Critique de film

Royaume interdit (Le)

"Forbidden Kingdom"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Action, Aventures
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 2008-09-24
  • Réalisateur : Rob Minkoff
  • Pays d'origine : USA, Chine
  • Durée : 1h37
  • Budget : 70 millions de dollars
  • Scénariste : John Fusco
  • Musique : Harry Gregson Williams
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jet Li, Jackie Chan, Collin Chou, Michael Anganaro, Liu YiFei, Li Bing bing
  • Récompenses : Aucune

Jason est un jeune garçon de 17ans fan de cinéma hongkongais et de kung-fu. Il découvre dans une vieille boutique un bâton orné dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Royaume interdit - Kung fu fighting
Par : Seb Lecocq






« Le Royaume Interdit est le premier film mettant en scène des combats entre Jet Li et Jackie Chan. » peut-on lire un peu partout sur le net. Quoi un film avec Jackie Chan ? Cool…Qui se fritte contre Jet Li ? Super cool ! Et en plus tout ça est chorégraphié par Yuen Woo Ping !! Uber cool ! On y retrouve aussi Collin Chou et Li BingBing ! Arrêtez n’en jetez plus…
Ah, le tout est réalisé par Rob Minkoff ?? Eh Meeeeeeerde…

Comment en une seule phrase briser tous les espoirs du fan de bandes martiales que je suis. Ne vous leurrez pas, Le Royaume Interdit, malgré son casting presque intégralement chinois est avant tout un film américain destiné à un public américain, tourné avec des moyens américains et à l’aide d’une mise en scène à l’américaine.

Le scénariste John Fusco part avec les intentions les plus nobles qui soient : faire découvrir un cinéma qu’il aime au plus grand nombre. Pour cela, il en convie les plus grandes icônes du moment (Jackie Chan et Jet Li) et leur fait endosser le costumes de héros légendaires. Cela est tout à son honneur mais malheureusement les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions. Il ne suffit pas d’additionner des figures marquantes autour d’une vague trame pour espérer faire découvrir ne fut-ce que de façon morcelée, le cinéma chinois à un public totalement novice en la matière.

Pourtant, Fusco avait convié du lourd à sa table, du très lourd même, la crème de la crème. Le Roi Singe, l’une des plus grandes figures mythologiques chinoise et héros du Voyage en Occident, récit fondateur de la culture chinoise. A ses cotés, on retrouve Le Moine Ivre, héros récurrent et grande figure de la littérature et du cinéma chinois, La Mariée aux Cheveux Blancs, héroïne de nombreuses histoires et films, le plus connu étant celui au titre éponyme de Ronnie Yu et L’Hirondelle d’Or, immortalisée par le film de King Hu. Elle est ici rebaptisée pour l’occasion Moineau d’Or. Bref il ne manque que Wong Fei Hong et Huo Huang Jia pour que la dream team soit au complet. V’la-t’y pas qu’au milieu de tout ce beau monde, ce bon vieux John vient nous balancer un jeune Américain nourri au films de Bruce Lee et en faire l’Elu. Eh ouais, rien que ça… Et pourquoi par remplacer Neo par Pierre Richard dans une version française de Matrix ?

Pour l’histoire c’est fait donc, un looser qui se transforme en Sauveur de tout un peuple. Du déjà vu, pas de quoi pavoiser. L’opération séduction continue avec des décors cartes postales de la Chine ancienne puisque le film a été en partie tourné dans des endroits bien connus des amateurs de cinéma chinois comme la forêt de bambous d’Anji, le désert de Gobi (c’est son nom, il vomit pas le désert, bande d’incultes !) ou le Fleuve aux Neuf Méandres (bien connu du chat à neuf queues). Tout cela est certes magnifique mais tellement clichesque que c’en devient affligeant. Pourtant, les conventions ne cessent de se succéder, devenant le fer de lance du réal. Les personnages sont clichés, le scénario est cliché, les décors sont clichés, même le générique ne dénote pas de cet état de fait. Le corps du film est composé d’un énorme gloubiboulga d’influences qui ne dépasse jamais le stade de la citation. Wu xia pian, Kung Fu pian, Chambara, Comedy Kung Fu, Magie Noire, tous les genres fondateurs du cinéma d’action asiatique y passent sans qu’on n’y trouve aucune logique. Le score d’Harry Gregson Williams est au diapason : sonorités asiatiques et charges héroïques, il n’y a pas une seule minute de métrage sans habillage musicale, sorte d’éloge flagorneuse indigeste.

Bref tout est fait pour assurer le spectacle. Le pire là dedans est que c’est relativement réussi. Bien que l’ensemble s’apparente plus à un assemblage disparate d’influences diverses, le plaisir pris lors de la projection du film n’est pas feint. Les combats sont plutôt bien chorégraphiés et mis en scène, le rythme est trépidant et l’humour fort sympathique. Les acteurs prennent un plaisir évident à se donner la réplique, quitte à cabotiner un poil. Jackie et Jet Li s’amusent à reprendre des personnages ultra-classiques pour eux et s’en tirent correctement, sans plus. Autres points positifs non négligeables : Liu Yifei et Li Bingbing sont vraiment très très belles dans leur costumes respectifs.

Le Royaume Interdit est un petit film d’été bourré de références maladroites à voir un après midi ensoleillé en famille avec un grand Coke (ndlr : pas de but ici mon cher Seb, c’est un site sérieux voyons !) dans une main et un seau de pop corn dans l’autre. Une bonne grosse machine aussitôt vue, aussitôt oubliée qui ne casse pas trois pattes à un canard (même laqué) mais n’attire pas honte et fustigation.

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