Critique de film

The Machine girl

"Kataude mashin gâru"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Noboru Iguchi
  • Pays d'origine : Japon, USA
  • Durée : 1h36
  • Scénariste : Noboru Iguchi
  • Musique : Koh Nakagawa
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kentaro Shimazu, Minase Yashiro, Taro Suwa, Asami Honoka
  • Récompenses : Aucune

La vie d'une jeune fille bascule le jour où un groupe de yakuzas massacre sa famille et la torture en lui coupant le bras gauche. Décidée à se venger, elle se construit alors une mitraillette en guise de prothèse.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Machine Girl - Délire gore jouissif !
Par : Quentin Meignant








Présenté en avant-première mondiale le 28 mars 2008 au BIFFF, Machine Girl, réalisé par Noboru Iguchi, réalisateur totalement inconnu en Europe, est une excellente surprise. C’est même un euphémisme d’affirmer cela tant ce métrage a régalé les spectateurs de la première à la dernière minute.

Rien qu’à voir l’affiche et la bande-annonce, vous l’aurez compris, le film n’a rien de bien sérieux et doit donc tabler sur la sympathie du public. Ce pari ardu pour tout film gore délirant est relevé avec brio par Iguchi qui signe un film qui restera dans les annales du cinéma de genre asiatique (et même mondial) !

Dès le lancement du film, on se rend en effet compte qu’aucun thème vraiment sérieux ne sera abordé même si l’histoire en soi a quelque chose de dramatique. L’héroïne est juste là pour se venger et pour nous faire profiter de débordements sanglants extrêmement réussis au point de vue stylistique.

Avant même le générique donc, on se retrouve avec 5 ados démembrés, décapités, réduits en bouillies sur les bras et, malgré tout, on garde un sourire (vicieux il est vrai) aux lèvres. Commence alors la narration du véritable drame que vit l’héroïne : son frère, racketté par le fils d’un yakuza, est mis à mort en même temps que Takeshi, un ami, tandis que celle-ci se fait violer par un groupe d’ouvriers en furie et se fait couper la main par la femme d’un yakuza.

On pourrait dès lors croire que Iguchi va verser dans une dramaturgie bien malvenue pour pareille œuvre. Eh bien non ! Le bonhomme étonne par son traitement des informations qu’il nous donne : toutes ces séquences de grand malheur sont mises en scène et filmées de manière parodique et entraînent tout le monde dans de grands éclats de rire.

Nous offrant bien plus qu’un simple moment de rigolade, le réalisateur parvient encore et toujours à distiller son gore bien senti. La scène où l’héroïne se retrouve dans la maison de Ryota est excellentissime et d’une drôlerie sans égal. Vous voulez de la soupe ou du gel-douche au sang ? Vous serez servis, le tout dans la bonne humeur par la très élégante Asami !

Après le grand drame qu’elle a vécu, cette dernière se transforme donc en véritable monstre-vengeur assoiffé de sang et se lance dans une véritable chasse aux yakuzas. Les délires ninjas se multiplient alors tandis que notre héroïne et une amie, lourdement armées, luttent contre le gang Shuriken ou encore le magnifique « gang des défunts ».

Tout est donc (bon) prétexte au sang et au rire dans tout un métrage qui ne laisse vraiment aucun répit au spectateur. Ce dernier peut aussi jouir de dialogues hilarants et complètement décalés du genre : « Tu m’as cloué, ça ne se fait pas ! ».

Le délire est donc vraiment partout et le doit bien à des effets gores parfaitement réussis. Là où il aurait pu rater le coche en nous soumettant un gore traditionnel, Iguchi nous offre une fête au sang, une véritable douche d’hémoglobine d’une incroyable drôlerie.

Sans verser dans le malsain une seule seconde, ces effets sanglants se démarquent totalement des autres films du genre par leur traitement. Là où Miike avait réalisé un film délirant mais lourd à supporter avec Ichi the killer, Iguchi parvient à nous livrer un film complètement décomplexé qui nous offre l’occasion d’assister à un gore réjouissant.

Ce film est donc un grand moment de cinéma délirant et on ne saurait que remercier la société Nikkatsu, distributeur du film, d’avoir choisi Bruxelles comme lieu de cette avant-première mondiale ! Il y a vraiment de quoi en être éternellement reconnaissant et surtout d’attendre impatiemment (voire fiévreusement) la sortie d’un DVD qu’il faudra absolument se procurer ! Un chef-d’œuvre asiatique de plus ! A voir le plus vite possible, quitte à se taper le Japon !


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