Critique de film

Mémés cannibales (Les)

"Rabid Grannies"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique, Troma
  • Année de production : 1988
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Emmanuel Kervyn
  • Pays d'origine : Belgique, France, Pays-Bas
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Emmanuel Kervyn
  • Musique : Jean-Bruno Castelain, Pierre-Damien Castelain
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Catherine Aymerie, Caroline Braeckman, Richard Cotica, Danielle Daven, Patricia Davia, Robert Du Bois, Florine Elslande, Anne-Marie Fox, Franklin Steward Granvel, Paule Herreman, Françoise Lamoureux, Elie Lison,...
  • Récompenses : Nominé comme Meilleur Film à Fantasporto en 1990.

Victoria et Elisabeth sont deux vieilles tantes comme on les aime : adorables, attentionnées, douces et pleines aux as ! Pour leur anniversaire, elles organisent un grand repas où toute la petite famille débarque, prête à tout pour toucher le futur héritage. C'est là que les choses se compliquent et que les vieilles tantes sont victimes d'un sortilège.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les mémés cannibales - Délire tromato-belge !
Par : Quentin Meignant








Les mémés cannibales, un Troma… belge ! La chose est assez rare que pour être soulignée et, pour une métrage issu de notre petit pays, être nominé comme meilleur film à Fantasporto (en 1990), cela devient une chose exceptionnelle, une petite curiosité du genre à découvrir au plus vite. Qui aurait cru cette consécration pour Emmanuel Kervyn, illustre inconnu qui n’a à son actif que l’obscur G’Dar et le présent Mémés cannibales ? L’homme a en effet complètement disparu depuis et n’a plus rien offert aux fans de cinéma si ce n’est une modeste apparition dans le Kickboxer 2 d’Albert Pyun.

Dès le départ en tout cas, l’œuvre de Kervyn sent bon la blague de potache. Le ton léger donné par un générique totalement ridicule, rythmé par une musique d’église et le jeu affligeant de Robert Du Bois, acteur amateur de son état. Certes, il n’est pas évident pour tout le monde de trouver un côté comique à ces acteurs qui en font des tonnes et hurlent comme des putois toutes les deux secondes, mais force est de constater que les zygomatiques sont largement mis à contribution.

Nous assistons ainsi à la présentation très lente de chacun des personnages, neveux et nièces ratés et vénaux de vieilles aristos. Entre le curé vicieux, la vieille fille pleureuse, le chef d’entreprise énorme, le beau gosse étourdi et les lesbiennes en chaleur, elles sont servies nos deux braves mémés !

Les tensions entre les protagonistes donnent alors lieu à des scènes d’un humour merveilleux et à des dialogues clairement réussis. « Vieille fille, enlève la toile d’araignée de ton cul et va te faire mettre », réplique savoureuse s’il en est qui témoigne de cette légèreté de tous les instants et de la profondeur des réflexions métaphysiques du métrage.

On nous présente aussi une publicité pour une arme, œuvre de l’un des neveux : « Le Goldgun est au service d’Allah. Avec une seule pression, le Goldgun vous aide à tuer vingt infidèles. Fidèle à la guerre sainte, le Goldgun est fait pour vous ». L’irrévérence dont fait preuve le film en devient alors tout simplement jouissive et c’est dès cet instant que l’on comprend le but de Kervyn : nous amuser, ni plus ni moins. Dès lors, il est certain que l’histoire horrifique passe totalement au second plan, noyée sous des marées d’humour délirant.

Le seul cousin absent, chef d’une secte maléfique, envoie un présent aux vieilles tantes afin qu’elles se transforment en monstres sanguinaires. Sans être spécialement efficaces, ces éléments purement horrifiques vivifient un peu une histoire qui se serait bien vite endormie. On assiste alors à une douce horreur plus délirante qu’autre chose.

Nos vieilles tantes déciment leurs vautours de neveux, ce qui donne lieu à quelques scènes jouissives, comme lorsque Victoria engloutit sa petite-fille tout en lançant une jambe à la mère de cette dernière. La forme n’a, à vrai dire, que très peu d’importance et l’on n’en veut même pas à Kervyn pour ses effets gores quasi inexistants et sa mise en scène totalement chaotique. Par contre, le réalisateur marque de gros points au niveau du fond de son histoire, en nous faisant rire grassement d’un humour « mi-belge mi-troma » (vous saisissez le mélange ?)

Nous offrant même un petit twist final bien sympathique qui appelle un deuxième épisode (hélas jamais tourné), Kervyn sera arrivé à ses fins : nous faire rire avec très peu de moyens et avec un panel d’acteurs amateurs au jeu aberrant. Vive la Belgique, vive les Tromas, rire fait décidément vraiment beaucoup de bien !

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