Critique de film

La Planète des singes : l'affrontement

"Dawn of the Planet of the Apes"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Action
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Musique : Michael Giacchino
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une nation de plus en plus nombreuse de singes génétiquement évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui ont survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui imposera l’espèce dominante sur Terre.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La planète des singes : l’affrontement - La guerre des singes
Par : Samuel Tubez




Bonne surprise de l’été des blockbusters 2011, Rise of the Planet of the Apes de Rupert Wyatt nous avait laissé désireux d’assister à la suite des événements, précisément là où les singes avaient pris leur indépendance pour fuir le monde des hommes, alors aux bords de la décrépitude suite aux méfaits du virus ALZ. Et c’est à Matt Reeves, réalisateur de Cloverfield, de poursuivre ces aventures simiesques très attendues avec ce Dawn of the Planet of the Apes se situant 10 ans après les bouleversements précédents.

On retrouve ainsi César et ses semblables en pleine séance de chasse au cœur de la forêt avant de découvrir la communauté qu’ils ont réussi à y établir. Cette grande « famille » de primates évolués, communiquant entre eux par un mélange de langue des signes et de mots, semble avoir trouvé une certaine plénitude jusqu’à ce que des survivants humains leur tombent dessus. A leur tête on trouve Dreyfus (Gary Oldman), sorte de « Gouverneur » se protégeant derrière ses remparts ainsi que Malcolm (Jason Clarke), suivi de près par sa petite -et transparente- famille (incarnée par Keri Russell et Kodi Smit-McPhee), qui se fera le porte-parole des hommes en tentant de convaincre César de les laisser empiéter sur leur territoire afin de réactiver un générateur d’électricité. Mais la haine de Koba, un bonobo torturé dans les laboratoires au nom de la science, conjuguée à la peur des hommes, usant et abusant de leurs armes à feu, amènera les deux camps à un inévitable affrontement.

Là où l’on aurait pu craindre la mise en place d’un banal conflit entre les singes et les hommes, Dawn of the Planet of the Apes fait preuve d’intelligence en incluant dans le clan de chaque belligérant la présence d’éléments perturbateurs tour à tour animés par la peur et la haine. Entre la tragédie grecque et le film de guerre, le scénario comporte suffisamment de trahisons « fraternelles », de luttes intestines et de sonorités génocidaires pour échapper à tout manichéisme et interpeller le spectateur. En dépit de protagonistes humains peu marquants (le jeu de Jason Clarke est bien trop fébrile et Gary Oldman est un poil sous-exploité tandis que les autres humains s’avèrent soit inexistants soit trop stéréotypés) qui ne semblent être là que pour faire avancer les més(aventures) de César et de sa tribu, on est véritablement fasciné par l’évolution de ces derniers au sein d’un monde dévasté où la cohabitation entre les deux clans semble tout simplement impossible (le final faisant preuve d’un désarmant nihilisme). C’est véritablement l’aspect le plus captivant du métrage qui nous plonge dès son entame dans cette communauté de primates à la fois si proches et si éloignés de nous, groupe organisé que l’on voit dialoguer par gestes et vociférations (le film mettant ainsi en scène de longues scènes dénuées de dialogues « classiques ») et où la technique de motion capture fait des merveilles. Car si le résultat de ce procédé était déjà marquant sur le précédent opus, il est ici tout à fait renversant, Andy Serkis transcendant une fois de plus cette méthode moderne de détection de mouvements et d’expressions faciales. L’acteur incarne à la perfection ce vibrant meneur qu’est César, entité respectable et respectée au sommet d’une société simiesque pas si bienveillante qu’il le croit. Il trouvera à ses dépens dans ses propres rangs un antagoniste d’envergure en Koba (Toby Kebbell, tout aussi bluffant dans sa prestation mocap), revoyant ainsi son jugement sur sa propre tribu à l’issue de cet épisode décisif (quelle magnifique scène finale !). Nul doute que la suite des évènements sera tout aussi, voire davantage, passionnante, César gagnant encore ici en sagesse et de nombreux bouleversements pouvant encore se produire avant qu’un éventuel vaisseau spatial n’atterrisse sur cette étrange planète qui fut jadis gouvernée par les hommes…

La planète des singes : l’affrontement continue d’enrichir un peu plus la mythologie créée par Pierre Boulle en restant sur les sentiers de la préquelle tout en lorgnant du côté de La Bataille de la planète des singes. La race humaine s’efface quelque peu pour laisser davantage de place à César et sa troupe, fascinants à observer et émotionnellement plus forts grâce à des prestations et une technique de mocap de plus en plus ahurissantes. Si l’effet de surprise est moindre et que le canevas (ainsi que le prévisible combat final) est tout de même un poil convenu, l’intérêt de voir ces maudits primates évoluer et supplanter les hommes est plus que jamais intact.


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