Critique de film

Malevil

"Malevil"
affiche du film
  • Genre : Drame, Science-Fiction
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Christian de Chalonge
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 2h00
  • Scénariste : Pierre Dumayet, Christian de Chalonge, Robert Merle (roman)
  • Musique : Gabriel Yared
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Jacques Villeret, Robert Dhéry, Hanns Zischler, Pénélope Palmer, Jean Leuvrais, Emilie Lihou, ...
  • Récompenses : César 1982 des Meilleurs Décors
    Meilleur Film au Fantafestival 1982

Quelques humains survivent à une explosion nucléaire. Peu à peu, sous la direction d'Emmanuel, ils réapprennent à vivre dans la solidarité et l'amitié. Non loin de là, Fulbert impose sa loi à un autre groupe de survivants.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Malevil - Post-apocalypse originale
Par : Quentin Meignant


Christian de Chalonge est un inconnu pour les amateurs de cinéma de genre et, à vrai dire, pour la plupart des cinéphiles. Ce cinéaste à la quinzaine de réalisations essentiellement dramatiques ne fut jamais mis sous les feux des projecteurs, ses oeuvres les plus connues étant quatre épisodes de Maigret réalisés entre 1999 et 2002. Bref, autant dire que son Malevil est un véritable ovni méconnu et qui tranche totalement avec le reste de sa filmographie. Pourtant, le film remporta le César des meilleurs décors et le prix de meilleur film au Fantafestival en 1982, succès éphémère qui ne joua nullement en faveur du film dans sa distribution. Malgré tout, doté d’un casting surprenant pour un film post-apocalyptique (Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jacques Villeret), l’oeuvre a de quoi intriguer. Malevil est un petit village de province qui, après une catastrophe nucléaire, se retrouve isolé du reste du monde. Les survivants essaient alors de retrouver un semblant de vie et se croient seuls au Monde (comme chez Zemeckis quoi !).

Le métrage commence donc tout naturellement par une catastrophe nucléaire suggérée par des flashs bleus aperçus au détour de la porte d’une cave. Dans un vacarme assourdissant, les habitants du village se mettent à suffoquer de manière très théâtrale avant de perdre connaissance. Cette mise en scène tenant parfois carrément du vaudeville est sans doute imputable aux faibles moyens mis à la disposition de de Chalonge, le film étant produit par France 2. Toujours est-il que la sauce prend plutôt bien, d’autant que la sortie des survivants de leur cachette souterraine est accompagnée du magnifique jeu d’acteur d’un Jacques Villeret poignant et de décors dépouillés qualitativement respectables. Un paysage quasi lunaire, à la limite du cauchemar esthétique comme toile de fond de l’intrigue. La topographie des lieux, la photographie champêtre et les décors mis en place par Max Douy (La traversée de Paris) s’unissent pour former un ensemble visuel extrêmement réaliste, mettant en scène un monde à reconstruire.

C’est dès lors ce à quoi s’attèlent les protagonistes. Malheureusement, de Chalonge ne parvient pas à insuffler le rythme nécessaire à cette phase longue d’une heure et demie et, malgré la bonne prestation d’acteurs mythiques, le métrage s’enlise alors dans des lenteurs et des lourdeurs inimaginables. Peu de dangers viennent menacer les héros dans cet univers paisible au décor dévasté. Malgré tout, ce traitement réservé au thèmepost-apocalyptique est sans doute unique en son genre. Loin des courses et des bruyantes fusillades d’oeuvres telles que Mad Max ou Doomsday, le réalisateur développe une vision de la post-apocalypse plus réaliste et dramatique. Même si quelques fusillades viennent quelque peu ébranler la fin de l’aventure, Malevil se rapproche donc d’oeuvres comme Les revenants de Campillo qui, sans être réellement attrayantes, parviennent à apporter une lecture différente de genres surexploités.

Mais avec un rythme qui ne s’élève jamais, Malevil se range rapidement du côté des oeuvres aussitôt vues aussitôt oubliées. Il n’est donc pas étonnant que l’oeuvre de de Chalonge se soit faite si rare au fil des années. Elle n’en reste pas moins une curiosité dans un univers cinématographique parfois soumis à des règles trop strictes.

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