Critique de film

Père Noël contre les Martiens (Le)

"Santa Claus Conquers the Martians"
affiche du film
  • Genre : Comédie fantastique, Science-fiction
  • Année de production : 1964
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Nicholas Webster
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h26
  • Budget : 200 000 dollars
  • Scénariste : Paul L. Jacobson, Glenville Mareth
  • Musique : Milton Delugg
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  • Bande annonce
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  • Casting : John Call, Leonard Hicks, Vincent Beck, Bill McCutcheon, Victor Stiles, Pia Zadora, Donna Conforti
  • Récompenses : Aucune

Alors que les enfants martiens sont fascinés par des images venues de la télévision terrestre, où l'on voit particulièrement le Père Noël, les adultes martiens décident d'aller kidnapper ce drôle de personnage et le ramènent sur Mars. Lors du voyage, l'un des martiens cherche à tuer le Père Noël. Arrivé sur la planète rouge, le Père Noël deviendra une véritable star.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Père Noël contre les Martiens - Mars attacks... Santa Claus
Par : Damien Taymans




Sous le sapin synthétique au feuillage blanc, un emballage mordoré scintille. Enrubanné par du papier gris, il appelle à la curiosité. Le nœud défait, le paquet soigneusement ôté, la curiosité laisse place à l’étonnement. Une pochette aux couleurs criantes qui évoque incontestablement le parfum de Noël. Au-dessous de la bouille joufflue d’un Père Noël, la pipe à la lippe, le titre force à l’interrogation… Le Père Noël contre les Martiens, œuvre au départ destinée à divertir les marmots, a acquis au fil du temps une aura incontestablement nanardesque au point de garnir la vidéothèque de nombre d’aficionados de ce genre d’étrangetés cinématographiques et de continuer de faire couler des flots d’encre tant sa médiocrité semble sans égal.

Les enfants de Mars sont fascinés par les programmes télévisuels terriens, spécialement par ceux qui mettent en scène le Père Noël, ce personnage qui donne tant de bonheurs aux enfants de la planète bleue. Attirés par le bonheur des humains, les enfants martiens refusent de s’alimenter et ne s’endorment plus que sous l’effet d’un vaporisateur somnifère. Les parents Martiens en plein désarroi se plient à la solution proposée par le sage Père Fourras martien, à savoir amener le Père Noël sur Mars afin qu’il abreuve les rejetons extraterrestres de rêves et de gaieté. Un équipage débarque donc sur Terre afin de kidnapper le fameux Père Noël, planqué quelque part au Pôle Nord dans son usine à jouets…

A la lueur de ce pitch désopilant, le ton est directement donné : Le père Noël contre les Martiens propose une rencontre que personne n’aurait jamais osé envisager (et surtout pas en 1964), celle du mythique distillateur de cadeaux et d’extraterrestres désireux de nous enlever cette icône. Mais l’opposition tant attendue n’a jamais lieu, Nicholas Webster et ses scénaristes, dont ce chef-d’œuvre d’imbécilité sera la dernière facétie, proposant une lutte doucereuse entre le bedonnant barbu qui s’échine à continuellement adoucir la situation et une troupe d’extraterrestres plutôt amènes. A l’exception du très vilain Voldar qui ne désire aucunement voir les marmots martiens transformés en créatures terriennes infantiles et sème nombre d’embûches sur le chemin de son chef Kimar. Multipliant les péripéties lourdingues qui débouchent perpétuellement sur le même humour pudibond limite moralisateur, le métrage glisse rapidement du statut de curiosité hilarante à celui de bouillie lassante.

Sur fond de crétinerie moralisatrice (et oui, c’est possible), dans des décors en carton-pâte censés représenter un vaisseau spatial high-tech, se déroule avec un sérieux qui frise le génie une intrigue rose-bonbon peuplée pêle-mêle de Martiens ressemblant comme deux gouttes d’eau à des humains passés au cirage qui déambulent dans de splendides combinaisons moulantes avec casques à antennes intégrées, d’un vilain très méchant qui n’a que des plans machiavéliques (bouh, qu’il est vilain !), un Père Noël incapable de voir qu’on veut sa perte et seulement ennuyé de la crise que Mère Noël va lui piquer en rentrant, deux enfants terriens emplis de bons sentiments qui ne lâchent pas leur icône d’une semelle, un robot destructeur domestiqué par le célébrissime barbu, des gamins martiens qui tirent la tronche toute la journée et se repaissent de substituts alimentaires aux goûts parfumés et, cerise sur le gâteau, Dropo, un abruti notoire qui nourrit en secret le dessein de reprendre le commerce de Papa Noël en son absence.

Plus crétinisant que Dora l’exploratrice, plus gagatisant que les aventures des Teletubbies, Le père Noël contre les Martiens est le parfait exemple des élucubrations Z de faiseurs de films trop rapidement persuadés qu’ils tiennent dans leur escarcelle l’idée du siècle. Trop crétin pour appartenir au genre SF, trop involontaire que pour être une comédie, le métrage est un objet cinématographique non-identifié tout bonnement inclassable inclassable. Affligeant de bout en bout, cet entassement de pitreries distillées avec un sérieux hors norme ne vaut son accessit à la postérité que pour son aspect ovniesque cher aux nanardophiles de tout poil.

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