Critique de film

Les Visiteurs - La Révolution

"Les Visiteurs - La Révolution"
affiche du film
  • Genre : Comédie
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h50
  • Musique : Eric Levi
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française... Plus précisément, la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu'à un fil.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Visiteurs 3 : La révolution - Il a été changé en boule de merdasse
Par : Seb Lecocq

Ramener à la vie une vieille gloire n’est pas toujours une bonne idée, il suffit de le demander au Docteur Herbert West. Mais non, Jean-Marie Poiré a voulu le prouver de la plus terrible des façons en signant ce qui restera ni plus ni moins que l’une des plus innommables purges vues sur un écran de cinéma. Tout style, toute époque et tout continent confondus. Les Visiteurs - La Révolution n’est pas un désastre industriel, il est encore bien plus que ça. Il est le symbole de la crise et du cynisme dans lesquels se complait le cinéma populaire français. Si Les Visiteurs et, dans une moindre mesure, sa suite, avaient, à leur manière, marqué l’histoire du cinéma français, le troisième volet n’est rien de plus que le reniement de tout cela. Un reniement total et absolu. Les Visiteurs - La Revolution n’est pas un film, c’est une abomination.

Il est rare de ne parvenir à rien sauver d’un métrage, on trouve toujours l’une ou l’autre chose à mettre en lumière, ce qui est mission impossible pour le coup. Absolument tout est marqué du sceau du je-m’enfoutisme le plus total et de l’amateurisme le plus putassier. Ce projet tout entier est l’œuvre d’une bande de Jeanfoutres de la plus basse exaction dont le seul plaisir est celui de nuire. Comment peut-on à ce point gâcher son propre travail ? Telle est la question que tout le monde se pose à le vue de la chose commise par le duo Clavier/ Poiré. Le scénario, si l’on peut appeler « scénario » la vague trame qui sert de fil conducteur à cette immondice pelliculée, ressasse minablement les gags et les temps forts des premiers films en jouant tristement sur les codes de La Révolution. Énorme erreur, tant le succès des Visiteurs doit beaucoup au décalage entre ces ribauds médiévaux et sa bourgeoise descendance moderne. Le gap temporel entre les deux époques est une source intarissable de gags, savamment exploités par Poiré en 1993. Ici, il n’en n’est rien, les us de 1789 ne sont, finalement, pas si éloignés que ça de ceux de l’an de grâce 1076 et le décalage ne fonctionne jamais. A aucun moment on ne rit ni ne sourit. Jamais le moindre rictus si ce n’est un bâillement d’ennui, un juron de colère ou un frisson de honte qui nous parcourt l’échine lorsque Jacqouille essaie pour la trente-sixième fois de faire fonctionner une vanne qui ne marche jamais. On n’a rien entendu de plus triste que le « Houraaaaa ! c’est plus laïque » rabâché ad aeternam par un Jacqouille gras et bouffi tandis que Jean Reno l’observe en ne faisant même pas l’effort d’y croire juste une seconde. Dans son regard, on sent que lui aussi a compris l’ampleur du désastre.

Le reste du casting, pourtant hyper bankable (Dubosc et Abittan, ça ramène des picaillons), se débat mollement au milieu de ce fatras d’inepties. Le seul à sembler surnager est Alex Lutz qui, lui, n’a rien à se reprocher, il fait ce qu’il peut avec les maigres armes qui lui sont données. La mise en scène ne brille que par son absence. Poiré avait développé une technique de réalisation anarchique et chaotique basée sur le rythme, la focale ultra-courte, le grotesque des angles choisis et, aussi, des faux raccords en pagaille, cela n’était certes pas académique mais avait le mérite d’emmener l’entreprise sur un rythme effréné, ultra-dynamique et abrutissant.

Les personnages sont à l’avenant. Robespierre, vu par Clavier, est un tortionnaire sanguinaire juste bon à couper des têtes par centaines. Il sera au centre de la grande scène du film qui fait passer le gag le plus gras d’Alvaro Vitali pour un parangon de finesse. Ce troisième volet est une grosse trace de pet laissée sur l’héritage des Visiteurs. Il est inutile de continuer cette litanie de doléances longue comme un jour sans pain plus longtemps : Les Visiteurs III est une sombre merdasse qui ne vaut même pas la bile déversée dessus.


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