Critique de film

Sorcières (Les)

"The Witches"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Sorcellerie
  • Année de production : 1966
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Cyril Frankel
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Norah Lofts (roman), Nigel Kneale
  • Musique : Richard Rodney Bennett
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Joan Fontaine, Kay Walsh, Alec Mccowen, Ann Bell, Ingrid Boulting, John Collin, Michele Dotrice,...
  • Récompenses : Aucune

Gwen Mayfield enseigne en Afrique dans une école de missionnaires. Aprés avoir été envoûtée par un sorcier, elle fait une dépression nerveuse. Afin de surmonter son traumatisme, elle accepte un poste d'enseignante dans un petit village de la campagne anglaise. Mais les apparences sont trompeuses : une série d'événements lui font redouter que certaines personnes des environs ne pratiquent la magie noire...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Sorcières - Rites de pacotille
Par : Quentin Meignant




Dans l’ombre des Terence Fisher, Val Guest, John Gilling et autres Peter Sasdy, cinéastes phares de feue la puissante société de production britannique Hammer, il existe quelques réalisateurs moins connus qui proposèrent en leur temps des œuvres atypiques et populaires. Cyril Frankel fait indéniablement partie de ces artisans qui firent germer, par le biais de films moins ambitieux, l’esprit Hammer. A ce titre, Les Sorcières fait office d’œuvre presque inconnue qui ne doit sa publication DVD qu’à la renommée de la société de production. Le film narre l’histoire de Gwen Mayfield, enseignante traumatisée par l’issue cauchemardesque de son séjour en Afrique, qui croit enfin avoir trouvé le poste parfait dans un village reculé d’Angleterre. Mais les apparences sont trompeuses : des villageois s’adonnent visiblement à la magie noire.

Après une première séquence exotique rythmée par les bruits de tam-tam et par une sorcellerie africaine très low budget dans sa déclinaison, le métrage s’ancre directement dans le sujet principal du film. Sans détour, Frankel plante le décor d’un village champêtre et idyllique. La photographie campagnarde donne une réelle plus-value à un ensemble qui gagne petit à petit en tension. Finement, le réalisateur instille un sentiment claustrophobique dans ce paysage à ciel ouvert. Même si le score, digne de Mary Poppins, n’est pas toujours en rapport avec le sentiment d’angoisse qu’essaie d’élaborer Frankel, l’intrigue se développe admirablement. Procédant par des séquences anodines (dépeçage d’un lapin, chat espion,…), le cinéaste parvient véritablement à offrir un climat tendu à l’ensemble. Le côté maléfique de la petite communauté se révèle dès lors bien vite, donnant lieu à des scènes de vaudoo et à des décès en tous genre, menant les protagonistes à un état proche de la folie.

Joan Fontaine ne bénéficie que très peu de cette tension tant son jeu paraît terne et sans envie. Alors que la première partie s’achève par un drame, le film entre dans une phase beaucoup plus lente en rupture totale avec les scènes qui précédaient. Dès cet instant, il n’est plus question d’une quelconque ambiance anxiogène et le récit suit son cours de manière mollassonne et prévisible. Du film de sorcellerie pur et dur, Frankel passe donc à une pseudo-aventure, une lutte contre l’amnésie desservant totalement l’ensemble du propos. C’est ainsi que le métrage se dirige tout droit vers un final tiré en longueur à la chorégraphie ridicule. Un happy end programmé depuis de longues minutes se fait alors jour dans un capharnaüm qui sent fortement le bâclage.

Frankel signe donc avec Les Sorcières un film très décevant. Alors que, dans sa première partie, le métrage fait preuve de la clairvoyance des meilleures productions Hammer, la suite des événements se vautre lamentablement dans une médiocrité incroyable. Dommage car, décidément, ce village avait tout pour nous faire frémir et, pourquoi pas, préfigurer le magnifique The Wicker Man, réalisé sept ans plus tard par ce bon Robin Hardy.

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