Critique de film

Nuit des vers géants (La)

"Squirm"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Horreur
  • Année de production : 1976
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jeff Lieberman
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h32
  • Scénariste : Jeff Lieberman
  • Musique : Robert Prince
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Don Scardino, Patricia Percy, R.A Dow, Jean Sullivan, Peter MacLean, Fran Higgins, William Newman
  • Récompenses : Aucune

Des vers geants, innombrables et gourmets, choisissent une petite ville des Etats-Unis pour sortir de terre et se rassasier de vivants.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La nuit des vers géants - Lombric à brac
Par : Damien Taymans


A Fly Creek, petite bourgade méridionale des States, la tempête fait rage, détruisant sur son passage les câbles électriques qui répandent leur jus dans le sol mouillé. Conséquence : des armées de vers de terre sortent de sous terre pour envahir le monde des humains. Mick, citadin timide et dévolu à sa belle paysanne, mène son enquête et tente d’enrayer l’invasion…

Depuis Les Dentes de la mer de Spielberg, les animal attacks se sont faites de plus en plus présentes, multipliant les incursions dans le genre représentant un bestiaire des plus étonnants. Aux squales impressionnants aux mâchoires acérées se sont succédé des piranhas, des araignées, des abeilles, des cafards, des crocodiles et même des papillons. Plus étonnant encore, les vers de terre, à l’aspect peu ragoûtant et aux dandinements sinusoïdaux, prennent place dans cette faune en s’attaquant eux aussi aux humanoïdes qui les exploitent (« Oh mon dieu, pas encore la pèche à la ligne ! »).

Jeff Lieberman (Dr Franken, Survivance), aux prémisses de sa carrière, prend en main cette bisserie au pitch singulier le propulsant ipso facto dans la catégorie nanars couillus. L’attaque de lombrics en elle-même ne faisant que peu fantasmer l’amateur d’attaques animales, Lieberman décide de limiter un carnage potentiel en transformant son métrage en une variation lombric des Oiseaux de Hitchcock. Ainsi ce Squirm (au titre français mensonger puisque les vers possèdent une taille légitime) se dote-t-il d’un modus operandi identique au classique hitchcockien avec son couple de jeunots, sa bourgade reculée, ses invasions d’animaux et sa gradation progressive de l’horreur. Car, s’il est une réussite à mettre au profit de Lieberman, également scénariste), c’est bien d’avoir su proposer une montée graduelle de l’horreur, ne se cantonnant dans un premier temps qu’à insérer l’un ou l’autre événement mystérieux (la disparition de cageots entiers de lombrics, la découverte d’un squelette qui joue à cache-cache) tout en dépeignant l’arrivée de Mick, citadin patenté au sein d’une bourgade profondément rurale peuplée de rednecks aussi inoffensifs qu’attachants (les père et fils vermicoles, le tavernier brocanteur, la mère à demi-folle). Après une première partie rigolarde assez agréable à suivre, le réal lâche enfin ses vers de terre vachement remontés sur lesquels il zoome plus que de raison afin de faire ressortir leurs expressions criardes et leur appétit sanguinaire. Les lombrics, omniprésents dès cet instant, vont peu à peu envahir l’écran jusqu’à devenir les véritables stars du métrage, effet attendu par les spectateurs curieux et zoophiles. De quelques incursions dans la peau de Roger (merci Rick Backer !) jusqu’à un rassemblement finale sous forme de vague gigantesque, les lombrics gagnent peu à peu du terrain pour phagocyter l’intérêt de l’œuvre, ne confinant celle-ci qu’à une surenchère de meurtres inintéressants et d’effets ratés.

La Nuit des vers géants tangue délicatement entre une première partie pittoresque et agréable et une seconde nettement minée par les incursions grotesques de ces créatures peu inquiétantes. Une enquête sympathoche qui se transforme en un lombric à brac…

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