Critique de film

Merveilleux magasin de monsieur Magorium (Le)

"Mr. Magorium's Wonder Emporium"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Zach Helm
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Zach Helm
  • Musique : Alexandre Desplat, Aaron Zigman
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ted Ludzik, Natalie Portman, Zach Mills, Dustin Hoffman, Madalena Brancatella, Paula Boudreau, Mike Realba, Steve Whitmire, Liam Powley-Webster
  • Récompenses : Aucune

Dans le fabuleux magasin de jouets de Mr. Magorium, les peluches vous font des câlins, les ballons jouent tout seuls au basket, les héros articulés partent à l'aventure d'un rayon à l'autre, et l'imagination des enfants suffit à donner vie aux rêves les plus fous ! Molly, une timide jeune femme, était très heureuse de travailler dans cet endroit vraiment magique, jusqu'à ce que cet excentrique de Mr. Magorium décide de lui léguer le magasin. Un changement inquiétant se produit alors : le magasin se met en colère, et plus question pour les jouets de s'animer comme avant. Ce n'est sûrement pas Henry, le nouveau comptable qui ne croit pas à la magie, qui va aider Molly à redonner vie au magasin. Pour avoir une chance d'y parvenir, elle va devoir percer le secret de la magie qui l'anime...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le merveilleux magasin de monsieur Magorium - Nightmare on Helm street
Par : Damien Taymans


Monsieur Magorium, propriétaire depuis plus de 200 ans d’un joyeux bordel dans lequel les enfants s’amusent comme des fous, pense de plus en plus à la retraite. Chaussé de sa dernière paire de chaussures, il entend passer sous peu de vie à trépas et léguer à sa fidèle gérante Molly la caverne qu’il domine du haut de ses 243 ans. Mais l’établissement n’est pas de son avis et commence à mener la vie dure aux employés…

Après une époque de vache maigre où chacune de ses réécritures est instantanément victime du classement vertical, le scénariste Zack Helm décide de faire cavalier seul. Engagé à brûle-pourpoint sur le projet de L’incroyable destin de Harold Crick de Marc Forster, le jeune scripteur se voit au final couronné du National Board of Review pour son scénario ainsi que d’une nomination pour le meilleur scénar’ décernée par la National Writers Guild of America. Occasion rêvée pour Helm de remettre en chantier un script écrit sur un coin de table quelques années auparavant alors qu’il est employé à temps partiel dans un magasin de jouets. Le merveilleux magasin de Monsieur Magorium se concrétise indépendamment des grosses majors avant que la Walden Media, spécialisée dans les adaptations enfantines (Les Chroniques de Narnia, Les Portes du Temps), ne s’intéresse au projet et que le budget dévolu à son développement ne se voit considérablement rehaussé. Ainsi viennent se greffer au casting assez restreint (Helm devant jouer sur le diptyque scénariste-rélisateur) les noms prestigieux de Dustin Hoffman (que le cinéaste a côtoyé sur L’incroyable destin de Harold Crick), de Natalie Portman (V pour Vendetta) et de Jason Bateman (Hancock).

Un casting éclatant qui constitue en définitive le point d’orgue d’une œuvre assez peu envoûtante. Monsieur Magorium, à l’excentricité d’un Willy Wonka bien appuyée, traîne sa gaieté artificielle et son verbiage zozotant depuis de longues années dans une caverne bordélique où viennent s’amuser les enfants de la ville depuis des temps immémoriaux. Un univers bariolé de toute part aux surcharges multicolores étouffantes qui provoque davantage l’indigestion chromatique que l’émerveillement. Le cinéaste se perd dans sa surabondance d’effets spéciaux (excellents cependant) et privilégie celle-ci au détriment de la dramaturgie, procédé raccourci qui ne confine le merveilleux qu’à un numérique sauvageon jamais soutenu par la moindre intervention des émotions humaines. Ainsi, le départ pour l’au-delà du tenancier du magasin n’amène aucun ressentiment de la part du spectateur gavé de ces infantilisations flagorneuses qui distillent de façon insipide les lieux communs les plus conventionnels qui soient : l’accomplissement de soi, la foi en la magie et la croyance en ses propres capacités.

Mélange amer de l’exubérance d’un Jumanji et de l’excentricité volontaire d’un Charlie et la chocolaterie, Le merveilleux magasin de monsieur Magorium ne subsistera dans les annales que pour son intitulé sous forme d’allitération abusive, à l’instar du non-spectacle proposé dans l’ensemble de l’oeuvre.


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