Critique de film

Pole Express (Le)

"The Polar Express"
affiche du film
  • Genre : Animation, Conte fantastique
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Robert Zemeckis
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h39
  • Budget : 150 millions de dollars
  • Scénariste : Chris Van Allsburg (roman) / Robert Zemeckis, William Broyles Jr. (scénario)
  • Musique : Alan Silvestri
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  • Bande annonce
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  • Casting : Tom Hanks, Michael Jeter, Peter Scolari, Nona Gaye, Eddie Deezen, Charles Fleischer, Steven Tyler
  • Récompenses : Grammy Award de la Meilleure chanson

Un jeune garçon qui se met à douter de l'existence du père Noël monte dans un train mystérieux en partance pour le pôle Nord. A mesure que le Pôle Express s'enfonce dans des contrées enchantées, l'aventure est au rendez-vous et les jeunes passagers prennent conscience de l'étendue de leurs dons.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Pôle Express - Magic Zemeckis
Par : Damien Taymans




Robert Zemeckis, protégé de Steven Spielberg, possède, à l’instar de son mentor, une filmographie pour le moins hétéroclite. De réussites cultissimes (Retour vers le futur) aux comédies nanardesques (La mort vous va si bien), le réalisateur s’est toujours plu à suivre une ligne directrice récurrente : en mettre plein la vue aux spectateurs en repoussant les limites des effets visuels. Créateur à l’imagination débordante, conteur de l’extraordinaire, Zemeckis relève avec Le Pôle Express un nouveau défi risqué, celui de conter une histoire de Noël en adoptant des ersatz en images de synthèse en lieu et place des acteurs réels, s’essayant pour le coup à réussir là où des œuvres comme Final Fantasy avaient échoué. Défi réussi par l’utilisation de la Motion Capture qui permet aux visages des personnages synthétiques de ressembler au plus près des acteurs de chair et d’os (les cinq personnages campés par Tom Hanks qui en partagent invariablement les traits tout en cultivant une différence costumière) et de se doter d’expressions humaines réalistes différant complètement des habituelles retranscriptions figées.

Tiré d’un court livre pour mômes richement illustré signé par Chris Van Allsburg auteur notamment du Jumanji qu’adapta Joe Johnston en 1995, Le Pôle Express narre le voyage féérique que vit un petit garçon parvenu à l’âge ingrat où l’on met en doute la véracité des contes traditionnels serinés par des générations néoparentales, période qui consiste pour l’enfant à se persuader que Papa Noël n’est qu’une chanson de Mariano, celui qui chante très fort, et que des friandises qu’elles viennent d’étrangers ou d’amis ne sont jamais que des bonbons. Luttant contre le sommeil dans le but de surprendre la manigance parentale, le héros, volontairement anonyme afin de faciliter l’identification du jeune public, est sorti du lit par un vacarme assourdissant venant de l’extérieur. Juste devant sa maison se trouve le Pôle express, véhicule ferroviaire enchanteur qui effectue le voyage jusqu’au Pôle Nord la veille de la Noël pour emmener certains enfants privilégiés à la rencontre de Santa Claus. En embarquant dans le fameux convoi, le héros se lance sans le savoir dans une extraordinaire aventure vers un lieu magique peuplé de lutins et dominé par la bonhomie contagieuse du Père Noël.

Le Pôle Express consacre une nouvelle fois le talent de son réalisateur pour magnifier les histoires, repoussant pour ce faire les embûches techniques et sublimant chacune de ses séquences par le truchement de mouvements de caméra improbables qui transgressent les lois de la gravité et font fi de tout matérialisme gênant. Ainsi, les déplacements virtuoses qui traversent fenêtres, plafonds et murs pour escalader des monticules et dévaler des pentes abruptes au gré du vent, de la neige ou d’un troupeau de loups renvoient-ils inévitablement aux prouesses picturales d’un Retour vers le futur ou aux images d’archives dans lesquelles surgissait inopinément la silhouette de Forrest Gump. La plume qui accompagnait la vie de ce dernier trouvant d’ailleurs un formidable alter ego dans le ticket magique perdu par le héros qui effectue moult pérégrinations avant de revenir à sa place initiale, sacrant une fois pour toutes l’accession du héros à un univers fantasmagorique où les coïncidences et la chance règnent en maître. Le métrage ne repose cependant pas essentiellement sur ces prouesses de l’animation, construisant un univers féérique jouant avec les trois cents soixante degrés possibles, mais servent plutôt à sublimer picturalement une intrigue centrale déclinée sous forme de quête. L’objet de cette quête est double : d’une part, la rencontre avec le Père Noël et, d’autre part, la reconstruction d’une foi écornée.

Le récit, imprégné de part en part de l’esprit de Noël, baigne chacune des péripéties ferroviaires de détails recyclant invariablement les composantes essentielles de cette festivité hivernale telles que la neige qui ensevelit chaque recoin du décor, le troupeau de caribous préfigurant l’attelage des rênes du père Noël ou encore le wagon des jouets abandonnés rappelant l’importance que revêt chacun de ces objets « fabriquant l’imaginaire » dans la vie d’un enfant. Si bien que l’histoire souvent simpliste et moralisatrice (assistance enfantine oblige) suscite autant l’enchantement chez nos têtes blondes qu’il n’amène la nostalgie dans nos cœurs pervertis par le poids des responsabilités qui incombent à l’âge adulte.

Sous forme de grand huit infernal, Le Pôle Express propose de bout en bout un spectacle époustouflant empreint de féérie et de magie. Un conte de Noël drôle, touchant et revigorant, contre-pied salvateur aux habituels navets hollywoodiens qui profitent de la période hivernale pour seriner leur merdasse noelicide à coups de sapins enguirlandés et de Pères Noël alcolos ou amnésiques.

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