Critique de film

Lovely Molly

"Lovely Molly"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Eduardo Sanchez
  • Pays d'origine : USA
  • Budget : 1 million de dollars
  • Scénariste : Eduardo Sanchez
  • Musique : Matt Davies
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Johnny Lewis, Alexandra Holden, Ken Arnold, Gretchen Lodge, Tony Ellis, Lauren Lakis, Brandon Thane Wilson, Daniel Ross
  • Récompenses :

Un couple de jeunes mariés se rend dans l’ancienne demeure familiale de la jeune femme. Nommée Molly, cette dernière ressent rapidement les effets d’un passé obscur, synonyme de bien des malheurs. Après quelques jours passés dans ce lieu isolé, Molly, aux prises avec une force maléfique, sombre peu à peu dans la dépravation.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Lovely Molly – Fais dodo, papa est en haut…
Par : Wizzdumb




Fraîchement mariés et sans le sou, Molly et Tim décident d’emménager dans la maison d’enfance de la jeune femme. Mais le travail de Tim (monsieur est chauffeur routier) va rapidement confronter Molly à ses démons intérieurs, aux souvenirs douloureux infligés par papa et à son petit penchant pour les drogues dures. Le come-back en force de tous ses traumatismes, qu’elle avait crus définitivement enterrés à coups de séjours en psychiatrie, va peu à peu transformer sa vie de jeune mariée en véritable cauchemar…

En 1999, deux jeunes réalisateurs font un carton planétaire avec The Blair Witch Project et donnent un grand coup dans la fourmilière du found footage. Treize ans plus tard, Daniel Myrick erre dans les limbes du DTV (mis à part Solstice et The Objective), et Eduardo Sanchez se cantonne principalement à la production (Midnight Son, Corbeau d’argent au BIFFF 2011, pour n’en citer qu’un).

Attendu comme le retour du messie, Lovely Molly transforme l’essai de Sanchez sans pour autant transcender le genre. Le film débute en forme de clin d’œil à Blair Witch, avec le visage face caméra d’une femme désespérée prête à se taillader le cou au couteau (il ne manque plus que la morve au nez pour compléter le tableau). Le ton est donné, ça va chier dans le ventilo marital !
La première partie tient quasi du chef-d’œuvre : servi par un montage sobre et intelligent, le scénario prend rapidement ses quartiers dans une maison à l’aspect déjà effrayant en soi. Mais au lieu de rouler des mécaniques avec une mise en scène tape-à-l’œil, Sanchez préfère s’ancrer dans le réel, et la lente déréliction de Molly commence ainsi par touches insidieuses, créant une sensation de malaise diffuse mais persistante pour le spectateur (un travail incroyable sur le son et l’économie salutaire de musique pendant les grands moments de flippe !).
Lentement mais sûrement happée par les fantômes du passé – Sanchez et son scénariste attitré Jamie Nash laissent volontairement des zones d’ombre -, Molly coupera peu à peu les ponts avec la réalité, et sa fragilité psychologique laissera une porte grande ouverte à son vice d’antan : l’héroïne.

En sursis dans son charnier rationnel, Molly deviendra bien plus bavarde avec feu son salopard de géniteur qu’avec son propre mari.
Malheureusement, la deuxième partie pèche par paresse et s’encombre de quelques faux-pas scénaristiques (les images de la caméra amateur pourraient défendre la version de Molly, mais elle n’y pense jamais, la petiote), se reposant sur l’échiquier paranoïaque déjà mis en place, et étire ses prémisses sans jamais atteindre de climax pour finalement s’étioler dans un final assez convenu.

Casting impeccable, montage intelligent et admirable boulot sur le son, Lovely Molly a suffisamment d’atouts pour surpasser pas mal de péloches de genre. La réalisation sobre d’Eduardo Sanchez colle à la rétine du spectateur et le bonhomme se montre toujours aussi adroit pour faire exploser le palpitant. Et, si la deuxième partie ne tient pas les promesses de son introduction, il n’en reste pas moins que cette adorable Molly vaut son pesant de flippe.


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