Critique de film

Prince de ce monde (Le)

"Le Prince de ce monde"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Manuel Gómez
  • Pays d'origine : Belgique
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Maxime Benoît-Jeannin, Manu Gomez, Andrée Corbiau
  • Musique : Cyril Orcel
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Laurent Lucas, Lio, Jean-Claude Dreyfus, Robert Guillemard, Charlotte Vandriessche, Jean-Henri Compère, Michel Angely, Noël Godin, Eugénie Alquezar, Gaston Bertin
  • Récompenses : Aucune

Nous sommes à la fin du XXe siècle dans les Ardennes belges. Lâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le prince de ce monde - Nul n’est prophète en son pays...
Par : Damien Taymans


Dix ans après son premier long métrage (Peccato) mélangeant fiction et animation, Manu Gomez revient au format long avec Le prince de ce monde. Adaptation du roman de Maxime Benoît-Jeannin (Le Choix de Satan) tiré lui-même d’un fait divers réel, le métrage réunit un casting de figures connues : Laurent Lucas, Lio, Jean-Claude Dreyfus, Jean-Henry Compère ee Noël Godin.

Ah, le retour du film de genre dans notre plat pays ! Depuis le Calvaire de Fabrice du Welz, peu de tentatives ont été fournies sur le sol belge. Pourtant, cette 26ème édition du festival du film fantastique de Bruxelles en propose quatre pour contredire les mauvaises langues belgophobes. Parmi ceux-ci, Le prince de ce monde semblait être la plus grosse surprise puisque dotée d’acteurs réputés. Pourtant, de surprise il n’y en aura point.

L’entreprise du réalisateur était pourtant noble : livrer un thriller psychologique à tendance sociologique puisque le fond même de l’histoire imposait que l’auteur aborde les problèmes religieux et leurs dérives sectaires et satanistes. En effet, la religion est omniprésente et décrite dans ses recoins les plus sombres : attaques envers de vœu de chasteté, dénonciation des idéologies satanistes, ironie malsaine à propos des croyances villageoises. Car, en plus de ce traitement anticlérical, le métrage se dote en théorie d’une peinture de l’opposition entre les différentes couches sociales. En théorie. Car en réalité, ces dimensions ne sont jamais traitées qu’en surface et un peu à l’aveuglette. Le film s’offre un cadre et utilise des données qu’il ne prend jamais la peine de traiter en profondeur, reléguant le spectateur à un pèlerinage dans le néant.

Dès lors, comme pour s’offrir une compensation et pour contrebalancer un manque total de suspense et d’action, Gomez s’arrête volontiers sur les personnages, nous les montrant sous tous les aspects. Tellement d’aspects que le réal nous impose des scènes de la vie quotidienne qui n’offrent aucune satisfaction qui sont soit traitées trop rapidement soit trop superficiellement. Ainsi, nous pouvons admirer le prêtre Donato (Laurent Lucas) prêcher dans son église un magnifique sermon sur Job qui… n’aboutit à rien. Nous suivons des incessantes rencontres entre un psychiatre pervers, Donato et un ancien sonneur de cloches siphonné, rencontres qui ne servent en aucun cas l’intrigue. Le tout entrecoupé de raccords maladroits dans un montage bucheronnesque. Epargnons volontairement les carences scénaristiques et le peu de logique qui régit l’agencement des scènes.

En conclusion, Le prince de ce monde laisse sur un sentiment de faim insatiable, ne permettant jamais de distinguer l’ironie volontaire de la mise en scène maladroite. Le renouveau du cinéma de genre belge se fera sans Gomez, c’est certain !

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