Critique de film

Massacre dans le train fantôme

"The Funhouse"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tobe Hooper
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h36
  • Scénariste : Lawrence Block
  • Musique : John Beal
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Elizabeth Berridge, Shawn Carson, Jeanne Austin, Jack McDermott, William Finley, Largo Woodruff, Sylvia Miles
  • Récompenses : Aucune

Une bande de quatre jeunes gens décide de passer la nuit dans un train fantôme, lors dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Massacre dans le train fantôme - Tous forains, un pour tous
Par : Damien Taymans


Quatre jeunes (deux couples, la vie est bien faite) décident de se rendre à la fête foraine pour avoir quelques sensations fortes et se poiler un max. Bien décidés à vivre des émotions intenses et à repousser encore un peu plus loin la connerie, ils s’arrangent pour passer la nuit dans le train fantôme. Par le biais d’un interstice dans le plancher, ils sont témoins d’un meurtre et se voient dès lors poursuivis par le meurtrier…

Après deux belles réussites l’une reconnue (Massacre à la tronçonneuse), l’autre oubliée (Le Crocodile de la mort) témoignant de l’univers particulier du réalisateur, Hooper relève un nouveau pari avec The Funhouse, produit par une major hollywoodienne (en l’occurrence, Universal). Loin d’être une œuvre de commande, Massacres dans le train fantôme (à la traduction légèrement évocatrice du chef-d’œuvre hooperien, marketing oblige) ne sombre jamais dans une surenchère destinée à un public adolescent impressionnable. Financé mais nullement formaté, ce troisième métrage d’Hooper se présente davantage comme une continuité de l’histoire de Leatherface que comme un renouvellement standardisé de l’univers du réalisateur.

Après une scène d’introduction pastichant le Halloween de Carpenter (la vue subjective du tueur) et le Psychose d’Hitchcock (la scène de la douche), le métrage s’oriente vers le survival moderne en intégrant tous les éléments essentiels à ce genre de massacres adolescents en masse : des djeuns, du sexe et un monstre affreux habile en armes blanches. Pourtant, malgré cette reprise studieuse des clichés implantés et le scénario monotone sur lequel ils s’appuient, le métrage hooperien ne se cantonne pas en un entassement inanimé des ingrédients conventionnels de ce genre en vogue. Recourant à une photographie ténébreuse teintée de gothique et à un confinement claustrophobique, le réal instaure une atmosphère anxiogène empreinte d’un humour noir en phase avec les spectacles forains aux attractions exotiques et étranges (les vaches difformes, les strip-teases). Des attractions longuement dépeintes afin de capter au mieux l’univers particulier des forains se définissant comme une grande famille aux liens fraternels (« Pas à l’un des nôtres » invective le père) emplie de personnages atypiques et de freaks en tous genres. Par le truchement du spectacle du prestidigitateur, Hooper met en garde en évoquant l’adage qui dit que les apparences sont trompeuses. Ainsi, après une scène de meurtre à la violence restreinte qui met tout de même en ostentation la sauvagerie du Frankenstein (renvois récurrents du réal au personnage mythique), le monstre de l’œuvre est montré sous un nouveau jour lorsqu’il est confronté à son père castrateur qui ne l’éduque qu’à coups de bâtons et d’humiliations avant de jouer la carte du sentimentalisme. Echaudé par des pulsions animales, traité d’inhumain par son paternel, le freak ne se fie qu’à son instinct et se place par-là même en marge de la société ordinaire, devenant un être désorienté aux balises sociales bringuebalantes, qui n’a du monstre que le physique au contraire de son odieux responsable.

A mi-chemin entre slasher et survival, The Funhouse se distingue des reprises conventionnelles par le biais d’une peinture réaliste et réfléchie de milieu dans lequel évoluent les personnages. Un essai dans la lignée du film culte hooperien qui, s’il ne convainc pas toujours, fait montre d’un décalage salvateur à bien des égards.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage