Critique de film

Secret de la Planète des Singes (Le)

"Beneath the Planet of the Apes"
affiche du film
  • Genre : Action, Science-fiction
  • Année de production : 1970
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ted Post
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h35
  • Budget : 3 millions de dollars
  • Scénariste : Paul Dehn, Mort Abrahams, Pierre Boulle
  • Musique : Leonard Rosenman
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : James Franciscus, Kim Hunter, Maurice Evans, Linda Harrison, Charlton Heston, Paul Richards, Victor Buono, James Gregory
  • Récompenses : Aucune

L'astronaute Brent est envoyé au secours de Taylor, mais s'écrase à son tour sur la planète des singes. Cherchant à retrouver son compagnon avec l'aide de Nova, il suit sa trace jusque dans la Zone Interdite où il découvre une société de mutants humains télépathes...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le secret de la planète des singes - Suite dispensable
Par : Damien Taymans


Mis à part la vingtaine de millions de dollars de recette engrangés sur le seul sol américain, rien ne justifiait que La planète des singes connaisse une suite. Ni sur le plan artistique ni sur le plan narratif : le premier opus se suffisant à lui-même sur ces deux pôles. Pourtant, au début de l’année 1969, le tournage est entamé avec quelques menues réadaptations : nouveau script torché par Paul Dehn (Goldfinger) qui deviendra le scénariste indéfectible de la saga et minimisation du rôle de Charlton Heston qui rempile juste pour quelques plans par amitié pour Richard Zanuck. Même si le nom d’Heston continue d’occuper une place majeure sur l’affiche, c’est James Franciscus, éphèbe de la TV, qui se retrouve dans la peau de Brent, un astronaute américain nouvelle échu sur la planète des singes.

Plus chanceux que son prédécesseur, Brent, après avoir brièvement épié la société simiesque au bord du putsch (le chef de l’armée entend explorer la zone interdite et étendre ainsi le royaume des singes), découvre les ruines du métro newyorkais et aboutit à la même conclusion que Taylor un an avant lui : les hommes sont responsables de leur propre disparition. Chimpanzés, gorilles et orangs-outangs, dont les effectifs ont été revus à la baisse en raison de la déflation budgétaire qui marque cette séquelle, s’effacent bientôt pour céder le devant de la scène à des humains évolués (ils communiquent par télépathie), organisés en une société secrète, qui vénèrent la sainte bombe atomique. Et une quenelle pour les fanatiques qui subordonnent le progressisme au progrès scientifique pur et dur. Le secret de la planète des singes compose essentiellement avec la menace nucléaire qui devait déjà figurer en filigrane dans le premier volet. A ce premier sous-texte s’ajoute un second, tout aussi grossièrement distillé, lié à l’entrée américaine dans la guerre du Vietnam : manifestations pacifiques de la jeunesse devant les troupes du général Ursus, campagne idéologique, envahissement intempestif de la force armée dans des territoires étrangers. Le final nihiliste et profondément pessimiste appuiera de manière définitive le message pacifiste subliminal délivré par cette séquelle.

La saga devient politique tandis que ses enjeux dramatiques se réduisent comme peau de chagrin. Les personnages principaux qui constituaient l’un des principaux attraits de La planète des singes voient leur place fondre comme neige au soleil (Zira et Cornélius font de timides apparitions, Taylor émerge en début et en fin de métrage), les zones d’ombre (d’où vient le pouvoir télépathique des hommes ?) et les incohérences scénaristiques annihilent toute crédibilité (Brent arrive en 3955 sur Terre et rencontre Taylor censé amerrir... 23 ans plus tard, les singes ignoraient la présence d’hommes doués d’intelligence sur Terre dans le film de Schaffner et semblent ici conscients de la menace qu’ils représentent).

Considérée à raison, dès sa mise en chantier, comme injustifiée, cette séquelle n’offre qu’une nouvelle illustration du talentueux travail opéré par les maquilleurs, déjà récompensés d’un Oscar en 1968. Le Secret de la planète des singes aurait bien pu rester définitivement enfoui que le spectateur ne s’en serait pas porté plus mal...


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