Critique de film

Le Jour où la Terre s'arrêta

"The Day the Earth stood still"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 2008-12-10
  • Réalisateur : Scott Derrickson
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : David Scarpa, Ryne Douglas Pearson, Paul Boardman
  • Musique : Tyler Bates
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates, John Cleese, Jon Hamm,…
  • Récompenses :

Une soucoupe volante atterrit sur Terre. Alors qu'on les croyait hostiles, les extraterrestres sont en fait porteurs d'un message de paix pour l'humanitéâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le jour où la Terre s’arrêta - Pop Corn Movie
Par : Quentin Meignant


1951-2008, cinquante-sept ans d’écart entre le modèle et son remake. Pourtant, la 20th Century Fox décida d’arrêter une nouvelle fois la Terre ce 10 décembre 2008, à grands renforts d’acteurs de renoms. Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates, Jaden Smith, autant d’artistes conviés, sous la houlette de l’excellent Scott Derrickson (L’exorcisme d’Emily Rose), à offrir un nouveau moment intense de SF à l’humanité toute entière. Pile un an après Je suis une légende, les producteurs, toujours avides de billets verts se devaient de proposer une nouvelle machine science-fictionnelle capable d’écraser le box-office. Au menu donc, un remake de l’œuvre de Robert Wise lorgnant tout de même vers une thématique plus contemporaine. Si l’arrivée de Klaatu, sauveur de la planète et non des humains, crée le tumulte dans les deux œuvres, le sujet abordé dans le métrage cuvée 2008 diffère quelque peu de celui des 50’s. C’est ainsi que Le jour où la Terre s’arrêta se place dans une optique écologique à l’heure où les bouleversements climatiques font plus que jamais la une de nos quotidiens.

D’emblée, le métrage tente de s’ancrer dans la SF pure et dure avec une séquence flash-back aux effets spéciaux véritablement impressionnants. Hélas, le manque d’utilité de cette scène semble criard, d’autant que l’ellipse qui s’ensuit place le récit… 80 ans plus tard sans qu’aucun lien avec ce qui précédait ne soit dévoilé. Malgré ce manque de clarté, Scott Derrickson reprend tant bien que mal les rennes de son œuvre, fixant doucement les codes SF nécessaires assez rapidement tout en procédant à la présentation des deux protagonistes humains principaux. Si Jennifer Connelly parvient à tirer admirablement son épingle du jeu, le petit Jaden Smith (fils de Will, décidément la famille est une grande habituée des films SF de fin d’année !) surjoue lamentablement offrant une bien pâle vision de l’enfant américain classique, fils de militaire fier de sa patrie. Convenu, son personnage est d’ailleurs assez comparable à un canevas dont Le jour où la Terre s’arrêta n’arrive pas à se dépêtrer !

Entre un spectacle, certes grandiose mais avant tout trop superficiel que pour réellement paraître un tant soit peu efficace, et une intrigue flirtant d’un peu trop près avec une facilité de mauvais aloi, le métrage sombre peu à peu dans une platitude déconcertante. Heureusement, des effets spéciaux exceptionnels viennent en aide à un ensemble trop bien-pensant que pour être vraiment honnête. Ressassant toujours les mêmes phrases moralisatrices, l’œuvre se mord la queue tandis qu’un spectacle de qualité s’impose petit à petit. Ce décalage entre le scénario et l’image trouvera son paroxysme dans un plan-séquence, figurant une véritable visite de la planète entière, d’une qualité hors du commun. L’esthétique prend alors le dessus sur les énormes tares du film et est une excuse toute trouvée aux « oublis » scénaristiques et autres facilitations d’usage.

Se dotant d’un happy end purement hollywoodien peuplé d’inepties en tous genres et surtout d’une idéologie catholique dérangeante (à la Je suis une légende), Le jour où la Terre s’arrêta pourrait paraître insupportable à une partie du public. Heureusement pour Derrickson, les effets spéciaux instillent au spectacle une certaine force qui sauve quelque peu l’ensemble. Loin d’être le renouveau de la SF, le film se contentera d’être un film grand public engrangeant un maximum de billets verts au box-office.


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