Critique de film

Voleur de Bagdad (Le)

"The thief of Bagdad"
affiche du film
  • Genre : Aventure, Fantastique, Comédie
  • Année de production : 1924
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Raoul Walsh
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h35
  • Budget : 1,5 millions de dollars
  • Scénariste : Achmed Abdullah, James T. O'Donohoe, Douglas Fairbanks, Lotta Woods
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  • Bande annonce
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  • Casting : Douglas Fairbanks, Snitz Edwards, Charles Belcher, Julanne Johnston, Sojin, Noble Johnson
  • Récompenses : Kinema Junpo Award en 1926

A Bagdad, Ahmed le voleur est amoureux de la belle princesse. Mais il devra affronter l'ignoble prince mongol et braver mille dangers, de la vallée des monstres à la mer de minuit ou la caverne des arbres ensorcelés pour gagner sa main...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le voleur de Bagdad - Vollywood
Par : Damien Taymans


Ahmed, habile voleur qui arnaque le tout-venant de Bagdad, tombe éperdument amoureux de la princesse et ne désire plus désormais dérober qu’une seule chose : le cœur de cette beauté voluptueuse. Seulement, la concurrence est rude pour lui qui n’est qu’un simple vaurien et qui doit lutter contre trois princes de sang aux arguments financiers et honorifiques autres que les siens. Bravant mille dangers et jouant sa vie à tout moment, Ahmed tente le tout pour le tout afin de conquérir les charmes de la belle…

Les contes des 1001 nuits, récits persans antédiluviens, n’ont jamais cessé d’inspirer les hommes de lettres et offrent, dès l’arrivée du septième art, une formidable source quasiment intarissable pour les metteurs en scène avides de transposer sur la toile les joyaux de la littérature qu’elle soit occidentale ou orientale. Ainsi, dès ses premiers balbutiements, le cinéma s’acoquine de ces fables traditionnelles pour offrir à l’assistance épopée et exotisme qui les emmènent dans un univers onirique aux effluves de safran. En 1902 naît une première version française d’Ali Baba et les 40 voleurs bientôt suivie par Le Palais des mille et une nuits de George Méliès et d’Aladin et la lampe merveilleuse. Trois courts formats (les films à quatre bobines feront leur apparition aux environs de 1915) que les superproductions étirées viendront reléguer au statut de documents d’époque. Après Les Trois Lumières de Fritz Lang dont le script s’inspire librement de ces textes sacrés, vient Le voleur de Bagdad, superprod émanant des studios Douglas Fairbanks Pictures deux ans après le splendide Robin Hood.

Ecrit par Douglas Fairbanks lui-même en collaboration avec trois autres scénaristes dont le criméen Achmed Abdullah, spécialisé dans les relectures orientales, ce récit féérique débute par un prologue sous forme de devise célèbre : « Happiness must be earned », symbolisant dès l’entame la dimension méritocratique de l’entreprise du héros qui, à l’instar des badauds hollywoodiens de l’époque, croient en leur étoile dans un cinéma en pleine construction. Raoul Walsh, cinéaste peu connu qui fut un assistant de Griffith à la Triangle Fine Arts et, accessoirement interprète de l’assassin du président Lincoln dans The Birth of a nation, signe avec Le voleur de Bagdad l’une de ses plus importantes réalisations avant de s’illustrer plus spécifiquement sur le terrain balisé du western et du polar. Réutilisant les structures des décors de Robin Hood, Fairbanks fait construire des décors monumentaux aux saveurs orientales très prononcées, composés de minarets et autres dômes aux courbures parfaites. Un vrai terrain de jeu habillé façon Moyen Orient et sublimé par le savoir-faire du chef décorateur William Cameron Menzies (réalisateur des Mondes futurs) pour un Fairbanks au sommet de son art qui, après de solides entraînements sportifs, offre des chorégraphies incomparables, rendant chacun de ses sauts aériens gracieux. Une grâce soutenue par des effets spéciaux et des trucages qui terminent d’offrir au spectateur du rêve sur pellicule qui lui permet de s’immiscer au sein d’un univers bercé dans un onirisme exotique aux atours féériques peuplé de mille et une créatures fabuleuses qui jalonnent la route bosselée que doit arpenter le héros en devenir qui se distingue, comme dans la majorité des histoires merveilleuses, de ses concurrents par sa pugnacité et sa vivacité d’esprit tandis que les princes d’apparat multiplient les ruses pour gagner l’amour de la princesse. Une peinture assez simpliste qui, si elle dépeint de manière grossière et humoristique les figures archétypales des souverains endimanchés dans leurs habits dorés d’où déborde une graisse impossible à quantifier, s’assombrit profondément pour poser le prince mongol comme un adversaire redoutable aux desseins maléfiques.

Conte enchanteur à la moralisation grossière et efficace, Le voleur de Bagdad s’avère surtout être une formidable œuvre fantastique qui sut s’imposer par la force des tours de magie qu’elle propose de bout en bout. Des effets qui supportent de toute leur force une intrigue principale cousue de fil blanc qui fournit toutefois au public un aller simple pour un pays étincelant de mille et une étoiles.

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