Critique de film

Le vent se lève

"Kaze Tachinu"
affiche du film
  • Genre : Animation, drame
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h06
  • Musique : Joe Hisaishi
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le vent se lève - ...il faut tenter de vivre
Par : Samuel Tubez




C’est à la fois avec bonheur et tristesse que l’on se rend dans les salles obscures (allez, allez, on se bouge les fesses de devant l’ordi !) pour découvrir le nouveau et ultime film du maître de l’animation Hayao Miyazaki. Une œuvre-somme qui conclut en beauté presque cinquante ans d’émerveillements et de considérations humanistes. Vibrant !

Que ceux et celles qui admirent avant tout la fantaisie émanant des œuvres du réalisateur du Voyage de Chihiro soient prévenus : Le vent se lève est une biographie d’un personnage animé par la passion quasi dépourvue d’éléments fantastiques ou enchanteurs. Hormis une poignée de séquences oniriques (que l’on aurait peut être aimé voir davantage développées), il s’agit en effet d’un récit réaliste qui s’inspire de la vie de l’ingénieur Jiro Horikoshi qui, affublé d’une mauvaise vue, ne pourra réaliser son rêve de devenir pilote mais s’imposera comme l’un des plus grands constructeurs d’avions. Au travers d’évènements historiques qui sillonneront sa vie (séisme, épidémie de tuberculose qui emportera sa bien-aimée, l’entrée en guerre du Japon,…) et inspiré par le concepteur italien Giovanni Caproni qui habite ses rêves, Jiro fera entrer l’aviation dans une nouvelle ère.

Il s’agit là bien évidemment d’une quasi autobiographie, intime et touchante, que nous livre Miyazaki. Fasciné par les avions (son père était directeur d’une entreprise en aéronautique qui fabriquait des pièces pour les avions de chasse japonais que l’on aperçoit dans le film) et marqué par l’absurdité de la guerre, soit les deux thématiques omniprésentes au cœur de sa filmographie, il se livre en toute intimité dans ce chant du cygne bouleversant. Fourmillant d’autres détails autobiographiques marquants (à l’image du personnage de Naoko, sa mère souffrait également de tuberculose, Miyazaki possède lui aussi une mauvaise vue qui s’est dégradée avec le temps,…), Le vent se lève parle ainsi de son propre auteur, de sa vie, de son œuvre, sans pour autant se fixer sur son nombril mais bien en conservant l’universalité qui faisait la richesse d’un Princesse Mononoké, pour n’en citer qu’un. Faites l’amour, pas la guerre nous dit une fois de plus Miyazaki, que l’on pourrait extrapoler par : faites des œuvres d’art, pas des produits. Mais, comme l’indique le dilemme vécu par son personnage principal, obligé de construire des avions destinés à la guerre qu’il délesterait bien de leurs mitrailleuses, les choses ne sont pas si simples et restent complexes dans le monde des hommes. « Les avions ne doivent pas être construits pour la guerre ou pour faire des affaires mais pour gravir des montagnes », nous répète-t-on. Il en est de même pour les films, qui se doivent œuvres d’art et non produits de consommation, le réalisateur nous ayant toujours offert des longs métrages artistiques aux sous-textes riches, autant de films uniques, fabriqués avec le cœur et un certain sens de l’artisanat (ce n’est pas pour rien si certains effets sonores, comme les bruits de moteurs ou le tremblement de terre, ont été ici réalisés « à la bouche »). Et Le vent se lève, tout en étant différent de ses précédents ouvrages en se cachant derrière une apparente austérité avec ses plans industriels très techniques et ses longs dialogues philosophiques (le film n’est absolument pas destiné aux enfants), cache en réalité un magnifique hymne à la vie qui conclut magistralement la carrière de ce fin humaniste qu’est Hayao Miyazaki. Bravo l’artiste et merci pour toutes ces merveilles offertes au fil des années !

Le vent se lève , derrière son apparente austérité, révèle une grande humanité et un réel enchantement qui achève en beauté une œuvre dans son ensemble parfaitement cohérente. Ceux et celles qui apprécient profondément l’œuvre du maître et qui ne se sont pas arrêté qu’à sa dimension fantaisiste et mignonne (on est loin de Totoro), apprécieront ce remarquable chant du cygne qui résonnera encore longtemps dans leurs cœurs tels les vrombissements des hélices d’un avion de chasse lancé à toute allure.


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