Critique de film

Sagesse des crocodiles (La)

"The Wisdom of crocodiles"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 1998
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Po-Chih Leong
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h38
  • Scénariste : Paul Hoffman
  • Musique : Orlando Gough, John Lunn
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jude Law, Elina Löwensohn, Timothy Spall, Jack Davenport, Colin Salmon, Hitler Wong, Kerry Fox, Stuart Bowman, C.J. December, Ashley Artus,...
  • Récompenses : Méliès d'Argent au BIFFF 1999
    Prix Spécial du Jury au Festival de Gérardmer 1999
    Nominé comme Meilleur Film européen au Festival de Sitges 1999
    Prix du Public au Festival International du Film d'action et d'aventures de Valenciennes 1999

Steven semble tout posséder dans la vie, il est beau, spirituel et généreux. Grand séducteur, il ne peut cependant vivre sans le véritable amour d'une femme. Lorsque le corps de sa dernière conquête est retrouvé dans la mer, il sait que la police va retrouver sa trace, mais sa sincérité et l'absence de mobile en font un improbable coupable aux yeux de l'inspecteur Healey.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La sagesse des crocodiles - Si tu as les crocs(Odile), tu peux manger des Grlscz !
Par : Quentin Meignant


C’est une véritable claque que le public européen se prend à l’aube de l’année 1999 avec La sagesse des crocodiles. En effet, personne n’attendait le film de Po-Chih Leong, sujet britannique de Hong-Kong totalement inconnu dans nos contrées. Tout juste certains avaient-ils que Jude Law faisait partie de la distribution de ce métrage au budget modeste.

Ce dernier venait de boucler son premier succès avec le sublime Bienvenue à Gattaca et commençait donc à obtenir une certaine reconnaissance dans le métier. Hormis ce grand nom, le film était donc parti pour passer totalement inaperçu. Et pourtant, le film fut primé dans les plus grands festivals européens, remportant notamment le Méliès d’argent au BIFFF et un Prix spécial de la part du jury de Gerardmer.

C’est surtout à son ambiance que le film doit ce succès. Une ambiance que Leong veut intimiste et qui est servie par des acteurs de grand talent. Le réalisateur prend bien le temps de poser les bornes d’une intrigue peu banale.

En effet, le film développe une théorie intéressante selon laquelle le cerveau humain est en fait divisé en trois cerveaux de classes différentes : nous serions donc doté d’un cerveau humain, d’un cerveau mammifère et d’un autre reptilien.

Pour le héros du film, Steven Grlscz (de quoi s’étouffer quoi !), c’est ce dernier qui fonctionne à plein régime et qui influence chacun de ses actes et chacune de ses acuités. C’est à cause d’une grosse chute sur la tête que notre héros se retrouve handicapé de la sorte et que sa vie est vouée à une perpétuelle quête d’amour et de mort.

Lors de cette quête, il doit absolument tout faire pour qu’une femme tombe folle amoureuse de lui et le désire du plus profond de son cœur. Il ne lui reste ensuite plus qu’à la tuer froidement et se nourrir de son sang de femme transie par l’amour. Tout ceci est bien entendu vital pour lui et arrêter ces méfaits équivaudrait pour lui à une longue agonie.

C’est donc à une histoire d’une délicatesse incroyable que nous avons à faire, à une romance fantastique d’une incroyable finesse que nous assistons. Leong ne tombe dès lors pas dans le piège du gore spectaculaire que certains auraient pu espérer.

Les meurtres sont on ne peut plus efficace et le sang qui y est versé se veut avant tout décoratif. Ainsi, quelques gouttes d’hémoglobine dégoulinent le long d’un mur bien blanc sans jamais provoquer la moindre répulsion au spectateur. Leong a su filmer simplement et sans en remettre les crimes de Grlszc (aaaaaarrrrrghhhhh !!!!) pour donner toute la puissance à son œuvre.

Car, après tout, il faut avant tout voir La sagesse des crocodiles comme une romance à l’aspect psychologique exacerbé. Cette vision des choses nous est dictée par les pensées du héros que l’on peut entendre à certains moments. Le reste du temps, on le voit d’ailleurs très songeur et on sait lire dans ses yeux tout le désespoir qu’engendre en lui la situation.

Jude Law interprète d’ailleurs à merveille un Grlscz totalement tiraillé entre l’amour et son envie de continuer à vivre. Il est d’ailleurs bien aidé par un excellent casting dans lequel certains acteurs émargent clairement de la catégorie des grands artistes. C’est ainsi que l’on retrouve avec plaisir Ashley Artus (Judge Dredd, Harry Potter et la Coupe de Feu) en chef de bande complètement déjanté.

Ce dernier est le leader d’un gang de casseurs-tueurs-violeurs-multirécidivistes qui n’est pas sans rappeler le Orange mécanique du grand maître Kubrick ! L’originalité et la bizarrerie de ces ennemis de l’ordre établi donne encore une autre dimension à l’œuvre de Leong.

On peut aussi noter, pour être tout à fait complet, que le réalisateur égratigne quelque peu les religions et leurs concepts respectifs : la vision manichéenne de celles-ci dérange particulièrement le héros de l’intrigue qui ne se gêne pas pour le dire à qui veut l’entendre. On peut juste regretter que Leong n’aille pas plus loin dans cette critique pourtant partie sur de très bonnes bases. Mais il faut bien avouer que pour un Royal Sujet de Sa Majesté, ça ne doit pas être évident de bousculer les préceptes (trop) établis !

Leong nous offre donc un excellent moment de cinéma. Naviguant entre polar, romance, thriller et fantastique, l’œuvre fait montre de bien des qualités qui charmeront à coup sûr la plupart des yeux sous lesquels elle tombera.

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