Critique de film

Revanche des mortes-vivantes (La)

"La Revanche des mortes-vivantes"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 1987
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Pierre B. Reinhard
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h16
  • Scénariste : John King
  • Musique : Christopher Ried
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Veronique Catanzaro, Kathryn Charly, Sylvie Novak, Anthea Wyler, Laurence Mercier, Patrick Guillemin
  • Récompenses : Aucune

Dans une petite ville isolée, en plein coeur de la France, trois jeunes femmes meurent dans de mystérieuses circonstances. Pour les habitants des alentours, ces trois décès ne peuvent avoir qu'une explication : ils sont très certainement liés aux déchets chimiques rejetés par l'usine OKF, implantée depuis trop longtemps dans la région. Un soir, ces agents polluants entrent malencontreusement en contact avec les corps des trois jeunes femmes. Leurs dépouilles sans vie sont prises de spasmes effrayants. Les défuntes se transforment alors en mortes vivantes. Ivres de vengeance, elles s'en prennent à leurs meurtriers...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La revanche des mortes-vivantes - Du gore insipide...
Par : Damien Taymans


Le panorama du bis horrifique français offre davantage de bouses sympathiques appartenant plus volontiers à la catégorie Z que ne participant au monde des séries B. Les maîtres d’œuvre de cette catégorie sont assez nombreux et le paysage cinématographique tricolore fut un ardent livreur de ces nanars tantôt assumés tantôt rejetés.

Dans la catégorie « je n’ose pas endosser la responsabilité de cette daube », on retrouve Pierre B. Reinhard qui, non content de se cacher honteusement derrière un pseudonyme (Peter Harsone), rejette la faute sur les autres en accusant le pauvre Jean-Claude Roy. Pourtant, après quelques recherches, il semble que la paternité de ce navet ovniesque revient bien à son auteur poltron.

Se permettant un petit détour dans le cinéma de genre et lâchant provisoirement ses créations pornographiques habituelles, Reinhard prend les commandes de cette Revanche des mortes-vivantes pour provoquer en nous bien plus d’hilarité que d’effroi et ne cantonne ses émotions fortes qu’aux éclats de rire qui affligent les zygomatiques et font mal dans le bas-ventre. D’ailleurs, le métrage devait à son origine mélanger les deux genres pour devenir un film horrificoquin, projet rapidement abandonné pour ne se plonger que dans le monde de l’horreur et des ténèbres (euh, oui, c’était l’intention de base).

Le résultat ne frise pas le ridicule : il entre en plein dedans. S’attelant au sous-genre zombie movie, Reinhard reprend tous les clichés du genre en y injectant son mauvais goût et son non savoir-faire. Ainsi, ce premier film gore français, comme le mentionne l’affiche originelle, recourt aux séquences répugnantes (verge déchirée, femme enceinte dont le ventre fond) mais avec un tel amateurisme que celles-ci deviennent plus proches d’un épisode de Benny Hill que des films de Romero. Certes, égaler l’œuvre du maître n’était pas non plus l’intention du réalisateur. Mais tout de même. Il est des bas fonds où il vaut mieux ne jamais s’aventurer sous peine d’y rencontrer ces mortes-vivantes-là ! Lesdites dames déambulent la nuit tombée dans le village pour s’attaquer aux responsables de leur mort.

Mais là encore, malgré une mise en scène qu’on sent bien intentionnée, le résultat est risible. Les zombies n’ont été maquillées qu’au niveau du visage ce qui choque particulièrement lorsque celles-ci se dénudent pour s’adonner au stupre lesbien et dévoilent un corps blanchâtre assez attrayant qui entre en contraste avec leur visage tuméfié. Si le pornographique est éradiqué de cette œuvre, il n’en reste pas moins que le polisson de Reinhard frise tout de même avec l’érotisme à certains moments. Mais là encore il s’agit d’un érotisme timoré qui ne donnerait des envies de se faire chatouiller le minou qu’à des sexagénaires post-ménopausées.

Cerise sur le gâteau, un twist final qui n’existe que dans les bonus du support et que certains auront la chance d’éviter. Twist rébarbatif qui est censé démystifier le métrage et lui donner un statut surprenant. On est assez loin du compte puisque celui-ci n’a d’autre fonction que d’emmêler un peu plus les pinceaux du spectateur en le plongeant dans un désarroi fatal.

Mis à part quelques scènes résolument gore assez bon enfant, La revanche des mortes-vivantes n’a rien de particulier à offrir et reste dans la lignée des productions Z françaises qui font davantage sourire qu’elles ne suscitent la peur…

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