Critique de film

Le Dernier train de nuit

"L'Ultimo treno della notte"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 1975
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Aldo Lado
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h34
  • Scénariste : Roberto Infascelli, Renato Izzo, Aldo Lado, Ettore Sanzò
  • Musique : Ennio Morricone
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Flavio Bucci, Macha Méril, Gianfranco De Grassi, Enrico Maria Salerno, Marina Berti
  • Récompenses : Aucune

Lisa, jeune italienne qui étudie en Allemagne, rentre dans son pays natal pour voir sa famille pendant les vacances de Noël. Elle est accompagnée d'une de ses amies, Margaret. Pendant leur trajet en train, elles font la connaissance de deux fraudeurs un peu étranges. Après un incident technique, les jeunes filles doivent changer de train, se retrouvant seules dans un compartiment, jusqu'à ce que les deux hommes rencontrés plus tôt débarquent, accompagnés d'une mystérieuse femme. Entre torture et viol, elles vont alors subir la pire nuit de leur vie...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le dernier train de nuit - Quand Lado se venge, il dérange...
Par : Quentin Meignant




Le dernier train de nuit est sans doute l’un des films qui choqua le plus l’opinion publique lors de sa sortie. A l’instar d’un Cannibal Holocaust, mais dans un tout autre registre, le film d’Aldo Lado fut terriblement éprouvant à regarder pour les spectateurs de l’époque et, d’ailleurs, il le reste encore maintenant !

Et pourtant, tout commence plutôt calmement durant le générique. On découvre l’ambiance idyllique d’un Noël allemand, le tout bercé par une bande originale exceptionnelle. Cette dernière est l’œuvre de l’inévitable Ennio Morricone, connu pour son immense talent, qui nous propose ici une B.O. pop-rock bien représentative de la musique anglaise des 70’s, le tout appuyé par un chœur d’enfants.

Tout ceci représente donc à merveille l’esprit magique de Noël…. Jusqu’au moment où Lado intronise une scène particulièrement efficace : l’agression d’un Père Noël par deux brutes épaisses qui en veulent à son sac…

Le film est donc ainsi lancé et l’on sait dès lors que le réalisateur ne nous laissera que très peu de répits entre chaque scène d’une violence particulièrement crue ! Car cette agression a déjà quelque chose de malsain en elle-même, l’agression d’un Père Noël filmée si froidement est vraiment difficilement imaginable.

Lado l’a fait et ne s’arrête pas là : à partir du moment où les deux bandits sans foi ni loi se réfugient dans le train des jeunes filles, nous avons droit à un déchaînement terrible d’exactions en tous genres.

Laura et Margaret paraissent un instant charmées par ces truands plutôt amusants qui humilient les passagers et draguent à tout-va. Totalement défoncés, ces derniers se livrent à une véritable guerre contre ces gens normaux qui peuplent le train.

Entre alors en scène la fabuleuse Macha Méril (Les frissons de l’angoisse) dans le rôle d’une nymphomane en puissance pour qui les pulsions sexuelles sont d’une importance vitale. Après s’être fait violemment prendre dans les toilettes du train par un des bandits, elle entre véritablement en ébullition et suit pas à pas l’équipée infernale.

Enfermées dans une cabine avec le trio diabolique, Margaret et Laura n’ont alors plus aucune chance de s’en sortir sans souffrir et c’est à ce moment que la verve horrifique de Lado prend toute sa puissance : viol, fellations, voyeurisme, … Rien ne nous sera épargné, le tout dans une ambiance extrêmement froide.

Là où, plus tard, Michael Haneke n’est pas réellement parvenu à nous choquer avec ses Funny Games et Funny Games US, Lado n’a aucune peine à le faire et nous livre une oeuvre totalement jusqu’au-boutiste. Ainsi, le vice va jusqu’à un viol au couteau particulièrement pénible à visionner avec un gros plan bien silencieux du sang qui coule sur les cuisses de la victime.

La nausée n’est plus loin et l’on croit alors que le film va se terminer mais, en fait, le véritable thème travaillé par Lado arrive seulement : comment la rage et la haine peuvent-elles transformer un homme bon et généreux en véritable monstre vengeur ?

Cette vengeance, que nous vous laissons le loisir de découvrir, est d’une force exceptionnelle. Les mouvements de caméra calme et la multiplication de plans fixes nous montrent à quel point la vengeance peut-être froide mais aussi comment un homme équilibré peut se transformer en véritable bourreau sans cœur.

La photographie champêtre de ces dernières séquences et les plans rotatifs alternant vision des cadavres et plans d’une nature paisible tranchent carrément avec l’image de la violence que nous avait donné le film jusque là. Cette dernière est ici justifiée et prône même un certain apaisement des blessures encourues par le véritable héros du film.

L’aspect psychologique de l’œuvre est donc travaillé on ne peut plus finement et c’est avec une certaine jouissance que le métrage se termine sous nos yeux effarés. Cette œuvre est donc bien représentative d’un cinéma italien des 70’s qui se voulait totalement décomplexé et qui n’avait pas peur de nous faire mal !

Le dernier train de nuit est donc un film à regarder avec grand plaisir mais surtout avec quelques précautions. Choquant tout au long de l’intrigue, Lado nous a prouvé qu’il était possible de filmer froidement un huis-clos et de le rendre palpitant simplement par les idées qu’il véhicule. Un grand moment de cinéma !

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