Critique de film

Proie (La)

"La Proie"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Action, polar
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Eric Valette
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h42
  • Budget : 9,7 millions d'euros
  • Scénariste : Laurent Turner & Luc Bossi
  • Musique : Noko
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Debac, Natacha Régnier, Sergi Lopez, Olivier Schneider, Caterina Murino, Zinedine Soualem, Serge Hazanavicius
  • Récompenses :

La Proie suit un braqueur qui s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de La proie - Traqué
Par : Samuel Tubez






Eric Valette est un bon. Auteur d’un premier long métrage enthousiasmant (Maléfique) et d’un excellent thriller aux consonances westerniennes (Une affaire d’état) tournés en France, il tenta sa chance aux States avec le remake One missed call et le toujours inédit Hybrid. Deux échecs cependant, que le cinéaste assume complètement, mais qui ne l’empêchent pas de revenir aujourd’hui dans son pays natal pour un polar transpirant l’amour pour un cinéma de genre bien fait.

Retenu en taule pour un braquage qu’il a commis, Franck Adrien partage sa cellule avec un certain Maurel, un tueur en série aux accents pédophiliques. Peu après que ce dernier soit innocenté et relâché, Franck se retrouve sur le qui-vive : non seulement les crimes commis par Maurel lui sont attribués, mais en plus celui-ci est sur le point de s’en prendre à sa fille. Franck n’a alors d’autre choix que de s’enfuir et de se lancer à la poursuite de son ancien codétenu, avec une Brigade spécialisée à ses trousses et le statut d’ennemi public n°1 collé sur le dos…

Bourré de séquences musclées à l’américaine, La proie n’en oublie pas pour autant ses origines européennes, s’ancrant parfaitement dans la grande tradition du polar français tout en apportant en bonus une petite touche poliziotteschi (la présence au casting de la belle Caterina Murino n’étant pas tout à fait innocente). Notre fugitif (Albert Dupontel, plus physique que jamais) cavale, chute, se prend des balles, fait un détour par un cimetière où est enterré son butin, s’écroule en découvrant le cadavre de son épouse, mais parvient toujours à se relever. Physiquement et psychologiquement atteint, il continue de courir, dans le seul but de retrouver sa fille et la sauver des griffes de cet enflure de psychopathe qui l’a trahi (Stéphane Debac, réellement inquiétant avec son allure de faux gentil). Les incohérences du script sont nombreuses et les énormités sont légions. Mais on les pardonne aisément, Eric Valette faisant preuve d’une belle maîtrise dans la mise en scène de ce polar à l’ancienne dépourvu d’effets de style arrogants, mais non dénué d’une certaine férocité (la confrontation précédant l’évasion du héros étant assez…mordante). En plus, après Rachida Brakni dans Une affaire d’état, le cinéaste continue d’offrir à ses actrices des rôles musclés qui tiennent la dragée haute aux personnages masculins, mettant ici en avant la charmante et non moins efficace Alice Taglioni, jusqu’ici trop souvent cantonnée à des rôles de belle blonde et de faire-valoir (Les chevaliers du ciel, L’île aux trésors, Ca$h, et autres Doublure). Et rien que ça, c’est suffisamment rare que pour être souligné.

Malgré les nombreuses incohérences parsemant le scénario, Eric Valette parvient au final à atteindre son objectif premier avec La proie, à savoir nous servir un bon petit polar d’entertainment, sans pour autant tomber dans les travers du divertissement bien propre sur lui et politiquement trop correct. On ne peut donc que s’incliner devant un tel savoir-faire doublé d’une humilité de tous les instants dont certains réalisateurs de genre français feraient bien de s’inspirer. Merci donc à monsieur Valette de poursuivre dans son travail à livrer un cinéma de genre francophone respectueux et de qualité.


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