Critique de film

Le Voyage d'Arlo

"The Good Dinosaur"
affiche du film
  • Genre : Animation, Aventure, Comédie
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h35
  • Musique : Jeff Danna, Mychael Danna
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Et si la catastrophe cataclysmique qui a bouleversé la Terre et provoqué l'extinction des dinosaures n'avait jamais eu lieu ? Et si les dinosaures ne s'étaient jamais éteints, et vivaient parmi nous de nos jours ? Arlo, jeune Apatosaure au grand cœur, maladroit et craintif, qui va faire la rencontre et prendre sous son aile un étonnant compagnon : un petit garçon sauvage, très dégourdi, prénommé Spot.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Voyage d’Arlo - La guerre du feu
Par : Jonathan Chevrier

Autant l’admettre tout de suite, le récent virage opéré par Pixar depuis son sublime Toy Story 3 de 2010 semblait un brin fainéant, la faute à des suites pas vraiment convaincantes (Monstres Academy mais surtout le très mauvais Cars 2), et à des " original story " tellement imprégnées par l’essence de la maison mère Disney, que leur impact s’en trouve automatiquement amoindri (Rebelle). Fort heureusement, au sein de la firme, il restait des esprits inventifs capables d’aller au casse-pipe juste pour le plaisir de proposer un divertissement neuf et rafraîchissant. Pete Docter, papa des sublimes Monstres et Cie et Là-Haut, était décemment l’un d’eux - voire même le plus talentueux du lot avec l’inestimable Brad Bird -, et son chef-d’œuvre Vice-Versa incarnait non seulement l’un des meilleurs Pixar jamais tourné, mais avant tout et surtout LE meilleur film de l’année ciné 2015 avec Mad Max : Fury Road.

De retour au firmament de la jungle animée hollywoodienne, la firme à la lampe se devait de confirmer sa renaissance avec Le Voyage d’Arlo, seconde cuvée de la saison qui a connu l’un des développements les plus rocambolesques de ces dernières années dans le cinéma d’animation (avec Rebelle, déjà produit par Pixar). Premier long de Peter Sohn (le merveilleux court Passages Nuageux), The Good Dinosaur en v.o s’avérait pourtant sur le papier encore plus alléchant qu’Inside Out, en contant l’amitié bigger than life entre un jeune petit garçon et un dinosaure en pleine préhistoire.

Partant de l’idée que l’astéroïde qui a radicalement bouleversé la vie sur Terre n’avait jamais heurté notre planète, le métrage nous emmène dans un nouveau voyage original et inattendu, celui d’Arlo, jeune Apatosaure au grand cœur, maladroit et craintif, qui va faire la rencontre et prendre sous son aile un étonnant compagnon : un petit garçon sauvage, très dégourdi, prénommé Spot. Durant leur périple, en parcourant des terres aussi hostiles que mystérieuses, Arlo va apprendre à affronter ses peurs et découvrir ce dont il est réellement capable…

Comment faire mieux si ce n’est aussi bien que le merveilleux Vice-Versa, qui démontrait avec classe que Pixar n’avait finalement pas encore perdu tout son mojo alors qu’une pluie de suites plus ou moins désirées (Le Monde de Dory, Les Indestructibles 2 ou encore Cars 3 et Toy Story 4), allait prochainement tomber et remettre vraisemblablement en cause la créativité du studio (et la mainmise de la maison-mère Disney sur son line-up).
C’était la question à un million de dollars même si sa réponse était des plus évidente, Le Voyage d’Arlo et son développement très compliqué - pour être poli -, doublé à un cinéaste encore jeune dans le milieu comparé à Docter, ne pouvait rivaliser avec la maestria émotionnelle et technique de son ainé, qui fera date pendant longtemps dans le cinéma d’animation. Clairement moins audacieux et original qu’Inside Out avec un point de départ accrocheur - et vendeur - déjà éprouvé par la concurrence ces dernières années (la préhistoire, que ce soit chez Blue Sky avec la franchise L’Age de Glace ou Dreamworks avec Les Croods) et une forte tendance à piocher par-ci, par-là dans les classiques animés (Le Roi Lion et Le Petit Dinosaure en tête), fondamentalement bien plus enfantin - jusque dans son humour - que la majorité des films de la firme ; The Good Dinosaur assez linéaire et prévisible (elle est où la double lecture chère à Pixar ???), n’en est pas moins un joli petit moment de cinéma simpliste mais plaisant à suivre.
Scénaristiquement limité dans sa mise en image de la quête initiatique et du passage de l’enfance à l’âge adulte - comme Vice-Versa, porté par une petite poignée de personnages bien croqués (Spot et Arlo en gros, l’histoire étant focalisée sur ses deux héros) au milieu d’une pluie de protagonistes oubliables (le perso du Collectionneur, sous-utilisé), le film de Peter Sohn se rattrape en revanche du point de vue émotion (l’amitié Spot/Arlo est bouleversante et réserve sont lot de très belles séquences) mais surtout esthétique en offrant un divertissement absolument renversant.

Littéralement à couper le souffle que ce soit de ses décors somptueux au rendu des éléments proprement incroyable (les textures et les éléments naturels sont d’un réalisme bluffant), le film s’impose techniquement comme LA référence number one du moment dans le genre. Une rigueur esthétique qui aurait eu le mérite d’être suivie au niveau du scénario donc, tant Le Voyage d’Arlo est une réussite mineure dans le riche giron de chefs-d’œuvres délivrés par Pixar. Reste que pour sa plongée majestueuse dans une préhistoire absolument sublime et la personnalité attachante du craquant Spot ; le premier long de Peter Sohn vaut clairement son pesant de popcorn, et incarne un des films familiaux immanquables du riche réveillon 2015.


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