Critique de film

Les Vierges de Satan

"The Devil's Bride ET The Devil Rides Out"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Sorcellerie
  • Année de production : 1968
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Terence Fisher
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h36
  • Scénariste : Dennis Wheatley (roman), Richard Matheson
  • Musique : James Bernard
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Christopher Lee, Charles Gray, Nike Arrighi, Leon Greene, Patrick Mower, Gwen Ffrangcon Davies, Sarah Lawson, Rosalyn Landor, Paul Eddington,...
  • Récompenses : Aucune

Le duc de Richleau s'oppose à une secte satanique qui veut sacrifier sa nièce.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les vierges de Satan - Pour les groupies de Fisher
Par : Quentin Meignant




Avant d’entamer une oeuvre comme Les vierges de Satan, il est bon de s’assurer que le titre original en est bien l’équivalent français. En effet, nombre de distributeurs aiment intercaler le mot « vierge » dans le titre, histoire d’attirer curieux et pervers érudis. Après Christina, princesse de l’érotisme, le film de Jess Franco transformé en Une vierge chez les morts-vivants, Les vierges de Satan paraît donc être la nouvelle supercherie des distributeurs. Le titre original, The Devil’s Bride, vient en effet démentir la présence de quelque pucelle dans l’oeuvre et, mieux, résume à merveille le synopsis du film. Le duc de Richleau s’oppose à une secte satanique qui veut sacrifier sa nièce mais celle-ci entretient une liaison télépathique avec le chef de la secte mais aussi avec le Diable en personne. Ce scénario, tout droit tiré d’un roman de Dennis Wheatley (Le peuple des abîmes), a été adapté pour l’occasion par le grand, l’immense, Richard Matheson (Le survivant, Je suis une légende). Avec aux commandes un Terence Fisher, qui, deux ans plus tôt, avait éclaboussé le monde entier avec son chef-d’oeuvre Dracula, Prince des ténèbres, l’oeuvre promettait d’être un véritable régal.

Comme de fait, les premiers instants de l’aventure enchantent véritablement la pellicule après un générique, constitué des différents signes astrologiques, qui restera dans les annales. A grands coups d’une bande originale suscitant le mystère, Fisher étale la profondeur d’une oeuvre couchée sur le papier par Weathley et travaillée par Matheson. Le propos est clair et étalé en long et en large durant une première demi-heure qui, même si elle manque de rythme, offre un véritable feu d’artifice documenté. Après une séquence d’auto-strangulation d’une efficacité extrême et une scène de bagarre bien ancrée dans son temps qui rappelle les premiers James Bond, le film entre de plein pied dans l’aventure proprement dite, c’est-à-dire le sauvetage d’une nièce peut-être déjà perdue.

S’enchaînent alors des moments de grand trouble où Fisher installe petit à petit une ambiance cauchemardesque tout en déclinant toujours plus le thème des sectes et de leurs traditions. Malgré un aspect assez répétitif (le nombre de séances d’hypnose est presque incalculable) et une lenteur toujours présente, le cinéaste parvient à tirer le meilleur parti des éléments qu’il s’est échiné à mettre en place : les héros se retrouvent acculés, pris au piège d’une force maléfique venue chercher son dû. Cette ambiance oppressante à la limite du traumatisme, vient quelque peu rehausser la tension de l’oeuvre jusqu’à un dénouement assez décevant. Alors que Fisher avait privilégié une vision sombre et négative durant tout le film, il offre un happy end aussi long qu’ennuyeux, y allant à gros coups d’explications abracadabrantes.

La déception est donc tout de même de mise pour un film qui avait jusque là démontré sa richesse thématique. Même si le manque de rythme pourrait en rebuter certains, Fisher signe là un oeuvre estimable qui est à mettre en bonne place dans le palmarès de la Hammer. Elle se destine avant tout aux fans de la société de production britannique qui trouveront en elle tous les éléments qui firent la gloire du cinéaste.

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