Critique de film

Maniac

"Maniac"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Serial killer
  • Année de production : 1980
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : William Lustig
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h27
  • Budget : 350 000 dollars
  • Scénariste : C.A. Rosenberg, Joe Spinell
  • Musique : Jay Chattaway
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  • Bande annonce
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  • Casting : Joe Spinell, Caroline Munro, Gail Lawrence, Kelly Piper, Rita Montone
  • Récompenses : Nominé au Saturn Award du Meilleur film à petit budget (1981)

La nuit, le maniac rôde, scalpant les prostituées, tuant les couples sur la plage, écumant New York à la recherche de nouvelles proies. La population est en panique, la police piétine. Mais Frank Zito n'est pas un tueur ordinaire. Blessé par la violence de sa mère et de ses amants, il souffre de solitude, perturbé par des souvenirs traumatisants. Un jour, il rencontre Anna.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Maniac - Un fameux Lustig ce Zito !
Par : Quentin Meignant






William Lustig n’est pas à proprement parler le réalisateur le plus populaire de l’histoire, loin s’en faut ! En général, on trouve ses films, tels que Maniac, Maniac Cop ou Uncle Sam, à maximum 5 euros dans n’importe quelle solderie digne de ce nom.

Il faut aussi savoir que ce monsieur émarge à la base à la mouvance du cinéma porno grâce à ses deux premières réalisations : Hot Honey et l’excellent (Je ne l’ai pas vu, on me l’a dit, je le jure !) The violation of Claudia.

Il ne faut donc pas s’étonner outre mesure quand on constate que le budget de Maniac, sa première œuvre non-pornographique, a été réduit au minimum. Et pourtant, ce qu’arrive à faire Lustig avec son célèbre Frank Zito tient tout simplement du miracle.

En effet, l’ambiance glauque de l’ensemble nous prend aux tripes dès les premiers instants sur une plage rendue lugubre par les agissements du serial-killer. Le premier meurtre est tout simplement époustouflant de réalisme et c’est avec un certain dégoût que l’on découvre cette scène d’une bestialité incroyable.

Bien plus qu’un simple meurtre, Lustig nous propose un moment d’un rare réalisme grâce à des plans fixes incroyables : il offre un gros plans des pieds de la victime dont les nerfs fonctionnent encore. Le tout est appuyé par une musique dantesque qui rappelle les plus beaux moments du cinéma d’exploitation des 60’s…

Car, bien sûr, l’œuvre de Lustig est bien imprégnée de son temps, les 80’s, véritable époque du sexe cru, de la prostitution et de l’avènement total des drogues dures, mais on ne peut que se rappeler les Grindhouses de la belle époque en voyant cette bande, emplie d’efficacité, de scènes à peine supportables et suintant de perversité.

Cette perversité est, elle aussi dépeinte avec beaucoup d’efficacité par le réalisateur. Normal, me direz-vous pour un ancien réalisateur X, mais ce qu’il arrive à faire passer par de simples décors et de simples paroles est tout simplement hallucinant.

Ainsi, la chambre de Zito constitue le décor idéal du nid de psychopathe. Des mannequins dotés des scalps de ses victimes peuplent sa chambre. Zito s’adresse à eux (ou plutôt elles) comme s’ils étaient des proches et l’on devine tout de suite que son traumatisme remonte à une enfance que l’on sait malheureuse.

De plus, Zito paraît complètement schizophrène et se parle à lui-même, pris de remords après avoir commis ses méfaits. On assiste dès lors à un véritable combat « Zito contre Zito », qui lutte le plus possible contre ses pulsions, comme avec la prostituée, mais qui retombe toujours plus dans ses travers !

Les effets gores sont eux aussi au summum et Lustig paraît vraiment au sommet de son art. C’est avec une certaine impatience que l’on attend le meurtre suivant pour voir quelle nouvelle trouvaille horrifique on va faire. Ainsi, une scène à la carabine se transforme de suite en éclatement de cervelle vraiment impressionnant.

Tout ce que l’on peut reprocher au réalisateur, c’est d’avoir voulu trop en faire sur la fin, abusant d’un brouillard bien malvenu dans un cimetière déjà assez lugubre ainsi. C’est alors que Zito a une énième hallucination et voit le squelette de sa mère sortir de tombe pour lui attraper la tête, c’est sans doute un peu too much et on ne peut que regretter tel débordement dans une œuvre jusque là parfaite au point de vue psychologique.

Néanmoins, Maniac reste une excellente œuvre de psycho-killer qui fait date dans le cinéma de genre. Si ce n’est déjà fait, foncez l’acheter ! Le culte est au bout du chemin !

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