Critique de film

Manhunt

"Rovdyr"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Patrik Syversen
  • Pays d'origine : Norvège
  • Durée : 1h18
  • Scénariste : Nini Bull Robsahm, Patrik Syversen
  • Musique : Simon Boswell
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kristina Leganger Aaserud, Janne Beate Bønes, Henriette Bruusgaard, Jørn Bjørn Fuller Gee, Gudmund Groven, Trym Hagen, Kristofer Hivju
  • Récompenses : Aucune

Dans les années 70, quatre amis partent pour une randonnée dans les montagnes norvégiennes. Sur la route, ils sont stoppés puis enlevés par un groupe dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Manhunt - La chasse à l’homme commence !
Par : Metzgerin


Milieu des années 70. Quatre jeunes amis partent sur les routes, au volant de leur van, pour un week-end. Sur le chemin, ils s’arrêtent à une station service, leur laissant entr’apercevoir l’hostilité des autochtones. Ils prennent cependant avec eux une autostoppeuse, qui semble particulièrement nerveuse à l’approche de la forêt. Une crevaison les pousse à s’arrêter ; des chasseurs sortent des bois, les assomment et les kidnappent. A leur réveil, ils réalisent que les cors de chasse leur sont destinés, et qu’ils sont devenus le gibier…

Projeté le 26 septembre 2008 au Film Européen du Film Fantastique de Strasbourg, en présence du réalisateur Patrick Syversen et de la scénariste/actrice Nini Bull Robsahm, Manhunt (Rovdyr en version originale) est un hommage ouvert aux films des seventies, Massacre à la Tronçonneuse en tête. Allusion ou simple hasard, l’action se déroule en 1974, année de sortie du film de Tobe Hooper. Bon nombre d’éléments rappellent le début de la cultissime bobine, Leatherface en moins ; les vingt premières minutes sont quasi identiques, sans pour autant tomber dans le plagiat grossier. Autant d’un point de vue visuel qu’au niveau des personnages et de la musique, les aficionados retrouveront les passages classiques des films de l’époque, tandis que les newbies adeptes de l’ultraviolence et du gore sanguinolent tomberont trente ans en arrière, loin de l’univers désormais trop commun du huit-clos en pièce sombre. Vadrouille sur les routes dans un van sur fond de musique hippie (ou plus précisément sous fond de « Wait for the rain » de David Hess, thème de… La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven !), ambiance bon enfant, filles dont les trousses blondes et les mini-shorts en jeans donnent un vague air d’innocente écolière tout juste sortie du lycée, personnages quelque peu stéréotypés, habitants hostiles, station essence vieillotte, autostoppeur sur-angoissé, panne de voiture… Montrez ces scènes à une poignée de non-cinéphiles, passez leur La Dernière Maison sur la Gauche, Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des Yeux, aucun n’arrivera à vous dire quel film date de 2008, tant la vidéo semble sortie tout droit des années 70-80…

Certains crieront au copier-coller, au plagiat, à un ignoble remaxe. Mais Manhunt est un premier film, réalisé par un jeunot de tout juste vingt-cinq ans. Et au vu de la suite de la bobine, bien des erreurs lui sont pardonnées. Patrick Syversen est un grand fan des films de genre, ça se voit. Or, là où bien des gens auraient cumulé des scènes gore classiques, des cache-cache dans la forêt et autres joyeusetés, le cinéaste tente d’y apposer sa touche. Il n’y a certes pas d’innovations flagrantes, mais un nombre respectable d’éléments qui remontent la chose. Pas de boogeyman masqué à la machette ou autre Leprechaun rondouillard et déconnant. Le film s’annonce sérieux dès l’entrée en action, ne tenant pas à faire dans l’humour ou le cynique (malgré quelques pièges à ours rappelant inexorablement Severance de Christopher Smith, chouette fresque d’un voyage entre collègues de boulot qui part méchamment en couille, mais est-il nécessaire de présenter ce petit bijou d’humour noir et de trash ?) Les chasseurs sont des types des plus rustres, à mi-chemin entre un randonneur obèse et un paysan à la limite de la bestialité animale. L’archétype du méchant qui écoeure, à l’image de notre très cher Phillipe Nahon dans Haute Tension. Ca sent la crasse, l’urine et le sang séché à plein nez, à peine dissimulés sous l’odeur des feuilles mortes, de la mousse fraîche et de l’eau qui coule dans les ruisseaux environnants.

Malgré une durée très courte, Manhunt atteint une apogée de tension, une intensité délectable, sans jamais tirer en longueur. Une véritable chasse à l’homme où le cor de chasse remplace l’alarme de l’attaque nucléaire ou zombiesque (merci Silent Hill…). Dès que sonne le clairon, le spectateur se cramponne à son siège, espérant que les protagonistes s’en sortiront sans trop de dommages. Y a-t-il une légère allusion à Hostel d’Eli Roth, et son Elite Hunting ? D’ailleurs, l’hypothèse que cette chasse soit plus traditionnelle qu’anecdotique semble plus que plausible : le film commence sur une mise en scène d’une jeune femme, qui cours à en perdre haleine dans la forêt ; impossible de savoir qui la poursuit, probablement les fameux chasseurs. Elle débouche sur une clairière, s’arrête un instant, reprends sa course… et se fait choper le pied par un piège à ours. Les cris fusent, le sang gicle, il est évident que ses chances de survie sont minimes… Puis vint le générique. Logiquement, le spectateur pensera que cette fille est une des protagonistes, et attend avec son habituel appétit sadique (*sic*) de l’apercevoir, étant conscient de son statut de Dieu qui connaît déjà la mort de l’innocente. Or, ce personnage n’apparaîtra pas, bien que l’une ou l’autre scène se déroule dans la clairière. Après avoir interrogé Patrick Syversen à ce sujet, tel est la réponse qu’il m’a offert : cette femme n’est qu’une victime parmi les autres du jeu des chasseurs, sa mort n’est en soin pas bien importante, elle est juste le témoin des crimes à répétition, loin d’être de simples cas isolé. A se demander si ça s’arrêtera...

Manhunt est un film de genre sympathique et joliment glauque, bien que peu innovant pour les habitués du genre. A réserver donc aux fans de Massacre à la Tronçonneuse, ou à ceux qui veulent se mettre aux seventies.


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