Critique de film

Les Sorcières de Zugarramurdi

"Las Brujas de Zugarramurdi"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Fantastique
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Musique : Joan Valent
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Trois braqueurs d'un magasin d'or de la Puerta del Sol à Madrid, en fuite vers la frontière française, vont se réfugier par erreur dans la ville de Zugarramurdi, haut lieu de la sorcellerie, à la veille d'une très importante réunion de milliers de sorcières...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Sorcières de Zugarramurdi - La Vénus de Zugarramurdi
Par : Samuel Tubez


Merveilleusement accueillie lors du dernier BIFFF où elle était en compétition (grappillant lors de son passage le Corbeau d’or et le Prix du public), la dernière « pelicula de Alex de la Iglesia » se penche, une fois de plus sous le couvert de la grosse farce, sur les relations hommes-femmes, faisant de ses « witches » de véritables « bitches » donnant bien du fil à retordre à une bande de mâles en cavale. La guerre des sexes aura un goût de pourriture !

Suite à un braquage agité, José, jeune père divorcé, et son complice Tony, un dragueur invétéré, prennent la fuite avec un chauffeur de taxi ainsi que Sergio, le fils de José, vers la frontière française. Débarquant en pleine nuit dans le village de Zugarramurdi, le groupe trouve refuge dans la demeure de sorcières particulièrement excitées à l’idée d’accueillir ces hommes. Mais ce que ces derniers ignorent, c’est que cette obscure communauté se prépare à un rituel ancestral dont ils sont le plat de résistance. Alors que le sabbat s’organise, les forces de l’ordre mais aussi l’ex-femme de José s’approchent du village, ignorant ce qui les attend.

Moins virtuose que sur ses derniers films, Alex de la Iglesia opte pour une hystérie quasi constante proche de ses premières bobines, Action mutante en tête, pour offrir un pur divertissement iconoclaste. Suite à une très nerveuse et parfaitement maîtrisée scène de braquage en guise d’introduction, le réalisateur mène son film tambour battant, ne laissant que peu de répit aux spectateurs en en rajoutant toujours une couche dans l’humour vache et les aberrations surréalistes. Une générosité qui pourra en gaver plus d’un, surtout que le cinéaste y va avec ses gros souliers, alignant les gags misogynes et caricaturaux comme pour mieux dynamiter cette guerre des sexes envoutée. Car loin de se contenter de livrer une comédie noire sans fond, l’ibère piétine une fois de plus quelques institutions, à commencer par le fanatisme religieux et la cause féministe. Pour ne rien gâcher, il s’est entouré d’un casting diaboliquement ensorcelant d’où ressortent les prestations de sa muse Carolina Bang, une fois de plus incroyablement sexy et dangereuse en amoureuse possessive ou Carmen Maura, qui s’amuse comme une folle dans un double-rôle délicieusement machiavélique. Une hystérie totalement communicative, qui s’avère roborative à plus d’un titre et ne pète jamais plus haut que son fondement. Parfois, il n’en faut pas plus au fantasticophile averti pour passer un agréable moment et, si le film s’avère si bordélique et abracadabrant, sacrifiant même son plus gros (dans tous les sens du terme) effet visuel sur l’autel du numérique cheap, c’est pour mieux, finalement, être en osmose avec ses irrésistibles sorcières délurées que rien n’arrêtent.

Alex de la Iglesia profite de ses sorcières pour livrer une guerre des sexes poussive mais totalement folle et généreuse à plus d’un titre. Par-ci par-là son impétueuse virtuosité fait irruption entre deux hystéries collectives dont il a le secret depuis Action Mutante. Ce réalisateur-là est définitivement fou…et sa folie est incroyablement communicative !


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