Critique de film

La Mort au large

"L’Ultimo Squalo"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Animaux tueurs
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Enzo G. Castellari
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h24
  • Scénariste : Marc Princi
  • Musique : Guido De Angelis
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Micky Pignatelli, Stefania Girolami, Joshua Sinclair
  • Récompenses : Aucune

Alors que la fête bat son plein, South Bay, une petite station balnéaire américaine est terrorisées par les attaques répétées dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de La mort au large - Le dentier de la mer
Par : Seb Lecocq


Ahhhhh l’Italie, les années 80, le cinéma bis…quelle faste période pour les amateurs de bisseries en tout genre dont je fais partie. Les producteurs transalpins de l’époque étaient de sacrés filous doublés d’un don inouï pour le recyclage des grands succès hollywoodiens. Combien de sous Mad Max, Rambo ou Robocop a-t-on vu fleurir en une petite dizaine d’années… Cette fois, le production de La Mort au Large s’attaque a un classique fondateur du cinéma d’épouvante américain : Les Dents de La Mer de Steven Spielberg. Le producteur de la chose, Ugo Tucci s’est donné les moyens pour faire de ce film l’égal du chef-d’œuvre de Spielby. Il a débauché Enzo G. Castellari, un metteur en scène issu de l’école du polar urbain et du western derrière la caméra et devant…heu devant pas grand monde en fait…Bon ok, il n’a peut-être pas mis tous les moyens à sa disposition en œuvre mais, qu’à cela ne tienne, le film est tourné, distribué et aura même son petit succès en salle. Comme quoi l’opportunisme, ça paye toujours.

La trame est exactement la même que celle de son modèle : station balnéaire américaine tranquille, compétition de sports nautiques, attaque de requin, nonchalance des politiciens, réactions d’un groupe de loups de mer partant chasser la bête. Pas étonnant donc qu’Universal ait intenté un procès pour plagiat et encore moins étonnant qu’il l’ait gagné.
Les ressemblances ne s’arrêtent pas au scénario. Le déroulement du film est exactement le même avec son jeune et beau véliplanchiste dévoré par le requin lors de la scène d’ouverture et l’inaction des hommes politiques corrompus prêts à tout pour conserver les rentrées d’argent engrangées par la compétition. Et c’est comme cela tout au long de l’oeuvre.

Castellari, pourtant excellent metteur en scène de Keoma et de Revolver se contente d’illustrer platement les péripéties de son gang de chasseurs de requin. Péripéties de toute façon déjà bien connues de tous. Plus qu’un film, La Mort au Large est une vaste opération commerciale marquetée pour ramasser les miettes laissées par les Dents de La Mer et sa suite. L’investissement est tellement minime qu’inexorablement le film rapportera de l’argent.

Une troupe d’acteurs déjà ringards et has been avant d’avoir été connus, un réalisateur et un scénariste absolument pas concernés par leur sujet, un bout de plage de l’Adriatique pour reconstituer l’Océan Pacifique, un requin en carton pâte aux dimensions gargantuesques, quelques jeunes bien de leur personne et voila : emballé c’est pesé. Ni vu ni connu je t’embrouille et je ramasse les biftons. Bon c’est une autre conception du cinéma mais c’est aussi pour cela que l’on aime.

Mais malgré tout cela La Mort au Large n’est pas dénué d’intérêt, surfant toujours sans vergogne sur les plus bas instincts des spectateurs. Castellari insère quelques plans gores dans sa popote, histoire de rendre le tout plus attrayant. Puis, surtout, il signe une scène devenue totalement culte au fil des années. La scène qui a rendu célèbre ce film : la fameuse séquence durant laquelle l’énorme squale engloutit littéralement un hélicoptère. Rendez-vous compte ! Un hélicoptère entier dans la mâchoire d’un requin, je vous laisse imaginer la taille du bestiau.

Bref le film est parsemé de ce genre de scènes totalement improbables mettant en scène un animal surpuissant capable de propulser des bateaux dans les airs d’un simple coup de nez, assez intelligent pour déjouer les pièges tendus par les hommes prêts à tout pour l’arrêter et ainsi de suite…

Vous l’aurez compris La Mort au Large n’est pas un bon film, c’est un mauvais film. Un mauvais film, oui, mais un bon ! Un de ceux qui fait qu’on aime le cinéma italien pour sa démesure, son absence total de scrupule et son absolue décomplexion.


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