Critique de film

La Secte des cannibales

"Mangiati vivi"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Cannibales
  • Année de production : 1980
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Umberto Lenzi
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h27
  • Scénariste : Umberto Lenzi
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Robert Kerman, Janet Agren, Ivan Rassimov, Paola Senatore, Me Me Lai, Fiamma Maglione, Franco Fantasia, Franco Coduti, Alfred Joseph Berry
  • Récompenses : Aucune

Une jeune femme part en Nouvelle-Guinée afin d'y rechercher sa soeur mystérieusement disparue. Elle la retrouve dans le village d'une secte, en plein milieu de la jungle.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La secte des cannibales - Un pillage répugnant...
Par : Damien Taymans




La secte des cannibales est le deuxième métrage traitant d’anthropophages émergeant de la cervelle gâteuse d’Umberto Lenzi, admirable artisan du bis italien. Huit ans après son fameux Au pays de l’exorcisme, Lenzi revient donc aux sources pour compléter la filmographie sur le thème qu’il a lui-même contribué à créer, bien avant que le cannibale movie ne connaisse son chef-d’œuvre avec le Cannibal holocaust de Deodato.

Le tournage du film se déroule au Sri Lanka pour les scènes d’extérieur et en Italie pour les scènes d’intérieur. Pour frapper un grand coup avec ce nouveau film, Lenzi fait appel à une pléiade d’acteurs chevronnés dans le domaine puisqu’y participent Ivan Rassimov (Au pays de l’exorcisme, Le dernier monde cannibale), Me Me Lai (Le dernier monde cannibale) et Robert Kerman (Cannibal holocaust). S’inspirant de faits réels (largement détournés), le film renvoie à la secte du Temple du peuple dirigée par le gourou Jim Jones (ici il s’appelle Jonas, allusion non tacite) qui partit se ressourcer en Guyana (ici en Nouvelle-Guinée) et dont l’histoire se clôtura par un suicide collectif. Même si le traitement de cette dimension sociologique est assez mal amenée et mise en scène, elle n’en reste pas moins le seul attrait du métrage.

Car, pour ce qui est du reste de l’œuvre, ça ne pèse pas bien lourd dans la balance. Etiquetté film de cannibales, La secte des cannibales (titre très mal choisi puisque ce ne sont pas les dévoués de Jonas qui se nourrissent de chair humaine) n’en montre que peu et se borne à l’imitation pure et dure des autres œuvres traitant du même thème. Pire, Lenzi atteint le point de non-retour en reprenant tel quel des scènes entières des autres œuvres de la même époque, ne se refusant bien sûr pas à piller au passage dans l’œuvre de Deodato. Ainsi, au fil du film, nous pouvons admirer à nouveau les stock shots issus de Cannibalis, La montagne du dieu cannibale et Le dernier monde cannibale. Un pillage qui révèle la vraie nature du réalisateur, empreint de roublardise et qui ne peut raisonnablement pas faire mieux que les autres…

A côté de ces escroqueries énormes, Lenzi ne fait preuve d’aucune originalité. Une trame des plus classique, reprise mot pour mot dans son Cannibal ferox un an plus tard : une Occidentale va récupérer quelqu’un dans une jungle hostile et y fait la rencontre de cannibales. Et toujours le même message politique à deux balles qui revient : les Occidentaux taisent la présence des cannibales pour ne pas affoler la population (ça vous affolerait vous, de savoir qu’il y en a à des milliers de kilomètres de chez vous ?). De plus, Lenzi nous inonde de paysages et d’autochtones sri-lankais en essayant de nous faire gober qu’il s’agir d’habitants de la Nouvelle-Guinée (pensons à ces statues bouddhiques mises en ostentation).

A part une bonne interprétation des rôles-phares du métrage et un traitement passable des données sectaires, le métrage n’a vraiment rien à offrir et ne nous indique qu’un seul message dont la véracité n’est plus à démontrer : Lenzi est un imposteur de la pire espèce.

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