Critique de film

Les Boxtrolls

"The Boxtrolls"
affiche du film
  • Genre : Animation, Aventure, Fantastique
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h37
  • Budget : 60 millions de dollars
  • Musique : Dario Marianelli
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Les Boxtrolls est une fable qui se déroule à Cheesebridge, une ville huppée de l’époque victorienne, dont la principale préoccupation est le luxe, la distinction et la crème des fromages les plus puants. Sous le charme de ses rues pavées, se cachent les Boxtrolls, d’horribles monstres qui rampent hors des égouts la nuit pour dérober ce que les habitants ont de plus cher : leurs enfants et leurs fromages. C’est du moins la légende à laquelle les gens de Cheesebridge ont toujours cru. En réalité les Boxtrolls sont une communauté souterraine d’adorables et attachantes créatures excentriques qui portent des cartons recyclés comme les tortues leurs carapaces. Les Boxtrolls ont élevé depuis le berceau un petit humain orphelin, OEuf, comme l’un des leurs, explorateur de décharge et collectionneur de détritus mécaniques.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Boxtrolls - Magic little boxes
Par : Samuel Tubez


La nouvelle merveille réalisée en stop motion par le studio Laika (Coraline, Paranorman) repousse une fois de plus les limites de l’animation image par image en proposant un conte aussi réjouissant que techniquement impressionnant. Pourtant, le succès n’est pas au rendez-vous, les foules préférant aller bouffer de la pizza avariée avec leurs gamins plutôt que déguster ce mets de choix.

Les boxtrolls sont des créatures vivant dans les égouts qui sortent la nuit pour farfouiller les poubelles et dérober les vieilles breloques des habitants de Cheesebridge. Inoffensives, elles sont pourtant les victimes d’une véritable chasse aux sorcières suite à la disparition d’un bébé qu’elles auraient soit disant dévoré. Mais il n’en est rien puisque le bambin en question, surnommé « Œuf », a été recueilli et élevé par les boxtrolls au point qu’il est devenu l’un des leurs. Alors que les créatures sont sur le point d’être complétement éradiquées, Œuf tente tout pour convaincre les habitants de Cheesebridge que les véritables monstres ne sont pas forcément ceux qu’ils croient être.

Même si le message sur la tolérance et la peur de l’inconnu ici présent a déjà été maintes fois visité, Les Boxtrolls possède suffisamment de style pour sortir du lot. Techniquement et artistiquement d’abord, le film est époustouflant, proposant une richesse visuelle infinie ainsi qu’une animation incroyablement fluide (L’étrange Noël de Mr Jack c’est quasiment de la préhistoire à côté !). On est loin de la simple pâte à modeler et des marionnettes à l’ancienne, les personnages et créatures des Boxtrolls subissant des transformations surprenantes (les crises d’allergie du méchant) et se mouvant avec une facilité déconcertante. Malgré l’univers un tantinet sombre ici montré, la magie opère donc une fois de plus pour les petits comme les grands. D’autant que malgré le message « simpliste » évoqué plus haut, le film de Graham Annable et Anthony Stacchi adopte un ton ironique constant où il est notamment question de la manipulation des masses, ce qui est particulièrement savoureux à l’heure où les autres films d’animation se ressemblent tous (vivement Les pingouins de Madagascar !). Une belle dose de subtilité traverse ainsi le film, que ce soit par le biais des agissements du vrai méchant de l’histoire (parfaitement réussi) ou les questionnements de ses faire-valoir. Ces derniers nous réservent d’ailleurs une séquence dans le générique final qui résume à elle seule la pertinence et la conscience dont font preuve les artistes derrière ce nouveau divertissement en tous points délectable.

Les œuvres du studio Laika ne sont hélas pas des succès au box-office. Pourtant, elles sont à chaque fois de véritables perles de l’animation. Les Boxtrolls est de cette trempe, à savoir une réussite technique, artistique, mais aussi réflexive (du moins pour ceux et celles qui pourront en décoder le(s) message(s) sous-jacents), capable de séduire les petits comme les grands. Un régal.


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