Critique de film

Le Garçon et la Bête

"Bakemono no ko"
affiche du film
  • Genre : Animation, Aventure
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h58
  • Musique : Masakatsu Takagi
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes... C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Garçon et la Bête - Double parangon
Par : Samuel Tubez




Chaque nouveau film signé Mamoru Hosoda est désormais un événement pour les amateurs d’une animation à la fois réflexive et divertissante. Après la lycéenne Makoto qui traverse le temps et les enfants loups Ame et Yuki, faites place à Kyuta et Kumatetsu, un garçon et un ours savoureusement grognons…

Deux mondes parallèles coexistent : celui des humains, Shibuya, et celui des Bêtes, Jutengai. D’un côté une Tokyo moderne surpeuplée, de l’autre une société médiévale aux lois archaïques. Ren, orphelin errant dans les rues de la mégalopole, suit une mystérieuse silhouette et se retrouve dans le royaume des animaux où il devient le disciple de l’ours Kumatetsu. La bête, qui doit affronter son rival Iouzan pour succéder au Seigneur du pays, prend sous son aile l’enfant humain renommé Kyuta, qui s’épanouira et deviendra un guerrier accompli tandis que la bête gagnera sagesse, force et agilité à ses côtés.

Explorant de nouveau ses thèmes de prédilection que sont la cellule familiale et la quête d’identité, Hosoda exploite cette fois habilement les codes du kung-fu pour accoucher d’une œuvre à la fois réjouissante (les rapports houleux entre le maître entêté et l’élève espiègle étant propices à de nombreuses scènes comiques) et touchante (les deux protagonistes étant des solitaires tourmentés). Le rapport filial devient ainsi naturellement le noyau dur de ce Garçon et la bête, qui ne se contente pas d’une seule thématique, aussi complexe soit-elle. C’est que le scénario de Hosoda, qui crée de nouveau de toute pièce une mythologie originale parfaitement cohérente (il ne s’agit aucunement d’une adaptation quelconque), confronte également sauvagerie et civilisation ou évoque la part sombre de ses êtres abandonnés. La colère anime ainsi un trio de personnages (on ne révélera pas ici la nature du troisième concerné pour ne pas trop déflorer l’intrigue) dans ce récit initiatique tour à tour intime et épique qui s’achève dans un final aux relents apocalyptiques. A l’issue de son conte universel à la direction artistique resplendissante où l’on rit et vibre avec ses principaux héros, Hosoda nous dit que la haine qui peut être contenue en chaque être (symbolisée ici par un vide au milieu du thorax) peut mener à des catastrophes d’envergure. Voilà un artiste qui a tout compris à l’art de l’animation avec un grand « A ».

Hosoda étend encore un peu plus son univers original et novateur avec ce Garçon et la Bête alliant traditions et modernité. Somptueusement animé, riche en thématiques, drôle, profond et épique, il s’agit ni plus ni moins d’une nouvelle merveille de la japanime. Vive le Seigneur Hosoda !


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