Critique de film

Le Crime farpait

"Crimen ferpecto"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Thriller
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alex de la Iglesia
  • Pays d'origine : Espagne, Italie
  • Durée : 1h45
  • Scénariste : Jorge Guerricaechevarría, Alex de la Iglesia
  • Musique : Roque Baños
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Guillermo Toledo, Mónica Cervera, Luis Varela, Fernando Tejero, Kira Miró, Javier Gutiérrez
  • Récompenses : Grand Prix et Prix du Public au Festival International du Film Policier de Cognac 2005

Rafael est un séducteur ambitieux. Il aime les belles femmes, les vêtements chics et les ambiances raffinées. Il se sent supérieur aux autres. Il est convaincu qu'un jour, il parviendra en haut de l'échelle. Rafael possède un don. Il est né pour vendre. Il a ça dans le sang. C'est pour cette raison qu'il travaille dans un grand magasin. Le rayon Femme est son royaume. Les vendeuses de parfums sont toutes folles de lui. Rafael a un objectif dans la vie. Il veut devenir le nouveau Responsable de son étage. Son principal rival est Don Antonio, un employé de longue date, chargé du rayon Hommes. La fatalité du destin fait que Don Antonio meurt accidentellement après une violente dispute avec Rafael. Lourdes, une vendeuse laide, insignifiante et obsessionnelle, est témoin de la scène. Consciente de cette occasion unique qui se présente à elle, Lourdes n'hésite pas à faire du chantage à Rafael pour l'obliger, tout d'abord, à devenir son amant, puis son esclave et enfin son mari.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le crime farpait - Humour farpait !
Par : Quentin Meignant


Alex de la Iglesia a l’habitude de nous faire rire : en signant Le jour de la bête et Action mutante, le réalisateur avait prouvé ses aptitudes pour l’humour et a fait travailler les zygomatiques de la génération des 90’s.

Habitué au cinéma de genre pur et dur (Action mutante est un film de SF et Le jour de la bête, un film fantastique), le sympathique espagnol a décidé de changer d’air pour nous livrer en 2004 un habile mélange de thriller et de comédie en réalisant Un crime farpait.

On pouvait dès lors être quelque peu réticent à cette idée mais, comme il l’a prouvé quatre ans plus tard son magnifique Crimes à Oxford, Alex de la Iglesia est un véritable touche-à-tout, génie de tous les genres.

Dès le départ, le rire s’empare en tout cas de nous par le biais de quelques scènes amusantes et d’une narration hors du commun. Le cours commercial qui nous est donné est tout simplement hilarant et la voix hautaine du narrateur est tout bonnement impayable.
Rafael Gonzalez, héros de l’histoire, nous présente sa vie, sa réussite en tant que cadre dans une grande enseigne de vêtements, le tout sur un ton terriblement drôle. La misogynie bien présente dans les propos du héros ne fait que renforcer le caractère comique et caricatural du personnage : on a clairement à faire à quelqu’un de détestable que le destin finira forcément par punir.

Et, comme de fait, après une promotion ratée de peu (à cause d’un chèque en bois, ce qui vaut pas mal d’invectives amusantes à l’encontre d’une pauvre grosse rombière), Rafael tue maladroitement son ennemi juré au cours d’une bagarre totalement loufoque et bien rythmée.

C’est alors que les choses se compliquent pour lui puisqu’il est pris sur le fait par Lourdes, une employée au physique plus que modeste qui n’inspire à Rafael qu’un immense dégoût. Bien obligé d’obéir à ce que lui dicte la maître-chanteuse, il se retrouve bien vite à entretenir une véritable relation conjugale avec celle-ci. Dégoûté par toutes ces mésaventures, il sombre peu à peu dans la folie et se voit obligé d’élaborer le Crime farpait… En véritable génie de l’humour décalé, Alex de La Iglesia distille tous ces événements avec la verve humoristique qui le caractérise.

Sans totalement basculer dans la comédie, le réalisateur nous offre même de superbes scènes des visions de Rafael. Ce dernier se met à voir la tête de son ennemi qui lui parle et lui dicte ses faits et gestes, sorte de vengeance de l’au-delà…

Quelques séquences d’une immense drôlerie nous attendent encore comme, par exemple, la présentation du héros à sa belle-famille. Entre petite belle-soeur mythomane qui a été soi-disant violée par son instituteur et qui attend un enfant de lui alors qu’elle n’a que 7 ans au compteur, une belle-mère totalement irascible quand on parle de sa cuisine et un beau-père narcoleptique, le pauvre Rafael ne sait plus où donner de la tête.

C’est en distillant de telles scènes sur un rythme soutenu que de La Iglesia parvient à captiver dès les premières secondes. Mêlant ensuite habilement des éléments du thriller à d’autres séquences amusantes de très bon goût, il nous emmène vers un final inventif doté d’un twist saupoudré d’un humour noir hors du commun.

De La Iglesia le prouve une nouvelle fois : il est un incontournable de l’humour que beaucoup de réalisateurs de comédies ne parviennent pas à égaler ! Bien ancré dans le style de l’espagnol, ce Crime farpait est à mettre en bonne place dans le palmarès de ce réalisateur hors du commun !

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage