Critique de film

Poupées (Les)

"Dolls"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1987
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Stuart Gordon
  • Pays d'origine : États-Unis
  • Durée : 77 minutes
  • Budget : 12 millions de dollars
  • Scénariste : Ed Naha
  • Musique : Fuzzbee Morse et Victor Spiegel (thème des poupées)
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ian Patrick Williams, Carolyn Purdy- Gordon, Carrie Lorraine, Guy Rolfe, Hilary Mason, Bunty Bailey, Cassie Stuart, Stephen Lee
  • Récompenses : Meilleurs effets spéciaux au Fantafestival de 1987.
    Nomination au Young Artist Award de la meilleure jeune actrice dans un film d'horreur pour Carrie Lorraine en 1988.

Un soir d'orage, une fillette, son père et sa seconde épouse (une femme riche qui déteste sa belle-fille) trouvent refuge dans une vieille maison occupée par un vieux couple plutôt étrange, les Hardwicke. Le vieil homme est un fabricant de poupées et de pantins et la maison est pleine de ces figurines de porcelaine ou de bois. Trois autres personnes viennent à leur tour s'abriter chez les Hardwicke : un homme au tempérament plutôt enfantin et deux filles punk, lesquelles font rapidement main basse sur tous les objets qui leur plaisent dans la maison. Mais ce soir-là, les poupées vont bientôt se révèler comme étant possédées, agressives, violentes : vivantes !

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les poupées - Ca te la coupe, poupée ?
Par : Damien Taymans


Un an avant l’apparition de Chucky, figure emblématique des poupées tueuses, Stuart Gordon signait Dolls, son troisième long métrage pour la boîte de production Empire de Charles Band (qui deviendra avec le temps un passionné des films sur le thème avec notamment la franchise des Puppet master) et sous la houlette de Brian Yuzna. Les deux précédents opus du réalisateur, Re-Animator et From beyond, étalaient volontiers un mauvais goût prononcé et s’avéraient être des perles d’humour noir sanguinolentes.

Les poupées arbore un apanage plus civilisé et s’affiche comme un métrage plus élégant que les deux précédents. La trame assez classique permet un plongeon dans les films d’époque avec ce qu’il faut de personnages typés et une sombre bicoque aux allures gothiques. Une fillette, accompagnée de son père et de sa marâtre, se retrouvent bloqués sur une route de campagne et décident d’aller se réfugier dans un manoir avoisinant. Les propriétaires, un vieux couple de fabricants de jouets, les accueillent à bras ouverts et leur proposent de passer la nuitée au chaud.

Gordon est un amateur de films d’horreur. Il en connaît toutes les ficelles et en a déjà usé et abusé dans ses deux œuvres antérieures. Du coup, les clichés prennent une autre dimension dans ses films. Les conventions ont une saveur particulière. Poussant les poncifs à l’extrême, le réalisateur présente un panel de personnages mal définis psychologiquement mais savoureusement cadrés selon une conception manichéenne banalissime. D’un côté, les méchants : le père qui hait sa fille, la belle-mère qui n’a de cesse que de la rejeter, les deux donzelles maquillées comme Paris Hilton et fringuées comme David Bowie. De l’autre, les gentils : la petite Judy mignonne comme un cœur et Ralph, adulte aux croyances très enfantines.

Les deux clans cernés, le territoire implanté (c’est simple : des poupées partout dans une baraque qui ressemble à une énorme maison de poupées), l’intrigue peut reprendre ses droits. Et le massacre opéré par les poupées commence. Bien loin de partir dans des effusions gores comme c’était le cas dans le délire d’Herbert West, le métrage se contente d’aligner certaines scènes de bon acabit qui donnent lieu à quelques meurtres sympathiques sans tomber pour autant dans le grand-guignolesque. Une cheville sciée par ici, quelques engins balistiques envoyés par là-bas, artifices minimes qui permettent tout de même aux jouets acariâtres de nourrir leur vengeance à l’égard de ces pitoyables adultes qui ne croient pas en eux. Entre deux, les sempiternelles explications de la fillette qui tente de convaincre tant bien que mal les adultes que les poupées sont animées. Esquintant la redondance de la chose, Gordon recourt à des dialogues savoureusement détournés et transformés en sous-entendus équivoques et emplis de jeux de mots et doubles sens effarants.

Et Gordon, en chef d’orchestre exceptionnel, de nous offrir un final moralisateur pour nous démontrer l’importance de conserver son âme d’enfant envers et contre tout, sous peine de se voir infliger une amende pour excès de vieillesse. Les poupées se décline en fin de compte comme un sombre conte de fées au sein duquel les adultes corrompus sont punis et les enfants innocents épargnés.

Sans être un chef-d’œuvre intégral (ben oui, c’est jamais qu’un film avec des trucs en plastique qui tuent quoi !), Les poupées sauve l’honneur grâce à la mise en scène particulière de Gordon et son ton décalé qui sied si bien à Charles Band et sa bande.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage