Critique de film

Rite (Le)

"The Rite"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique - Exorcisme
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mikael Hafstrom
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h54
  • Budget : 37 millions de dollars
  • Scénariste : Michael Petroni, Matt Baglio
  • Musique : Alex Heffes
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Anthony Hopkins, Colin O'Donoghue, Alice Braga, Ciarán Hinds, Toby Jones, Rutger Hauer, Marta Gastini, Maria Grazia Cucinotta, Arianna Veronesi
  • Récompenses : Aucune

Inspiré de faits réels, Le Rite suit la trajectoire d'un séminariste sceptique, Michael Kovak, qui assiste à contrecoeur à des cours d'exorcisme au Vatican. A Rome, il rencontre un prêtre peu orthodoxe, le père Lucas, qui lui présente la face sombre de sa foi...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le rite - L’exorciste... au commencement
Par : Damien Taymans


Le jeune séminariste américain Michael Kovak, après avoir pratiqué l’extrême-onction sur tarmac, est envoyé au Vatican pour y étudier les rites de l’exorcisme. Cartésien pratiquant, scientifique de confession, il perçoit dubitativement ces pratiques éculées, dignes de films d’épouvante et de fantasmes de démonologues amateurs. Jusqu’où jour où il suit le parcours du père Lucas, ecclésiastique marginal qui comptabilise une centaine d’exorcismes sur sa fiche de paie...

Mikaël Hafström s’intéresse peu au recyclage de recettes antédiluviennes. Avec Chambre 1408, il portait à l’écran un écrit de Stephen King qui renouvelait relativement le genre "maison hantée" : une chambre d’hôtel maudite faisait la nique aux vieilles masures victoriennes et aux habitations de banlieues miteuses, le romancier Mike Ensin, campé par John Cusack, abordait les faits paranormaux avec un scepticisme suffisamment aiguisé que pour contraindre le spectateur à adopter une attitude de doute similaire. Le rite ne déroge pas à la règle. Un thème surexploité du cinéma d’épouvante (les exorcismes), un héros incrédule comme filtre (le séminariste plus convaincu du bien-fondé des théories psychanalytiques freudiennes que de l’existence de Dieu) et une démonstration par acharnement de la validité des thèses ésotériques.

Cet angle nouveau est fourni à l’origine par le roman Le rite. Un exorciste aujourd’hui du journaliste Matt Baglio. L’objectif : provoquer une fracture avec l’imagerie de l’exorcisme imposée par le métrage de Friedkin et ses imitateurs en ancrant ce rituel peu commun dans le réel. Déformant à peine la réalité, le script remodelé par Michael Petroni prend pour cadre la ville de Rome où sévit un prêtre aux méthodes peu orthodoxes, mi-thérapie mi-sorcellerie, destinées à délivrer ses "fidèles" de leurs propres démons. Ce rôle incombe à Anthony Hopkins, déchu pour le coup dans la hiérarchie diocésaine puisqu’il interprétait le dieu des dieux dans l’adaptation du mythique Thor de Kenneth Branagh.

Basé sur une histoire vraie, à la même enseigne que L’exorcisme d’Emily Rose, Le rite cède trop de terrain à l’exactitude des événements originels, au détriment de l’aspect "spectaculaire" que revêtent souvent les œuvres abordant l’exorcisme. La sur-dramatisation du récit étouffe le mysticisme, ébranle la foi pour exposer par la suite, paradoxalement, un prosélytisme douteux, au moins aussi pataud que les westerns pétaradants aux relents pompeusement chrétiens de Scott Charles Stewart. Lancinant dans sa première partie, Le rite s’embourbe religieusement dans son second pan et se prend les pieds dans toutes les ornières bordant cette entreprise délicate.


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