordinaire, le sens du détail !

Tous ces défauts ne peuvent néanmoins pas effacer le plaisir que l’on a pris devant l’humour et, surtout, la bande originale, du seul film signé Stephen King. Maximum overdrive est donc un film bourré d’erreurs et de stéréotypes mais reste vraiment agréable à regarder. Ce n’est pas un coup de maître, mais cela a le mérite de divertir... Après tout, c’est déjà ça !


Oeuvres liées :

Trucks (1997)

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