Critique de film

Madhouse

"There was a little girl"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ovidio G. Assonitis
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h32
  • Scénariste : Ovidio G. Assonitis, Stephen Blakely, Roberto Gandus, Peter Shepherd
  • Musique : Riz Ortolani
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Trish Everly, Michael MacRae, Dennis Robertson, Morgan Hart, Allison Biggers, Edith Ivey, Richard Baker
  • Récompenses : Aucune

Julia et Mary sont deux soeurs jumelles que tout oppose. L'une, belle et aimable, professeur pour enfants handicapés vit une vie idyllique alors que sa soeur, complètement folle et haineuse, croupit dans une chambre d'un asile. Quelques jours après une visite houlouse à l'hopital durant laquelle Mary menace sa soeur de mort, Julia apprend que sa soeur s'est enfuie...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Madhouse (There Was a Little Girl) - « Il y avait une petite fille…en grandissant elle est devenue très méchante »
Par : Fred Pizzoferrato


Modeste slasher italien du début des années 80, Madhouse échoua quelques années plus tard sur la liste des Video-Nasty et acquit ainsi une certaine renommée. Si le métrage (finalement sorti uncut en 2004) se révèle peu original et souvent prévisible, il n’en demeure pas moins regardable pour les amateurs du genre. L’intrigue suit la jeune Julia, une institutrice s’occupant d’enfants sourds. Elle fréquente un médecin et vit apparemment une existence tranquille mais ce serait oublier Mary, sa sœur jumelle, une cinglée enfermée dans un asile et atteinte d’une maladie de peau dégénérative et mortelle. Or, à quelques jours de l’anniversaire de Julia, la malade mentale s’échappe et prépare sa vengeance. Avec l’aide d’un dangereux rottweiller, Mary commence à décimer l’entourage de sa jumelle, lui préparant un anniversaire…inoubliable.

Dirigé par Ovidio Assonitis (réalisateur du Démon aux tripes, et de Tentacules, il participa également à Laure, écrit et réalisé par Emmanuelle Arsan et produisit ensuite moult séries Z dont le Piranhas 2 de James Cameron), Madhouse déroule donc un scénario fort conventionnel. A tel point que le spectateur soupçonne rapidement un twist à la Soeurs de sang mais, finalement, le cinéaste opte pour un retournement de situation final plus classique. L’identité du second coupable n’est donc pas franchement une surprise pour les habitués mais produit cependant son petit effet. Les crimes, eux, se succèdent à intervalles réguliers, relativement graphiques pour l’époque mais aujourd’hui plutôt anodins. Pourtant Assonitis pourfend certains tabous du cinéma d’horreur en tuant un très jeune garçon et en transperçant le crâne d’un féroce molosse à l’aide d’une perceuse électrique. La cruauté envers les enfants et les animaux n’étant guère tolérée par la censure, ces deux séquences ont probablement justifiés l’inclusion de ce titre sur la liste « nasty » car le reste du métrage ne possède rien de véritablement choquant.

Comme souvent, Assonitis n’hésite pas à s’inspirer d’autres titres : le chien noir rappelle La malédiction mais aussi le cinéma de Lucio Fulci et Dario Argento. A noter d’ailleurs que Madhouse braconne parfois sur les terres du giallo en présentant un mystérieux tueur frappant ses victimes à l’aide d’un immense couteau. La photographie et la mise en scène possèdent, elles aussi, une certaine sophistication qui les rapprochent davantage des thrillers italiens que des slashers américains routiniers. L’utilisation du scope est ainsi adéquate et permet d’élever le produit au-dessus de la moyenne, d’autant que les images s’avèrent plutôt soignées. La musique, elle, est assurée par Riz Ortolani, lequel recycle sans honte une partie de sa fameuse composition pour le Cannibal holocaust de Deodato. Un procédé typique du bis. Cette musique, utilisant principalement des bruitages, ne fonctionne d’ailleurs que par intermittence et se montre, la plupart du temps, plus agaçante que véritablement stressante.

Malheureusement, si le film dispose de quelques éléments intéressants, il s’égare aussi dans des scènes inutiles plombant le rythme général déjà fort lent. Un des meurtres vire, en outre, au grotesque de part la durée de la séquence et le jeu outré de la victime, faisant basculer un moment voulu éprouvant dans le ridicule et le comique involontaire. Le reste du casting, par contre, se révèle solide et les performances de chacun des acteurs sont suffisamment convaincantes pour offrir quelques frissons bienvenus. Même si Assonitis recourt à des procédés un peu grossiers pour augmenter la tension, il faut avouer que l’une ou l’autre scènes de frousse se révèlent bien troussées et parviennent à surprendre le spectateur, voire à lui filer quelques frissons. Les divers assassinats sont en outre bien exécutés, originaux et joliment mis en scène mais, hélas, les effets spéciaux approximatifs en atténuent grandement la portée. La mort du chien, voulue choquante, se montre ainsi ratée tant il est évident qu’il s’agit d’une simple peluche agitée tant bien que mal par animateur caché derrière une porte.
Le métrage continue donc sur sa lancée de manière très conventionnelles jusqu’au final tout aussi attendu. Les quinze dernières minutes utilisent en effet une formule éprouvée et emmène la « last girl standing » dans l’antre de la Bête pour une réunion d’amis dont tous les participants sont morts. Une scène manifestement plus qu’inspirée par le Happy birthday to me sorti à la même époque, au point qu’il est difficile de savoir qui a pu copier l’autre…même si on soupçonne davantage le petit produit italien que la production canadienne plus nantie de Jack Lee Thompson.

En résumé, Madhouse constitue un slasher sans grande saveur mais pas désagréable à suivre. Ses personnages plus travaillés que de coutumes (et mieux interprété !) compensent en partie la banalité du script et la mise en scène efficace, ponctuée de meurtres sympathiques, lui donne un minimum d’intérêt. Mais on est loin d’un chef d’œuvre, ni même d’un vrai bon film. A voir donc par curiosité pour les « complétistes » de la Video-Nasty.

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