Critique de film

Les Evadés de Shawshank

"The Shawshank Redemption"
affiche du film
  • Genre : Drame
  • Année de production : 1994
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Frank Darabont
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h22
  • Budget : 25 millions de dollars
  • Scénariste : Stephen King (nouvelle) / Frank Darabont (scénario)
  • Musique : Thomas Newman
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Tim Robbins, Morgan Freeman, Bob Gunton, William Sadler, Clancy Brown, Gil Bellows
  • Récompenses : Nominé aux Oscars du Meilleur acteur (Morgan Freeman), Meilleure photgraphie, Meilleur montage, Meilleure musique, Meilleures images, Meilleur son et Meilleur scénario en 1995
    Nominé aux Saturn Awards du Meilleur thriller et du Meilleur scénario en 1995
    Prix du Meilleur film étranger � l'Académie Japonaise en 1996
    Chlotrudis Award du Meilleur acteur (Morgan Freeman) en 1995
    Nominé au Chlotrudis Award du Meilleur acteur (Tim Robbins) en 1995
    Nominé au DGA Award du Meilleur réalisateur en 1995
    Nominé aux Golden Globes du Meilleur scénario et Meilleur acteur dans un drame (Morgan Freeman) en 1995
    Prix Studio Crystal Heart du Meilleur réalisateur en 1995
    Hochi Film Award du Meilleur film étranger en 1995
    Humanitas Prize du Meilleur film en 1995
    Kinema Junpo Award du Meilleur film étranger en 1995

En 1947, Andy Dufresne, un jeune banquier, est condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa femme et de son amant. Ayant beau clamer son innocence, il est emprisonné à Shawshank, le pénitencier le plus sévère de l'Etat du Maine. Il y fait la rencontre de Red, un Noir désabusé, détenu depuis vingt ans. Commence alors une grande histoire d'amitié entre les deux hommes.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les évadés - Darabont nous offre un peu d’évasion
Par : Damien Taymans


Première adaptation kingienne réalisée par Frank Darabont, Les évadés reste à ce jour son meilleur apport au niveau cinématographique. A l’aise lorsqu’il s’agit de transposer sur écran l’œuvre du maître de l’horreur, Darabont réussit un véritable tour de force en s’attaquant à l’histoire de ces prisonniers de Shawshank (Maine). Tour de force puisque réaliser un drame se déroulant en milieu carcéral est de suite assailli de reproches de la part des critiques qui y voient soit un film moralement inintéressant qui n’ose jamais donner son point de vue soit un récit flagorneur et démagogique qui dépeint de manière grotesque la vie en prison sans jamais prendre la peine de se dire que « quand même, c’est normal, ils l’ont mérité ces vilains meurtriers ! ».

Les évadés évite soigneusement tous ces écueils en ne se positionnant qu’assez rarement en faveur de l’un ou l’autre de ces discours. Avant d’être un tableau sur le milieu carcéral, le film est avant tout une histoire humaine qui unit deux personnages hauts en couleur à l’écran comme au sein de l’œuvre : Red (Morgan Freeman) et Andy Dufresne (Tim Robbins). Le métrage aborde effectivement les aspects les plus redoutables de la vie en prison (les sodomies perpétuelles, la privation de liberté, les matages des gardiens et la survie de chaque homme dans cet environnement hostile) et ne fait pas que les esquisser d’un revers de main. Darabont approfondit chacun de ces aspects avec tempérance et intelligence. Mais le réalisateur marque de son empreinte le spectateur par la tournure humaniste qu’il donne à son film, reléguant les difficultés quotidiennes au second plan au profit de ces moments de vie inoubliables, ces petites touches qui confortent l’homme dans l’idée philosophique du « carpe diem ».

La prison est un acteur à part entière au sein de l’intrigue. Celle-ci phagocyte la majeure partie de la vie des incarcérés au point de les institutionnaliser (comme le prouve le magnifique passage de la sortie du bibliothécaire). Dès lors, pour reprendre les termes de Red, il convient de s’occuper l’esprit pour survivre. Les points de vue des deux amis s’opposent sur cette donnée : Andy rêve de fuite et bâtit des châteaux en Espagne en imaginant une évasion tandis que Red, persuadé que toute fuite est impossible, préfère ignorer toute utopie et se laisser institutionnaliser par ces murs poussiéreux. Deux avis divergents qui n’empêchent pourtant pas les deux hommes de se rejoindre et de nourrir ensemble les mêmes rêves, l’un par l’appropriation, l’autre par le déni. Au final, plus qu’une simple réflexion sur les relations humaines, Les évadés est une introspection dirigée qui conduit aux existentialistes les plus virulents (Sartre, Kierkegaard). La meilleure manière d’échapper à la mort est de trouver une raison de vivre aurait entonné les émules sartriens. Darabont nous enseigne à son tour comment éviter la facilité en retournant aux principes profondément humains, quitte à exploser toutes les règles et loi morales.

Malgré des propos de plus en plus larmoyants vers la fin, Les évadés constitue l’une des meilleures adaptations des œuvres de Stephen King. Précis, sincère et vrai, le métrage n’emprunte pas toutes les circonvolutions dont les drames hollywoodiens sont habituellement dotés mais va droit au but en livrant le meilleur de lui-même. Une œuvre essentielle…

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