Critique de film

Raven (The)

"The Raven"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1935
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lew Landers
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h01
  • Budget : 115 000 dollars
  • Scénariste : Edgar Allan Poe (nouvelle) / David Boehm (scénario)
  • Musique : Clifford Vaughan
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Boris Karloff, Bela Lugosi, Lester Matthews, Irene Ware, Samuel S. Hinds, Spencer Charters
  • Récompenses : Aucune

Le Dr Vollin est un chirurgien fou obsédé par les instruments de torture. Après qu'on lui a refusé l'autorisation d'épouser la jeune fille de ses rêves, il soumet les personnages à la torture...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le corbeau - Lugosi vs. Karloff, acte 2
Par : Damien Taymans


Alors que sa fille vient d’avoir un grave accident de voiture, le juge Thatcher téléphone au docteur Vollin afin qu’il s’occupe personnellement de l’opération. Après avoir essuyé quelques refus, le juge parvient en fin de compte à persuader l’étrange Vollin qui, en guise de récompense, entend bien demander au paternel la main de sa charmante enfant. Mais la jeune Jean est déjà promise à Jerry Haiden, également médecin. Pour arriver à ses fins, Vollin recrute un évadé, Bateman, qu’il transforme en monstre afin de le soumettre à ses ordres. Le plan machiavélique du docteur est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter…

Chez Universal, les années se suivent et … se ressemblent. Un an seulement après Le chat noir (aka The Black cat), transposition libre d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe incarnée par un tandem de monstres sacrés, à savoir Bela Lugosi et Boris Karloff, les studios remettent un couvert quasi identique avec Le corbeau (The raven). Outre la parenté animalière suggérée dans son intitulé, le métrage entretient de nombreux points communs avec l’œuvre précitée en ce sens qu’il reprend le mythique duo dans un cadre poeien, le titre du film renvoyant à celui, éponyme, d’une nouvelle de l’auteur. Une nouvelle dont l’œuvre s’écarte pour n’en conserver, à l’instar de la pellicule d’Ulmer, que l’intitulé et quelques menus détails. Pourtant, à l’inverse de son prédécesseur animalier, The Raven s’enfonce plus profondément dans l’univers du romancier, Lew Landers (officiant sous le pseudonyme de Louis Friedländer) et son scénariste David Boehm s’amusant même à insérer nombre de mises en abyme dans le récit (Vollin est un fervent admirateur de Poe dont il serine de mémoire certains passages) pour corroborer leur inspiration littéraire.

En outre, le métrage se focalise fortement sur les instruments de torture édifiés par le savant-fou Vollin qui nourrit secrètement le dessein de faire goûter chacun de ceux-ci à ses invités d’un soir, les soumettant bon gré mal gré au supplice du pendule (cette lame qui oscille et descend lentement jusqu’à trancher le corps de la victime) ou de la pièce dont les murs se rejoignent. Une chambre des tortures qui renvoie autant à l’univers de l’auteur qu’elle ne complète un musée de l’horreur à l’attirail impressionnant. Le manoir de Vollin regorge d’éléments propres aux lieux cauchemardesques (passages dérobés, chambre ascenseur, soubassements consacrés à la torture, couloirs sinueux) qui le rapprochent autant des donjons et courtines moyenâgeux qu’ils ne l’éloignent des sempiternels châteaux gothiques qui pullulent dans le cinéma d’épouvante des 30’s. Dominés par le sadique Vollin, remarquablement interprété par un Lugosi au summum de sa grandiloquence machiavélique, lesdits lieux sont hantés par un autre personnage tout aussi monstrueux que son maître et créateur, le criminel Bateman dévisagé par les manipulations du savant-fou. Un criminel menaçant qui devient, sous l’impulsion des mains de son seigneur, un monstre effrayant avant de s’adoucir dans un dernier élan d’humanité, à l’image de la créature de Frankenstein que l’interprétation de Karloff consacra déjà à deux reprises.

Recomposant une nouvelle fois le tandem qui sévit dans The black cat un an auparavant, The Raven propose un spectacle au rythme soutenu qui ne lésine pas sur les séquences anxiogènes au détriment parfois d’une certaine cohérence scénaristique et d’une exploitation complète de son potentiel (les personnages secondaires sont réduits à des clichés maintes fois serinés et ne sont que des faire-valoir du duo). Un classique très scolaire qui se place cependant dans la lignée des œuvres d’épouvante de l’époque sans pour autant s’en détacher particulièrement.

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