Critique de film

Live feed

"Live feed"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Gore
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ryan Nicholson
  • Pays d'origine : Canada
  • Durée : 1h21
  • Scénariste : Ryan Nicholson, Roy Nicholson
  • Musique : Patrick Coble
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kevan Ohtsji, Taayla Markell, Stephen Chang, Colin Foo, Greg Chan, Rob Scattergood, Lee Tichon, Caroline Chojnacki, Ashley Schappert, Mike Bennett, Ted Friend, The Whiteman, Patrick Pon, Mike Wu, Hansen Li, Jennifer Chow, Naoko Mikami
  • Récompenses : Aucune

5 jeunes adultes se retrouvent à lutter pour leur survie face au mal absolu...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Live feed - Hostel en Asie
Par : Chroniqueurs




Par Nicore

C’est en s’inspirant largement du Hostel d’Eli Roth que Ryan Nicholson, maquilleur émérite et réal du récent décadent Gutterballs édifie ce Live feed, version trash et sinisée du métrage originel. L’oeuvre déroule une intrigue terriblement simpliste mais prétexte à de nombreuses abominations, tout en ayant la bonne idée de déplacer l’action en Asie, histoire d’apporter un dépaysement différent et ce, même si le métrage a entièrement été tourné au Canada.
Le script envoie donc cinq touristes américains à la découverte de l’Asie, mais ceux-ci, en cherchant surtout à s’amuser et à se donner du bon temps (Roth n’est pas loin - ndlr), vont aller se fourvoyer dans un cinéma porno, sans se douter que celui-ci sert de façade à des activités bien plus glauques et sanglantes.

D’entrée, après un générique accrocheur avançant différentes photos de torture assez graphiques, le métrage met en avant ses principaux personnages, cinq Américains débarquant sur le sol asiatique que nous suivrons pour la visite d’un marché de nuit où ils ont bien du mal à accepter les coutumes locales, et notamment la tuerie d’un petit yorkshire destiné à être mangé (en promo chez Carrefour ce mois-ci - ndlr). Cette mise en situation, agréablement agencée par le réalisateur, alterne les plans de ces Américains hautains et caricaturaux au possible avec d’autres nous montrant l’intérieur d’un bar où une stripteaseuse effectue son numéro lascif sous l’œil d’un groupe d’hommes facilement identifiés comme étant des yakuzas appartenant à la pègre locale, Parallèlement, nous suivons ceux-ci dans un interrogatoire musclé et brutal d’un individu qui subit moult sévices.

Superficiels et presque antipathiques dans leur démarche et leur air supérieur affiché, les protagonistes principaux ne s’attirent jamais la sympathie du spectateur, même si les situations demeurent suffisamment attractives pour ne pas ennuyer (contrairement à celle d’Hostel emplie d’un humour potache ici absent). Maladroitement, l’un des Américains, dans un bar, bouscule et renverse son verre sur le chef des yakuzas, déclenchant ainsi une mini bagarre et les obligeant à quitter les lieux en compagnie d’un autochtone avec qui ils ont fait connaissance, pour atterrir dans ce cinéma pornographique crasseux qu’ils visitent avant que le groupe ne se sépare, chacun cherchant un coin tranquille pour satisfaire ses besoins sexuels.

Cette partie du métrage, ouvertement érotique et parfois même très osée, n’hésite pas à bien montrer ce qui se passe sur l’écran du cinéma. Un lieu glauque et malsain qui se voit inondé de photos érotiques hardcores, notamment dans les toilettes où va se réfugier un couple pour un ébat sexuel debout et un autre couple qui a loué une "chambre" pour satisfaire leurs pulsions sexuelles. Mais très vite, le métrage commence à placer des éléments intrigants qui laissent place à un malaise évident, notamment en nous faisant découvrir que les différents personnages sont filmés dans chaque des pièces qu’ils vont parcourir, installant ainsi parfois le spectateur dans une position avérée de voyeur. Les choses dégénèrent rapidement et un bourreau très charismatique fait son apparition pour s’en prendre au couple enfermé dans leur chambre de passe lors d’une première séquence véritablement gore et avançant des sévices innovants (le serpent) et volontaires dans leur démarche sanglante, sans pour autant négliger l’aspect érotique qui survit au passage en mode goresque du métrage. Succèdent ensuite différentes situations laissant les survivants du groupe lutter pour leur survie dans une ambiance assez jouissive et débridée jusqu’au règlement de comptes final.

Résolument tournée vers son aspect horrifique et vers l’action, cette seconde partie s’octroie même le luxe de flirter avec le "snuff-movie", en proposant ces séquences filmées et destinées à distraire le chef yakuza mais sans que le spectacle ne devienne malsain (grâce à une certaine outrance jouissive qui ne colle pas avec la réalité glauque de rigueur pour installer le malaise). Et puisqu’il est inévitable de comparer le métrage à celui d’Eli Roth, ce Live feed s’avère largement plus généreux en plans sanglants au détriment de l’ampleur et de la puissance dramatique d’Hostel, recourant à une justification superficielle des abominations commises qui n’apporte aucune profondeur à l’ensemble. Si la révélation sur l’identité d’un des protagonistes (en plus facilement anticipable) n’entraîne que des situations mêlant des sentiments classiques et éculés (vengeance, honneur…), le véritable personnage prépondérant du film reste pourtant ce bourreau au look très visuel, inspiré de l’univers sado-masochiste, simpliste mais efficace qui bénéficie d’une stature plus qu’imposante. Ses apparitions illuminent chaque scène en raison du charisme dotn il fait preuve et de l’atmosphère anxiogène qu’il amène (son mutisme et sa brutalité animale).

L’interprétation aléatoire, cernée par de jeunes acteurs guère performants et peu crédibles et ne parvenant pas à faire passer la moindre émotion, ne s’avère pas trop préjudiciable de ce contexte puisqu’ils ne sont considérés que comme du bétail destiné à être recyclé d’une façon très immorale. La mise en scène, qui avance hélas parfois un aspect télévisuel peu plaisant, se veut efficace, avec cette caméra toujours en mouvement renforçant ainsi l’aspect "snuff" du film. Les effets spéciaux sont globalement probants, et si certains trucages sont trop visibles, on ne pourra pas leur reprocher d’être timides, tant le sang gicle abondamment au cours du film, tout en laissant certains plans suivre de près les mutilations commises par ce bourreau charismatique.

Live feed est une agréable surprise malgré son côté superficiel et son manque de moyens parfois flagrant, grâce à sa générosité dans sa partie sanglante et son personnage central, nouveau trublion digne d’appartenir au bestiaire des plus "beaux" tueurs du cinéma horrifique !

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