Critique de film

Vampire nue (La)

"La Vampire Nue"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Vampires
  • Année de production : 1970
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jean Rollin
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Jean Rollin, S.H.Mosti
  • Musique : Yvon Serault
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Olivier Martin, Maurice Lemaître, Caroline Cartier, Ly Lestrong, Bernard Musson, Jean Aron, Ursule Pauly, Catherine Castel, Marie-Pierre Castel, Michel Delahaye,...
  • Récompenses : Aucune

Une jeune fille tente de s'échapper d'un gang d'hommes masqués vêtus de smokings. La jeune fille croise dans sa course Pierre, un élégant jeune homme, mais dont le père, très riche, passe le temps à effectuer des tests sur le thème de la jeunesse artificielle, au risque d'utiliser des cobayes humains. La jeune femme se fait tuer et son corps est ramené dans le domaine du milliardaire fou. C'est là que Pierre se rend compte que la fille était une prisonnière de son père...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La vampire nue - 8 minutes de bonheur !
Par : Quentin Meignant


Jean Rollin est ce qu’on peut appeler un noble artisan du cinéma de genre français d’un autre temps. Alors qu’à l’époque l’Hexagone se caractérisait pas un faible nombre de productions horrifiques, le cinéaste (et écrivain) tentait d’insuffler un premier souffle à un genre bafoué. Souvent critiqué, parfois insulté, Rollin n’en demeure pas moins une sorte de pionnier dont les oeuvres ont marqué dans un certain sens l’histoire du cinéma en France. Après une première oeuvre démolie par les critiques, Le viol du vampire, qui fit grand bruit en 1968, année de la révolution sexuelle, le réalisateur s’est attelé à un nouveau projet au titre tout aussi éloquent : La vampire nue. Pierre soupçonne son père d’agissements pour le moins étranges dans un de ses hôtels particuliers. Il décide de s’y rendre et croise en chemin une jeune femme nue sous un voile poursuivie par des hommes armés... C’est le début d’une terrible aventure.

Alors que Rollin avait déjà habitué ses (rares) fans à beaucoup de mystères lors de l’entame du Viol du vampire, il décide de remettre le couvert au début de La vampire nue. On retrouve ainsi un jeune homme errant dans la nuit, semblant chercher l’entrée d’une propriété énigmatique. Il croise alors une jeune femme poursuivie par des hommes affublés de masques d’animaux tous plus étranges les uns que les autres. Cette séquence, inspirée d’une certaine ambiance gothique, d’un surréalisme incroyable et agrémentée d’un score violonesque particulièrement torturé, résume à elle seule l’oeuvre entière de Rollin. Ce point de départ incompréhensible, empreint d’une certaine poésie, pose les bases d’un récit chaotique, sorti tout droit de l’esprit perturbé du réalisateur. Comme à son habitude très personnel, cet ancrage dans un surréalisme pourtant bien réel (les hommes à têtes d’animaux sont tout ce qu’il y a de plus humain) dégage une odeur de mystère, un goût poétique hors du commun. Le manque de dialogues (8 minutes 30 sans la moindre parole) ajoute encore au trouble que Rollin se plaît à semer.

Celui-ci est malheureusement de trop courte durée et le cinéaste décide malheureusement d’ajouter à l’action des dialogues d’une puérilité insensée. Ces derniers, déclamés de manière théâtrale par des comédiens affligeants (Olivier Martin, déjà présent dans Le viol du vampire, est tout simplement exécrable), suffisent alors à eux seuls pour faire bifurquer l’oeuvre vers une intrigue à deux eurocents. Outre ces immenses défauts verbaux, la mise en scène, jusque-là assez léchée, se transforme petit à petit en un gigantesque foutoir irrécupérable où les bruitages mal calibrés rivalisent de nullité avec un déroulement de plus en plus déplaisant. Hormis quelques séquences érotiques franchement agréables (gros plans sur de magnifiques seins, foi de connaisseur !) et quelques moments poétiques de bon aloi, la suite du métrage se vautre donc dans une médiocrité sans bornes. Alors que le final paraît terne et purement narratif, Rollin se plaît tout de même à offrir un plan à nouveau exceptionnel d’une plage comme il le fera plus tard dans La rose de fer.

Jean Rollin offre donc avec ce Vampire nue, un deuxième long-métrage brouillon et terni par un manque évident de moyens et d’imagination. Même si l’aspect troublant du début vient à la rescousse de l’oeuvre, elle n’en reste pas moins une bouillie assez indigeste qui s’adresse avant tout à un public averti, conscient de la bizarrerie de l’oeuvre rollinnienne.

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