Critique de film

Fantôme du Bengale (Le)

"The Phantom"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Super-héros
  • Année de production : 1996
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Simon Wincer
  • Pays d'origine : Australie, USA
  • Durée : 1h40
  • Budget : 42 millions de Dollars
  • Scénariste : Lee Falk, Jeffrey Boam
  • Musique : David Newman
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Billy Zane, Kristy Swanson, Treat Williams, Catherine Zeta-Jones, James Remar
  • Récompenses : Golden Tripod et prix d'artiste de l'année pour David Burr à la Australian Cinematographers Society 1997

Le Fantôme, justicier masqué, veille à la tranquillité du monde en gardant un trésor maléfique dans une grotte. Mais un gangster rêve de mettre la main dessus pour devenir l'homme le plus puissant. Aidée d'une journaliste aussi séduisante qu'intrépide, le Fantôme déjouera ses plans.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Fantôme du Bengale - Dépaysement garanti
Par : Quentin Meignant




Alors que la vague super-héroïques des comic books des 30’s prenait une ampleur incroiyable, certaines œuvres se démarquaient quelque peu des poncifs du genre, préférant proposer à leurs nombreux lecteurs une alternative aux héros surhumains, censés réconforter le peuple durant cette période de crise. Parmi ces ouvrages pour la plupart oubliés figure The Phantom, aka Le Fantôme du Bengale, avec lequel le concepteur, Lee Falk, tenta une approche totalement différente. Série d’aventures ayant à la base pour cadre l’exotique Golfe du Bengale, The Phantom voyait évoluer un héros mystérieux pourchassant les bandits du monde entier. Le succès ne se fit guère attendre et Le Fantôme du Bengale acquit rapidement une place de choix dans le panorama des comic books. Il fallut néanmoins près de 60 ans pour que l’œuvre de Falk soit retranscrite de manière valable au cinéma, les rares adaptations précédentes relevant de l’amateurisme le plus ringard. Avec Simon Wincer aux commandes et Billy Zane au générique, le film, doté d’un budget de 42 millions de dollars avait tout pour rappeler le héros au bon souvenir du grand public.

C’est d’ailleurs vers celui-ci que se tourne l’œuvre de Wincer dès les premiers instants. Mettant en scène avec un certains brio un espace exotique et un brin merveilleux, évoquant d’une certaine manière Indiana Jones, le cinéaste place en son récit un esprit enfantin que ne traduit pourtant pas une action débridée. A ce titre, la première course-poursuite, dotée d’une vision manichéenne redoutablement huilée, offre d’entrée une dose d’adrénaline importante. Cette tension se traduit notamment par un cadrage très particulier lors de la scène dite « du pont » où Wincer parvient à englober le spectateur dans l’action, lui faisant éprouver une sensation de vertige assez intense.

Bercée par un score très démonstratif collant parfaitement à une entame virtuose, la première partie du métrage fait donc office de modèle du genre. Mais, après que le héros se soit rendu responsable de quelques actes de bravoure enchanteurs, l’action faiblit petit à petit sans aucune justification, laissant place à de longues séquences de dialogues mettant en place une intrigue peu captivante. Néanmoins fidèle, le récit vaut alors pour la mythologie du personnage en elle-même et pour un jeu d’acteur plutôt réjouissant à défaut d’être totalement réussi. Il est ainsi amusant, voire excitant, de découvrir Catherine Zeta-Jones en méchante nymphomane, tandis que Billy Zane multiplie les cascades vêtu de sa combinaison mauve. Dès lors, si l’ensemble paraît désuet (alors que le film n’a que 13 ans, un comble !) et que l’aventure ne brille pas vraiment par son originalité, Le Fantôme du Bengale s’offre jusqu’à ses dernières secondes comme une bande totalement atypique.

Injustement boudé à son époque et totalement oublié à l’heure actuelle, Le Fantôme du Bengale demeure une adaptation fidèle du matériau d’origine, un comic book des années 30. Instantanément has been (comment pourrait-il en être autrement ?), le métrage de Simon Wincer reste une œuvre originale à défaut d’être complètement maîtrisée.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage