Critique de film

Les dents de la mer 3

"Jaws 3-D"
affiche du film

Michael Brody et Sean Brody, les deux fils du chef de la police Martin Brody de la ville plaisancière d'Amytiville, ont bien grandis. Après que leur père ait affronté deux fois la terreur des mers, le Grand Requin Blanc, une espèce animale mangeuse d'hommes de plus de sept mètres de long, ils se sont installés en Floride où ils travaillent pour un célèbre parc aquatique englouti dans la mer, dirigé par Calvin Bouchard. Peu de temps après l'ouverture du parc, l'équipe récupère dans les fonds marins un bébé requin qui meurt sur les tables du laboratoire scientifique du parc. La mère du requin veut récupérer son petit, et elle sait qu'il se trouve quelque part dans le parc. Celle-ci décide donc de passer à l'attaque et de détruire le Sea World...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Dents de la mer 3
Par : Fred Pizzoferrato




Après le succès des Dents de la mer - deuxième partie (qui fit 40% des recettes de l’original, un très bon score qui instaura le système de la séquelle à outrance durant les années 80), l’idée d’un troisième volet s’impose d’elle-même et les trublions du National Lampoon’s écrivent un traitement parodique (Jaws : 3 – People : 0) qui retient l’attention de Joe Dante, auréolé du succès de Piranhas, considéré comme la meilleure imitation du film de Spielberg. Mais, en plein revival de la 3-D, la Universal souhaite exploiter ce procédé, alors en vogue dans le cinéma horrifique (Vendredi 13 – Meurtres en trois dimensions et Amityville 3D) et envisage un remake de L’Etrange créature du lac noir avant d’opter pour une deuxième suite à leur plus grand succès, Les Dents de la mer. L’écrivain de science-fiction Richard Matheson rédige un script convaincant après un premier jet livré par Guerdon Trueblood, auteur des téléfilms The Savage bees et Tarantula, le cargo de la mort . Hélas, de réécritures en modifications diverses (effectuées par Carl Gotlieb, scénariste du premier film) le film terminé n’a plus grand-chose à voir avec le concept original de Matheson.

Michael et Sean Brody, les enfants du chef de la police d’Amity, travaillent dans un immense parc d’attractions maritime floridien nommé Sea World, dirigé par un certain Calvin Bouchard. « Le royaume sous-marin », une nouvelle et gigantesque attraction constituée de corridors permettant d’explorer les fonds océaniques en toute sécurité, s’apprête à ouvrir ses portes mais un plongeur disparaît juste avant l’inauguration. Le responsable serait un requin. Michael Brody et sa copine capturent ensuite un bébé squale qu’ils décident de garder dans les bassins du Sea World avant que sa mère, un Grand Blanc de plus de dix mètres, revienne à la charge…

Réalisateur de seconde équipe sur les deux premiers volets de la saga, Joe Alves est promu metteur en scène de ce troisième épisode. Ce sera son unique réalisation, l’échec critique du métrage ayant tué dans l’œuf ses prétentions artistiques. Au casting, le débutant Dennis Quaid incarne Michael Brody, Roy Scheider ayant sagement refusé de reprendre son rôle (celui du chef de la police dont nous apprenons le décès) une troisième fois. A ses côtés, Bess Armstrong (qui par la suite se consacra quasi exclusivement à la télévision), Louis Gosset Jr. (la tétralogie Aigle de fer) et Lea Thompson (Retour vers le futur) complètent une distribution au mieux passable et, au pire, franchement mauvaise. Difficile, cependant, de blâmer les comédiens, peu aidés par la bêtise abyssale des dialogues et la médiocrité de la plupart des scènes qui versent dans la parodie involontaire et le ridicule.

Envisagé pour la troisième dimension, Jaws 3-D abuse du procédé et expédie de nombreux objets et autres bouts de décor vers le spectateur. Malheureusement, exploité sans discernement, le relief se montre rapidement épuisant et visionné « en plat » (le film est de toute manière très plat !), la médiocrité des effets spéciaux et la bêtise de leur utilisation handicape immédiatement cette seconde séquelle.
Néanmoins quelques éléments intéressant sauvent, de justesse, Les Dents de la mer 3 de la nullité. Quoique mal exploité, le concept du parc d’attractions aquatique demeure intéressant et permet l’une ou l’autre séquence de panique bien gérées. Si le squale se montre pingre sur le nombre de victimes, ses attaques gardent une relative efficacité et contrastent avec le reste du film, d’une rare mollesse et dépourvu du moindre rythme. L’essentiel de la projection est, en effet, dévolu à de stériles palabres dont l’intérêt voisine avec le zéro absolu.

A l’époque massacré (avec raison) par les critiques, Les Dents de la mer 3 s’est paré aujourd’hui d’un certain charme nostalgique perceptible à tous ceux qui l’ont découvert durant leur prime adolescence à la télévision. Cette seconde séquelle se regarde d’un œil distrait mais ne peut aucunement soutenir la comparaison avec les deux volets précédents. Toutefois, après des dizaines de téléfilms et autres "direct to video" désastreux produits par Nu Image, Asylum et autres, difficile de se montrer trop sévère devant ce film relativement divertissant que l’on peut à présent, grâce au Blu-ray, redécouvrir en 3D.


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